zoupic – le propre de l'Om

Création du futur: il est temps de passer au prochain stade de l'Humanité

Une économie de pollinisation, pour moi c’est..

J’étais et j’ai participé au Forum Ouvert de l’institut INSPIRE pendant 2 jours sur l’île de Porquerolles. Pour se chauffer avant l’événement, Emmanuel Delannoy nous a demandé de préparer un texte sur l’économie de pollinisation et chacun y a mis un peu de lui. Voici, 1 mois après, mon texte :

Nous sommes Vivants, nous sommes le Vivant

Le Vivant nous inspire, le Vivant est inspirant. Il faut dire qu’avec son ancienneté et sa grande capacité d’évolution, nous avons à apprendre de cette intelligence qu’est la Vie avec un grand V, la Nature avec un grand N dont notre Humanité avec un grand H nous rappelle que nous sommes partie intégrante de ce grand Tout.
Pour moi une économie de pollinisation est une économie dans laquelle nous nous complétons, chacun trouvant son don si spécial qu’il ou elle a à donner aux autres.

Plus on se rapproche de la nature et plus on observe un don et un partage illimités…
Nous les hommes avons inventés les chiffres pour compter et monétiser tout le vivant, mais qu’emmenons nous après notre mort ?
A contrario, que laissons-nous derrière nous ?
On dit que l’on est riche de ce que l’on donne…
On dit que l’on nous a fait don de la vie et que ce que nous offrons aux autres est notre cadeau en retour …
Et si nous comptions moins ce que nous donnons, et si nous donnions plus ce qui compte ?

Pour moi, une économie de pollinisation, c’est aussi un espace de coopération géant où les frontières sont inexistantes, où chacun peut aller et naviguer d’un espace à un autre afin de trouver la place où il se sent bien, avant de repartir ailleurs …

S’inspirer du vivant c’est aussi se baser sur la non-violence et la coopération inter-espèces : chacun existe grâce et avec les autres. Seuls nous ne sommes rien.

L’économie de pollinisation ?

Avec la fluidité d’Internet, la réduction des coûts, la tertiarisation de l’économie, le travail à distance et l’oppressante nécessité d’arrêter de nuire à notre environnement, il me semble que c’est l’option la plus intéressante et, à vrai dire, la seule, qui s’offre à nous afin de nous mettre en harmonie avec la grande symphonie de l’Evolution.

Quand l’Homme arrêtera-t-il de lutter contre le courant de ce qu’il Est et du Monde auquel il appartient ?

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10/10/2012 at 18:00 Comments (0)

Soutenir Etienne Zoupic

Demande de soutien.

Chers amis, je m’adresse à vous pour vous demander un soutien financier. Je vous demande aujourd’hui de m’offrir des euros afin de pouvoir continuer ma quête.

Ma quête : Construire des relations de confiance basées sur la générosité et la circulation des richesses. Accompagner la transition monétaire vers une économie de coopération respectueuse de l’Environnement et de l’Humain.

Pourquoi elle est importante pour moi ici et maintenant :

1) Je vis sans entrées d’argent depuis 2 mois, dans l’énergie du don, mais cela ne suffit pas pour payer mes factures et assurer une sécurité et une tranquillité qui me permettent de me concentrer sur mes activités.

2) C’est aussi une façon de prendre la température : de savoir si mes amis, les communautés que je côtoie, ma famille, mes réseaux sont intéressés dans des relations non-marchandes, dans l’organisation d’un autre système économique.

3) Enfin, c’est pour me relier et sentir que je ne suis pas seul, que je fais partie d’un maillage de personnes qui sont portées et animées par des valeurs similaires à celles que je porte et défends.

Expérience à vivre

Numéro 64 de Génération Tao, Tout est possible

En Mars dernier, j’écrivais pour le N°64 du Magazine Génération-Tao dans le dossier “Acter le Changement” mon article  Créer de nouvelles règles ensemble et changer notre relation à l’argent. J’expliquais qu’il nous fallait changer le jeu, mais également notre regard et notre façon d’agir par rapport à l’argent, j’invitais chacun d’entre nous à :

-> Accorder plus de confiance à ma relation avec les autres humains et moins d’importance au papier-monnaie.
-> Apprendre à ne plus me sécuriser par le nombre de chiffres sur mon compte bancaire
-> Dans mon rapport à l’autre au quotidien, envisager toutes les formes de relations économiques qu’il est possible d’engager avec l’autre; la forme monétaire de vente actuelle étant devenue trop restrictive.
-> Veiller à ne pas entrer en compétition et à me séparer des autres pour des raisons d’argent rare.
-> Partager mon énergie avec l’autre pour trouver une issue coopérative

Au moment où j’ai reçu le magasine, j’étais arrivé en négatif sur mon compte pour la première fois de ma vie. En effet, depuis la mort de mon père, j’ai bénéficié d’une part d’héritage que j’ai investi dans des formations pour être plus humain. Alors que je relisais mon article je comprenais alors que je m’étais invité à tester moi même ce changement et à le traverser. Prêcher, prôner, dire aux autres, c’est toujours facile, le faire et le vivre soi-même, c’est une autre paire de manche. Voilà donc une invitation d’Etienne à Etienne à appliquer tous ces précieux conseils. Quand le temps sera juste, j’écrirai et partagerai cette expérience très, très riche d’être “pauvre” par choix.

