Les raisons du succès du PER auprès des épargnants français

Depuis son lancement en octobre 2019, le Plan d’Épargne Retraite s’est imposé comme l’un des placements préférés des Français souhaitant préparer leur avenir financier. En 2025, pas moins de 12,9 millions de personnes détenaient un PER en France, avec des encours atteignant 150,4 milliards d’euros, en progression de 20 % en un an. Un tel engouement ne s’explique pas par le hasard, mais par une combinaison d’avantages fiscaux concrets et d’une souplesse rare parmi les produits d’épargne à long terme.

Points clés

  • Le Plan d’Épargne Retraite (PER) connaît un succès massif en France, atteignant 12,9 millions de détenteurs et 150,4 milliards d’euros d’encours en 2025.
  • La possibilité de déduire les versements volontaires du revenu imposable constitue le levier fiscal majeur qui attire les épargnants vers ce dispositif.
  • Le PER offre une grande flexibilité fiscale grâce au report des plafonds de déduction non utilisés sur cinq ans et à des modalités de sortie adaptables.
  • Les épargnants bénéficient d’une liberté de choix à la sortie, pouvant opter pour un versement en capital ou une rente viagère selon leurs besoins.
  • La gestion pilotée à horizon retraite ajuste automatiquement le niveau de risque des investissements en fonction de la proximité du départ à la retraite.
  • Le déblocage anticipé des fonds, notamment pour l’achat de la résidence principale, dissipe les craintes liées à l’immobilisation de l’épargne sur le long terme.

Un cadre fiscal attractif qui séduit les épargnants

La déduction des versements du revenu imposable, un levier puissant

L’un des atouts majeurs du plan épargne retraite réside dans la possibilité de déduire les versements volontaires du revenu imposable. Ce mécanisme, encadré par un plafond de déduction annuel, représente un avantage immédiat et tangible pour les contribuables. Pour les versements effectués en vue de 2026, ce plafond brut se situe entre 4 710 et 37 680 euros selon la situation de l’épargnant. À titre d’illustration, un versement de 5 000 euros peut générer un gain fiscal de plus de 2 000 euros pour un foyer fortement imposé. Autrement dit, le PER et les français ont noué une relation fondée avant tout sur cet intérêt fiscal immédiat, qui transforme chaque euro épargné en une double opportunité : préparer la retraite tout en allégeant sa facture fiscale présente.

La loi Pacte, qui a créé ce produit financier, a également prévu un mécanisme de report particulièrement avantageux. Les plafonds de déduction fiscale non utilisés peuvent désormais être reportés pendant cinq années, offrant ainsi une flexibilité supplémentaire aux épargnants dont les revenus varient d’une année à l’autre. Environ un million de nouveaux contrats ont été souscrits en 2025, preuve que cet avantage continue d’attirer de nouveaux adeptes.

Une fiscalité à la sortie adaptée aux besoins de chaque profil

La fiscalité du PER ne se limite pas à l’entrée. À la retraite, les sommes issues de versements déduits sont soumises à l’impôt sur le revenu, ce qui invite les épargnants à planifier intelligemment leurs retraits. Il est ainsi conseillé d’étaler les rachats sur plusieurs années afin de lisser la pression fiscale. Pour les versements réalisés sans déduction, la partie correspondant aux gains reste seule soumise à la fiscalité des plus-values, ce qui peut s’avérer avantageux selon le profil du détenteur. Notons également qu’à compter du 1er janvier 2026, les versements effectués par une personne de 70 ans ou plus ne bénéficient plus de la déductibilité fiscale, une disposition à intégrer dans toute stratégie d’épargne à long terme.

Une flexibilité pensée pour accompagner tous les projets de vie

Des options de sortie en capital ou en rente selon les objectifs

Contrairement aux anciens dispositifs d’épargne retraite, le PER offre une liberté de choix à la sortie qui représente une révolution dans la gestion des produits dédiés à la retraite. L’épargnant peut opter pour une sortie en capital, en une seule fois ou de manière fractionnée, ou bien choisir de percevoir des rentes régulières pour sécuriser ses revenus futurs. Cette liberté tranche radicalement avec les anciens contrats, où la rente était quasi obligatoire pour la majeure partie des sommes accumulées.

La gestion pilotée, souvent désignée sous le terme de gestion pilotée à horizon retraite, constitue une autre force du PER. Elle ajuste automatiquement la répartition entre actifs dynamiques et sécurisés en fonction de l’approche de la retraite. Concrètement, entre dix et cinq ans avant l’échéance, au moins 20 % de l’épargne doit être placée sur des supports moins risqués. Cette proportion monte à 50 % entre cinq et deux ans, puis atteint 70 % à moins de deux ans de la retraite. Les épargnants qui préfèrent piloter eux-mêmes leur allocation peuvent opter pour la gestion libre, en choisissant parmi un large éventail de supports dont des unités de compte couvrant différentes classes d’actifs.

Des cas de déblocage anticipé qui rassurent les épargnants prudents

Le PER est souvent présenté comme un produit tunnel, c’est-à-dire que les fonds y sont normalement bloqués jusqu’à la retraite. Pourtant, plusieurs exceptions prévues par la loi permettent un déblocage anticipé dans des situations jugées prioritaires. L’achat de la résidence principale figure parmi ces cas, une disposition qui lève l’une des principales réticences des épargnants jeunes. D’autres situations comme l’invalidité ouvrent également ce droit de récupération anticipée. Cette souplesse contribue largement à la confiance que les épargnants accordent au placement, car elle dissipe la crainte d’immobiliser définitivement ses économies. Les encours du PER ont d’ailleurs progressé de 46 % en deux ans, témoignant d’une adhésion qui dépasse le simple effet de mode pour s’ancrer dans les habitudes d’épargne des Français.

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