 

Avant de juger, vis-le

Je vis maintenant depuis 2 mois sans source de financement. J’ai décidé d’investir mon temps pour les Valeureux et des projets collectifs bénévoles. J’ai choisi et affirmé lors de mon entretien avec Pôle Emploi que je ne ferai pas de job “alimentaire” car ce n’était pas là mon intention et que cette option me détournerait de mon axe, de mon engagement : contribuer à changer notre regard sur la richesse et développer des systèmes d’activations des richesses adéquats, cohérents avec nos valeurs. Nous avons offert le Festival des Richesses en participation consciente en euros et en Points Jeu (une monnaie complémentaire) qui a rassemblé 12 participants. La rémunération que j’ai reçue a directement été injectée dans le loyer que je dois payer pour mon bureau rue de Fontarabie.
Avec les Valeureux nous souhaitons offrir du conseil, de la formation, de l’accompagnement de projets auprès des entreprises, collectivités pour créer ces systèmes d’activations des richesses.

Ma vision

L’énergie du Don a été pervertie et progressivement dévalorisée dans nos sociétés par l’intérêt. L’argent avec intérêt représente pour moi une forme d’esclavage moderne qui coupe la coopération et la solidarité entre deux personnes et met la première dans une situation d’aliénation face à la deuxième. Alors que l’une se protège d’un risque et spécule sur la création de richesse future, l’autre cravache pour pouvoir satisfaire son engagement.
Le prêt avec intérêt manque de générosité, il manque de partage, de vision et conditionne tout le lien sur la solidité financière, les tableurs et la probable rentabilité d’un projet. La dimension du Coeur, et de la solidraité en est absente et s’est progressivement effacée devant l’intérêt personnel du “combien cela me rapportera” qui me coupe de la personne et du projet pour/avec qui j’investis.

Nous sommes à la fois victimes et co-responsables de cet état de fait. Il existe des solutions pour y remédier sans violence. D’abord, ne pas y participer. Ensuite développer des communautés de confiance, de solidarité et de partage. Enfin, créer des systèmes qui valorisent, encouragent et reconnaissent cette générosité.

Il existe des formes de monnaies qui encouragent, soutiennent et promeuvent le don, il existe des formes de systèmes monétaires  qui reconnaissent la variété des richesses. Je vous recommande à nouveau le livre et la courte vidéo qui explique très bien tout cela (c’est en anglais) : Sacred Economics de Charles Eisenstein.

Mon engagement depuis l’Argentine en 2008 est très clair : dédier mon énergie et ma Vie à contribuer à créer un système économique sain et Humain.

Le paradoxe

J’ai besoin d’argent aux règles monétaires valorisant l’accumulation et l’égoïsme pour développer des systèmes basés sur la logique du don (c’est très yin-yang). J’ai donné pendant plusieurs années, des conseils, de l’accompagnement sans me faire rémunérer. Par soutien, par générosité et aussi parce que les porteurs de ces projets ne le pouvaient pas. Aujourd’hui, j’ai besoin d’euros pour investir dans ces systèmes qui vont compléter et guérir les défaillances des systèmes capitalistes. Aujourd’hui j’ai besoin d’euros pour subvenir à mes besoins et pouvoir continuer d’alerter, communiquer, construire des systèmes vertueux.
Aujourd’hui je fais appel à votre générosité, à votre soutien, à votre confiance en moi pour m’offrir une somme du montant que vous choisirez qui me permettra d’avancer.

Je suis aussi dans une situation de vulnérabilité où je vous délivre ma situation et ma réalité. Je vous fait confiance.

Je vous suis très reconnaissant pour le temps que vous prendrez et le don que vous pourrez me faire, quelque soit le montant.
Si vous souhaitez offrir quelque chose qui ne soit pas des euros, sentez vous libre de le faire dans les commentaires ou par mail http://scr.im/zoupic .

Le don peut se faire à cette adresse : www.leetchi.com/fr/Cagnotte/20584/454a33bc N’hésitez pas à diffuser ce message à toute personne sensible à cette cause. Merci.

Merci de votre confiance, merci de votre soutien, avec vous, je me sens moins seul dans cette quête qui m’anime.
Etienne Zoupic, le Valeureux.

Etienne Zoupic, le Valeureux

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23/05/2012 at 18:54 Comments (4)

Les Valeureux organisent le 1er Festival des Richesses!

Des nouvelles, en voici. Depuis 2 mois bientôt, je créée ma boîte de conseil en monnaies complémentaires avec Les Valeureux, le collectif avec lequel je travaille depuis 2 ans sur les monnaies et la richesse. Nous sommes installés à Alexandre Dumas et toute cette aventure est en train de s’incarner en dur dans la matière. J’ai refait le site avec un wordpress, vous pourrez trouver toutes les infos ici : www.valeureux.org/blog

Je suis passé sur BFM TV et France Info pour communiquer sur notre travail. Vous pourrez trouver le podcast France info à l’adresse suivante ou en cliquant ci-dessous :

 

Après une intervention d’une soirée à Bagneux avec le groupe de citoyens qui travaille sur Bagneux en Transition dans le cadre des villes en Transitions, nous organisons notre premier Festival des Richesses les 28 et 29 avril 2012. Un programme d’un WE pour découvrir et élargir notre perception de la richesse. Comprendre et définir mieux nos besoins, nos offres, affiner et préciser nos demandes, découvrir les contextes favorables à la création de connexion qui enrichissent les deux parties des échanges et les outils appropriés pour développer ce type d’échange.
En partenariat avec le Centre d’Arts et d’Écologie Corporelle et les Éditions Yves Michel.

 

 

 

Venez découvrir et explorer la multitude des richesses, découvrir les outils de monnaies complémentaires, d’indicateurs de richesses et créer un projet d’activation des richesses !

Deux journées complémentaires pour entrer dans l’univers des richesses et élargir notre conception de la valeur et des richesses.

Programme :

Samedi : Découvrons nos richesses!
A l’aide de jeux concrets et d’expériences vivantes, il vous sera proposé d’explorer votre vision de la richesse et votre rapport à la richesse
Objectif : Vous repartirez en ayant vécu et intégré la diversité des richesses et les fonctions de la monnaie.

Dimanche : Créons ensemble!
Après avoir élargi notre vision de la richesse et compris l’usage d’une monnaie, nous allons construire ensemble nos prochains pas vers la richesse.
Objectif : Vous repartirez avec des clés pour les premiers pas dans la création de votre système d’activation des richesses.

Vous avez de la curiosite et envie d’agir pour trouver une issue créative face à une économie qui ne tourne pas rond ? Vous vous interrogez sur les systèmes de représentations de la valeur ? Vous voulez vivre d’autres mode de coopération ? Vous avez envie de créer une monnaie spécifique qui répondent à des besoins non couverts par les systèmes monétaires en place ? Vous êtes déjà lancés sur votre projet innovant et auriez besoin d’un regard extérieur, de soutiens?

Notre Tarif : la participation consciente. Plus d’infos sur la participation consciente sur le site de nos partenaires de l’Université du Nous.

Réservation : Par le formulaire Internet avec envoi d’un chèque de réservation de 150€ à l’ordre des Valeureux

Télécharger le Festival des Richesses-28&29avril

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23/04/2012 at 16:07 Comments (0)

Sacred Economics, le court film à propos du livre

Charles Eisenstein est un leader hors pair. Par son travail personnel, ses livres et sa façon de raconter les choses, il nous parle de l’économie sacré.

Ian MacKenzie est un vidéaste incroyable. Par son positionnement et ses images, il capte le meilleur pour nous offrir des prises de consciences directes avec émotion garantie.

Ensemble, ils ont réalisé un film court de 12 minutes pour reprendre le contenu du livre Sacred Economics.

La suite se passe dans vos coeurs. à vous!

 

Sacred Economics with Charles Eisenstein – A Short Film from Ian MacKenzie on Vimeo.

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01/03/2012 at 20:04 Comment (1)

Consommation ou partage collaboratif?

Suite à la lecture de l’article d’Hubert Guillaud sur Internetactu.net qui de façon plus large traite d’usage et de mésusages & suite à la lecture de Vincent Truffy sur son blog médiapart, j’ai voulu expliquer ce qui à mes yeux fait partie de la consommation collaborative, et des valeurs que je voyais naître grâce à ce mouvement.

J’ai été gêné du mélange général que j’ai pu voir entre les différentes formes de pratiques qui existent et les différences qu’elles ont. Ainsi voilà pour moi les deux améliorations, deux formes de valeur ajoutée, qu’apportent la Consommation Collaborative / Economie Collaborative que je mettrai dans cet ordre :

1) Une meilleure allocation des ressources

Elle permet de redonner du service à ce qui stagnait. Elle engendre une réflexion sur l’accès et l’usage plutôt que la possession. Elle met un stop à la société du toujours plus. Alors que nous avons appris collectivement en suivant le chouette modèle américain à avoir tout une gamme de possessions matérielles pour pouvoir exister et briller en société, nous comprenons aujourd’hui que cela n’est plus compatible avec les limites de la terre. Nous comprenons également que cela ne nous rend pas heureux durablement. Si cela apporte certes un confort agréable, cette quantité matérielle qui nous entoure n’est pas constitutive de notre bonheur.
D’un autre point de vue, on pourrait sûrement analyser que plus nous nous sommes recouverts de biens matériels, plus nous nous sommes éloignés de nos voisins et amis, séparés par la différence matérielle qui nous élevait à des rangs sociaux en compétition et nous empêchait d’entrer dans une relation basée et intéressée sur l’être, sur l’autre.

C’était l’ère de l’avoir. Nous sommes arrivés au bout de cette piste et aujourd’hui le jeu consiste à réfléchir aux meilleures allocations possible pour tous ces objets, motivés par trois raisons :

- La terre ne pourra pas supporter plus (et si on réfléchit, c’était bien débile d’en arriver là)

- Cela me coûte effectivement moins cher, et en temps de crise, c’est parfois simplement une obligation que de louer plutôt que d’être propriétaire.

- Le cool a changé.

Ces trois raisons répondent à l’équation de l’allocation des ressources. Elles ne répondent pas encore à ma recherche d’un bonheur durable et à une vraie rencontre de l’autre.

La naissance d’un nouveau mode de consommation

Cette nouvelle allocation des ressources a créé de nouvelles formes de business qui remettent du sens dans l’usage des biens. Ces business ont également été rendus possibles grâce à l’évolution technologique et à la possibilité de rencontrer des offres et des demandes d’inconnus à proximité, avec des indicateurs permettant de créer une confiance malgré la distance. (ebay, Deways, zilok, etc..) Cela existait déjà avec le minitel, mais Internet a rendu tout cela complètement évident.
Qu’elles soient top down & centralisée ou grass-root & décentralisée, ce sont les objets qui circulent autour des humains. Nous en partageons la jouissance. Quel que soit le propriétaire : l’état, une organisation privée, les particuliers, une communauté, ces outils/biens sont en partage moyennant un coût à l’accès. Ce sont des locations, un partage de l’usage et des coûts d’usage. L’autre particularité, c’est qu’elles demandent au particulier de mettre leurs objets et leurs propriétés en mouvement, et pas seulement un investissement centralisé pour lancer une flotte de départ dans le cas d’un loueur de voiture.

Avantage pour le consommateur : cela diminue les frais d’accès. Je peux louer une après-midi un appareil photo numérique de très haute qualité. Je peux avoir accès une voiture pour mon déménagement ponctuellement. Ce que je pouvais déjà faire avant en le demandant à mon réseau ou à des loueurs de voiture pour le cas de l’auto-partage, j’ai toute une offre commerciale aujourd’hui qui diversifie les options et les possibilités.

Avantage pour le prêteur : Il y en a deux : je suis heureux parce que mon objet sert à quelque chose/quelqu’un d’autre : j’en partage l’usage. Je suis également heureux car j’ai une contrepartie financière.

Résultat : le marché est plus fluide, mes options plus grandes. Et c’est au niveau précis de mon besoin que je vais trouver la forme correspondant le mieux pour répondre. Est-ce que je recherche une rencontre? un conseil auprès d’un professionnel? du simple matériel? une réduction tarifaire?
Nous comprenons également que la possession est désuète tant que je peux avoir accès aux services dont j’ai besoin. Ainsi, si vous êtes jeunes, entrepreneurs, regardez les marchés qu’il reste à ouvrir, qu’est-ce qui se partage et qui n’est pas encore monétisé? Des biens, des services, des expériences? Quel secteur n’a pas encore son concurrent dans la consommation collaborative? Il y a sûrement une opportunité d’un marché à déguster et de comportements à changer.

Petit bonus : j’appartiens à une communauté de gens qui pratiquent et croient en ce modèle.

 

2) Une rencontre et un partage

Cette part que j’ai et que je n’exploite pas, je vais pouvoir la partager et l’offrir à qui en a besoin. C’est la différence entre couchsurfing et Airbnb. Par ce biais je rencontre un autre être humain dans une rencontre non marchande où l’argent n’est pas une barrière : cela ne me coûte pas plus de partager quelque chose alors je l’offre. Mieux : j’ai envie de partager et d’offrir.

>> Elle crée des vraies histoires et un autre rapport à l’autre.

Je crois que c’est cette part du changement qui adresse la question plus en profondeur de s’ouvrir à l’autre, à l’être plutôt qu’à mes biens, celle qui remplit de façon plus entière. C’est la différence entre couchsurfing et airbnb : l’un est complètement non-marchand et non intéressé monétairement. Cela ne veut pas dire que c’est mieux ou qu’ils ont raison, c’est différent. Ils répondent à des besoins différents.

Charles Eisenstein disait dans sa vidéo The revolution is Love

“La consommation collaborative ne créée pas de connexions fortes, seulement la co-création permet cela”.

La deuxième partie, souvent caractérisée par le non marchand, mais je crois qu’elle existe aussi dans le marchand pour peu que les personnes qui échangent soient ouvertes à cette dimension, dépasse pour moi cette consommation collaborative, je ne suis plus consommateur, j’aime offrir et rencontrer l’autre dans un univers différent du marchand, nous nous rencontrons sur un autre plan, motivé par d’autres raisons.

En conclusion

- Le premier pas correspond à une forme de consommation collaborative où l’on optimise l’allocation des ressources en mutualisant les frais et dans lequel l’organisateur de cette nouvelle répartition prend une part. C’est l’évolution naturelle du business et une organisation logique et censée qui nous reconnecte les uns aux autres par le biais de nos usages.
- Le deuxième pas consiste à une rencontre entièrement dédiée à l’autre, rendre service.

Dans le premier cas je partage l’usage et je partage les frais. Dans le second cas je partage l’usage et j’offre les frais.

Pour finir je dirai que l’allocation des ressources n’est que le syndrome extérieur visible du phénomène de prise de conscience de la distance que nous avions mise entre nous et quelle que soit la forme qu’ils prennent, ces mouvements nous allègent matériellement, nous rapprochent et nous rendent plus heureux en surface comme en profondeur.

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12/01/2012 at 16:30 Comments (4)

Naomi Klein nous parle de rareté et d’abondance

Je viens de tomber sur ce bout du discours de Naomi Klein qu’elle a fait à Wall street dans le mouvement Occupy Wall street

 

Nous savons tous, ou du moins nous sentons que le monde est à l’envers : nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, en réalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espace atmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’il y avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, est abondant – les ressources financières pour construire la société dont nous avons besoin.

La tâche de notre époque est de renverser cette situation et de contester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nous pouvons nous permettre de construire une société décente et ouverte, tout en respectant les limites réelles de la Terre. (…)

Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plus importante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment. »

 

Moi qui suis profondément intéressé à la rareté et à l’abondance, j’aime ici la clarté de son propos. Avant toute chose, j’aime à rappeler que la rareté est un état relatif, tout comme l’abondance. C’est à dire que c’est rare ou abondant, par rapport à quelque chose d’autre et en général, c’est par rapport à nos besoins. On revient sur l’histoire de Gandhi de la différence entre les besoins et les désirs.

Nous n’avons pas assez sur Terre pour subvenir aux désirs de tous, mais il y a assez pour subvenir aux besoins de tous.

Pour moi, viennent le besoin d’une réorganisation et le besoin d’une redistribution. Mieux répartir ce qui doit l’être. Et prendre conscience évidemment des limites.

Et ce qui est limité et finit, c’est bien la Terre, ses réserves, son atmosphère et ses ressources non renouvelables. Illimité et infinis, ce sont notre créativité, notre potentiel, notre amour et tous les symboles et systèmes que nous pouvons créer pour mieux gérer, organiser, partager, répartir et disposer de ces ressources limitées dont nous avons tous besoin pour notre développement.

Abondance, rareté, à nous d’inverser les croyances!

We are the 99% ;-)

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14/10/2011 at 19:32 Comments (4)

Au coeur de la monnaie de Bernard Lietaer

Comme vous le savez tous, je travaille avec l’agence de presse Emmapom et j’ai la chance, l’honneur et le privilège de travailler avec Monsieur Bernard Lietaer qui publie un livre aux éditions Yves Michel.


Sacré hasard et belle coïncidence qui fait que je me retrouve à communiquer professionnellement sur le livre d’une des personnes pour qui je communique déjà passionnellement…

Le livre est deep, long et détaillé. Sa conclusion sans appels. Je ne vais pas refaire un billet complet puisque c’est déjà ce que j’ai fait pour le blog d’Emmapom, que j’anime: http://blog.emmapom.com

Vous trouverez le billet complet ici: http://emmapom.com/blog/2011/07/19/au-coeur-de-la-monnaie-bernard-lietaer-nous-invite-au-voyage/

Nous organiserons une conférence de presse le 5 octobre avec la Princesse de Polignac, qui a rédigé la préface du livre. Si vous connaissez des blogueurs, des journalistes, des médias qui pourraient être intéressés par le sujet, faites leur suivre l’info et n’hésitez pas à les mettre en contact avec moi! etienne arobaze emmapom point com

Vous trouverez le Communiqué de Presse ici.

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31/08/2011 at 12:26 Comments (3)

Paradigme du partage de la connaissance et de la propriété

Si quelqu’un aujourd’hui attaquait Wikipédia parce qu’il fait de la concurrence déloyale à son business, la communauté internationale serait prête à la défendre pour dire que ce qu’elle fait sert l’intérêt général.

Si quelqu’un aujourd’hui attaquait GNU/linux ou Firefox pour concurrence déloyale, là encore on pourrait sentir collectivement que ces logiciels avec leurs licences de logiciels libres servent l’intérêt général.

Pour que le Shift se fasse, et il se fera, nous avons besoin d’une masse significative de brevets en licences libres qui défendent l’intérêt général. Nous avons besoin que l’évidence du partage s’affirme contre la honte et le crime de garder des brevets de médicaments, des propriétés secrètes alors que certains sont en train de mourir. Nous avons besoin qu’une assemblée de gens qui ne se connaissent pas donnent les plans, les secrets, les recettes des produits que nous achetions jadis en payant des brevets incroyables dans une économie de rareté artificielle.

 

Quand quelques exemples nous auront montré que c’est possible, alors nous serons sortis de la société de la rareté, même pour le monde matériel.

 

Je vous assure que ce n’est pas si loin du tout…

 

L’intérêt général du partage et des licences libres dépassera l’intérêt individuel des brevets et propriétés privées.

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06/04/2011 at 09:35 Comments (0)

2011. Action! du global au local

La première décennie de ce 21ème siècle a été le déclencheur des troubles accumulés et de la tendance que notre monde a suivi ces 60 dernières années. La crise du subprime en tête, qui entraînerait avec elle la fin du système tel que nous le connaissons. Petite fissure qui engouffra des milliards de dollars et lança la première pierre dans l’alignement de dominos que représente les institutions qui gouvernent encore ce monde. La suite on la connaît, mais selon les médias où l’on s’abreuve quotidiennement et la confiance que nous avons en l’humanité, elle prend des couleurs plus ou moins différentes. Je vais essayer de vous dire ce que j’en pense et ce que je ressens plutôt que de vous dire ce que ce sera. Aussi, j’aimerai à la fois pouvoir traiter de ce que je vois à une échelle globale pour revenir plus bas sur mes projets.

2011.

2011, c’est l’accélération. Tout va plus vite. Les prises de conscience se traduisent en action, en vagues, en mouvement. Wikileaks est apparu, le secret a disparu. Irréversiblement, le paysage change. Si la première décennie a vu l’apparition à une vitesse incroyable des puissances de l’Internet, aujourd’hui sur un terreau fertile j’observe un mouvement d’émancipation sur Internet,qui fait face à une volonté de sens contraire de contrôle des institutions en place. La deuxième décennie utilise ces outils et ces nouvelles solutions pour établir de nouveaux usages, de nouvelles pratiques et un nouveau moyen d’accès à l’autre, aux médias, à l’information et à la liberté.

Les puissances gouvernantes ont montré leurs limites. Chaque jour leur incapacité à gérer ce qu’elles pouvaient encore cacher hier se fait de plus en plus criante. Les challenges de demain ne seront pas résolus en haut. C’est à nous de trouver, pas à pas, jour après jour, ensemble, notre solution pour un monde plus en accord avec ce qui nous inspire. Alors que le mur de fumée essaye de nous faire avaler que la crise est passée, le mur du dollars s’effondre, et avec lui la puissance hégémonique des USA. C’est une chance. L’opportunité de redessiner la carte des relations mondiales. Une chance pour les citoyens américains de prendre leur juste place et de faire entendre leur voix dans un système qui les a eux aussi avalé. Une chance pour nous de voir ce qui s’est passé et d’apprendre de cette expérience pour ne pas répéter les erreurs.

Redessiner le monde

Dans mes rêves, je vois un monde où nous avons le choix. Un monde où nous faisons ce choix, et un monde où nous vivons ensemble, en paix et en harmonie avec la nature. Je sais que nous y arriverons. Pouvoir vivre librement de nos passions, offrir aux autres ce que nous aimons faire. S’épanouir de nos créations et construire ensemble une société où l’Humain retrouve sa place dans le monde. Un monde où nous pouvons aider notre prochain et servir le collectif sans se sentir l’exception. Un monde où nous arrêtons de penser que nous sommes en compétition, un monde où nous pouvons avancer ensemble plutôt que les uns contre les autres. Souvenez vous qui vous êtes. Souvenez vous d’où vous venez.
Nous avons besoin de 3 choses pour y parvenir: ouvrir les yeux pour constater que nous avons déjà tout ce qu’il faut, ouvrir le cerveau pour penser cette organisation et enfin ouvrir le cœur pour pouvoir le partager ensemble. Tout est déjà là. Ce qui nous en empêche ne sont que nos propres limites. Le reste est une question de temps, l’évolution est déjà en marche et bien peu de choses peuvent l’arrêter. Nous y parviendrons un jour, j’en ai l’intime conviction. Et cela arrivera bien plus vite que nous le pensons.

Les vagues

Tous ces pays qui se libèrent, qui bougent me font vibrer. L’actualité que je lis est celle d’un monde en mouvement, un monde qui se réveille à sa propre lumière, comme après une longue gueule de bois et qui se rend compte que c’est possible, en fait. Que ça l’a toujours été. Le temps est venu. Le grand chamboulement est à l’œuvre et je sens que nombre de changements irréversibles vont se produire, nous avons attendu bien longtemps avant de commencer, mais nous sommes au bord du gouffre et il ne s’agit pas cette fois de faire marche arrière, mais bien de sauter dans le vide avec la confiance que nous pouvons voler. Tout lâcher. Nos peurs, nos limites et notre envie de savoir à quoi ressemblera demain, notre besoin de routine et de quotidien. Quelque chose d’autre nous attend.
C’est en osant sauter, en faisant ce pas que nous nous libèrerons et entrerons dans un monde où nous réalisons que nous savons voler. Personne ne nous l’avait dit, mais c’est écrit en nous. Quelque chose au fond de nous le sait, mais nous ne voulons pas y croire, nous avons perdu cette foi, cette magie, cette force illimitée qui fait de nous des êtres humains. Il est temps de puiser au fond de ce qui fait de nous des humains pour redécouvrir qui nous sommes vraiment.

Du Global vers le local

Si c’est encore à la télé que la plupart d’entre nous observent encore ces changements qui nous paraissent si loin, c’est à chaque coin de rue qu’ils apparaissent, dans notre quartier, dans notre ville, encore à l’ombre des projecteurs. Il ne faut pas croire que ça ne se passe que là-bas, ailleurs, loin de nous. Ce changement agit partout où nous sommes et passe par nous. J’ai envie de citer Colibris, mouvement citoyen qui raconte l’histoire du colibris qui fait sa part pour éteindre l’incendie. Pas à pas, geste par geste, les comportements changent, les réflexes se transforment, nous changeons.

Stéphane Hessel, Edgar Morin, Patrick Viveret, Paul Jorion et Marc André Luyckx, ces “papis” qui font de la résistance et qui se révèlent au grand public confirment la préparation d’un terrain favorable au changement. Ils ne sont que les révélateurs d’une forêt qui s’ignore encore partiellement. Autant de signaux qui nous indiquent que l’heure est venue. Ce sera bientôt à nous de jouer.

Mes projets, mes avancées

Comme vous le savez peut-être j’ai commencé à travailler début janvier chez Emmapom, une agence de relation presse nouvelle culture. Ce monde existe, il est vibrant et ne cesse de grandir. Je suis ravi de pouvoir y apporter ma pierre et découvrir de nouvelles composantes. La semaine dernière j’étais dans le Sud de la France où j’ai d’abord assisté à un colloque de recherche sur les monnaies complémentaires à Lyon puis 3 jours près de Genève au Tiocan où nous avons réfléchi aux outils pratiques pour favoriser le développement de ces monnaies avec Community Forge. Encore une fois, l’heure n’est plus à la prise de conscience mais à l’action. La BD augmentée sur les monnaies complémentaires publiée avec Owni vient de sortir, le dossier spécial alternatives économiques sur les indicateurs de richesse paraîtra fin février, je sens que ces idées avancent et reçoivent un écho de plus en plus large. Le livre sur l’innovation monétaire auquel j’ai contribué avec Jean-Michel Cornu est sorti également après avoir été diffusé progressivement sur internet actu.  Autant de graines et de transformations de projets qui donnent envie de faire autrement, qui disent pourquoi et comment. Autant d’invitations à écrire le prochain chapitre ensemble.
Prochaine étape pour moi, créer une banque du temps pour échanger des services sur Paris. Un moyen d’échanger autrement, une façon de faire connaissance et de contribuer à s’enrichir mutuellement et de partager avec les autres ce que nous aimons faire.

Serons nous prêt à temps quand notre tour viendra, quand tous les projecteurs seront sur la France, ce pays qui fut jadis  pays des droits de l’homme? Serons nous à la hauteur de ce que le monde attend de nous. Saurons nous honorer nos frères et sœurs de tous les pays et de tous les continents? Saurons nous trouver au fond de nous, cette énergie qui nous anime et nous permet de nous accomplir pleinement? Pour le savoir il nous faudra sauter.

Sommes nous prêts?

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22/02/2011 at 15:58 Comments (4)

Monnaies complémentaires, BD augmentée: La richesse est ailleurs

J’ai travaillé avec Owni et préparé la sortie d’une BD augmentée sur le sujet de la richesse et des monnaies complémentaires.

C’est un projet excitant qui nous a pris environ un mois pour présenter sous forme ludique et pédagogique, ce qui se passe au niveau de la création monétaire, comment sortir d’un côté passif pour devenir acteur d’un changement.

J’essaierai de faire un post plus détaillé plus tard, et si possible d’intégrer la BD ici.

Voici, par ailleurs le lien: http://app.owni.fr/bd-augmentee/

Un grand merci à l’équipe d’Owni: Julien, Sylvain, Claire, Romain, Nicolas, James, Logui et François notre dessinateur sans qui cette aventure n’aurait pas été possible.

Une version anglaise est au programme. Faites tourner!

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16/02/2011 at 12:49 Comment (1)

Le J.E.U Jardin d’échange universel, forme souveraine, auto-gérée et comptable d’échange

J’avais déjà entendu parlé du J.E.U de Daniel Fargeas et je redécouvre avec plaisir grâce à Bernard Marie Chiquet qui anime des stages de sociocratie: gouvernance intégrale. Vous comprendrez le lien avec l’explication de Mado qui est magique, aussi bien l’accent que la simplicité. C’est ce qui me manque souvent quand je parle des monnaies, du concret, du simple et puis de l’humour, ne pas oublier d’en rire.

Ca rejoint aussi un lien que Maryvonne nous avait partagé sur le principe chaordique que vous pourrez trouver sur le site français de What is Enlighment. Interview à la clé de Dee hook, créateur de la carte Visa.


Conférence Mado-1
envoyé par Personocrate1001. – Regardez les vidéos des stars du web.


Conférence Mado-2
envoyé par Personocrate1001. – Plus de vidéos de blogueurs.


Cela complète parfaitement les systèmes que je souhaite accompagner. Celui là a le mérite d’être simple, gratuit et SOUVERAIN. Bernard Marie a mis au point le J.E.U avec sa communauté, je vous tiendrai au courant…

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04/11/2010 at 14:01 Comments (0)

Valeur et monétisation à l’ère du numérique

Après avoir lu le billet de Philippe Scoffoni sur le logiciel libre et le don je vois que nous n’avons pas fini de traiter de ce sujet.

Problématique moderne et transversale

Depuis la globalisation d’Internet, cette problématique devient de plus en plus prenante puisqu’elle chamboule l’ancien modèle mais aussi parce qu’elle nécessite des changements de comportements. La force de ce sujet est aussi qu’elle est transversale, dans la musique, dans le cinéma, dans la photographie, dans la littérature, dans la programmation, elle touche tous les domaines qui se sont fait numérisés ou qui peuvent l’être. Ainsi alors que chacun cherche dans son coin, par rapport à des publics cibles différents, dans le fond la question reste la même:

Comment partager ses œuvres avec un maximum de personnes tout en assurant une durabilité pour le créateur et en limitant au maximum la barrière à l’entrée?

Comment

Le pourquoi est assez simple à deviner, le comment n’est pas encore résolu, il s’agit de trouver une ou des méthodes concrètes qui marchent et ont été expérimentées.

partager ses œuvres

Nous sommes des animaux sociaux, nous vivons pour partager, diffuser et échanger, s’isoler est aujourd’hui devenu un non sens. L’individu au cœur de la civilisation cherche et développe sa créativité pour pouvoir en faire bénéficier l’Humanité tout entière.

avec un maximum de personnes

Dans le cadre du numérique, nous avons bien compris que le bit peut se copier, se déplacer et se diffuser à une vitesse toujours croissante pour un coût toujours plus faible. Cette équation augmente chaque jour, les disques durs, la bande passante et les processeurs ne cessent d’être améliorés, et parallèlement leurs coûts diminuent éternellement. Nous sommes bien à l’heure de l’abondance.

tout en assurant une durabilité pour le créateur

Sans parler uniquement de sécurité financière, il s’agit de trouver le feedback de retour suffisant pour permettre à l’individu d’être reconnu pour son travail et soutenu pour pouvoir continuer à le faire. Dans le changement d’ère que nous connaissons de plus en plus de personnes quittent le monde industriel et commercial pour vivre pleinement de leur passion, entrer dans le(s) domaine(s) d’activité qui leur permettent d’être complètement créateur et heureux. Ainsi il ne s’agit plus d’avoir un pied dans  l’entreprise et l’autre, la nuit tombée, dans le domaine qui le passionne mais bien de pouvoir être et vivre pleinement sa passion.

en limitant au maximum la barrière à l’entrée?

Étant données les propriétés du numérique, le coût marginal de l’œuvre qui tend vers zéro, l’objectif est de profiter de ce terrain favorable pour ne pas mettre de barrière à l’entrée. Si l’on souhaite partager avec le plus grand nombre alors chaque centime à l’accès réduit cette possibilité. Si idéalement je préfère l’absence de barrière à l’entrée: la gratuité, je formule plus doucement pour encourager la diminution du prix.

Des éléments clés

J’ai déjà donné des éléments ou exemples qui se font et qui marchent, alors je préfère énumérer quelques pistes de blocages qui en disparaissant faciliteront la résolution de notre problématique ou au moins permettront à un maximum de personnes d’être heureux de créer et d’utiliser leur potentiel pour vivre de leur passion en la partageant avec tous.

La peur

Dans cette transition, comme dans tout changement, il y a une grande peur de l’inconnu, de la remise en question, construire de nouveaux modèles, tester et avancer vers l’inconnu. Pour de nombreux pans de l’économie, cela correspond à une faille énorme dans leur business model, en fait, c’est même la fin de leur raison d’être. C’est certes l’évolution et c’est une excellente chose lorsqu’on libère les moines copistes pour utiliser les premières machines à imprimer, vu d’ici, mais aujourd’hui ceux qui voient leur raison d’être en danger sont pétrifiés par l’idée qu’ils doivent se recycler, évoluer ou disparaître.

Ils freinent donc à fond et sont les premiers détraqueurs de cette problématique moderne, ils luttent contre et feront ainsi jusqu’à leur dernier souffle. C’est à la fois compréhensible et triste. Paradoxalement, ils se sentent touchés et intéressés lorsqu’il s’agit d’un des domaines connexes à leur profession où leur métier n’est pas en danger, mais si l’on parle de leur domaine alors la menace refait surface.

L’autre aspect dangereux guidé par la peur est qu’étant en place dans l’ère industriel, ils ont encore des moyens de pression pour entraîner avec eux des lobbys et des lois pour favoriser leur situation et retarder la sentence.

La peur c’est aussi celle de nous imaginer tous capables de créer et d’être utiles à la société. C’est une image en laquelle beaucoup de nous ne veulent pas croire aujourd’hui, et

Des solutions à portée de main: les Creative Commons, le Logiciel libre

La rareté

Depuis de nombreux siècles l’Homme a grandit en conquérant des territoires, des ressources et en maintenant tout ce dont il s’est emparé sous son contrôle. Comme le disait Adam Smith l’économie est la gestion des ressources rares, il conseillait à l’époque si vous vouliez du pouvoir, de ne pas essayer de vendre de l’eau car c’était encore une ressource abondante. La rareté fait le prix, la rareté entraîne l’argent et la frustration, le désir et la luxure, et permet de contrôler beaucoup de choses. Beaucoup de nos réflexes économiques sont par définition basés sur la création, le développement et la gestion de la rareté.

Ayant grandis dans cette dynamique, nous sommes façonnés mentalement comme des animaux, à croire que tout est rare et qu’il faut se battre pour avoir accès, ou pour contrôler l’accès (pétrole?), comme si notre survie dans le quotidien ou sur le marché en dépendait. C’est donc en chacun de nous et dans les gènes de notre société qu’il faut trouver les ressources pour évoluer, grandir, développer la conscience et ouvrir les yeux et le coeur pour constater que nous n’avons plus de bonnes raisons pour nous taper dessus ou garder des secrets.

A un niveau plus simple et concret, “je ne vais pas faire de don car l’argent est rare et je ne vois pas pourquoi je le ferai alors que l’accès est gratuit. Je préfère laisser les autres payer. Je vais profiter de la gratuité tant que ça le sera”.

Des solutions à portée de main: le dividende universel, les monnaies complémentaires

La conscience

Finalement, que ce soit la peur ou la rareté il s’agit d’un saut d’évolution de conscience, comme une reprogrammation de notre code, de notre façon de penser, d’agir et de vivre ensemble. Le temps est une des ressources clés pour voir à quelle vitesse se feront ces changements, la crise aidant, les fissures vont devenir des brèches qui finiront par éclater. Je ne vois pas de marche arrière possible, plus nous allons vers un raidissement et une pénurie, plus nous avançons à reculons, plus l’urgence et l’envie d’une autre civilisation fera sens. Elle ne fera pas juste sens, elle deviendra évidence.

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19/09/2010 at 16:27 Comments (3)

Vers septembre 2010 et au-delà!

Je sors d’une belle après-midi de réunion sur la sociocratie et l’attribut plein d’une belle énergie. Pour la petite histoire l’attribut est une association, un groupe de personne qui vit à la Réunion, partis à 3 il y a 2 ans ils sont aujourd’hui 35 membres actifs pour 135 membres, créent, vivent et animent leurs groupes en utilisant la sociocratie, le jeu du tao et en incluant les enfants dans leurs processus de prises de décision. Une belle leçon humaine d’humilité et de partage réalisée par Laurent et Lydia. Merci!

Il est temps pour moi de faire un petit point sur mes projets du moment et à venir. Ca m’aide toujours à poser un point fixe dans le temps et voir ce qu’à tel moment ou à telle époque je souhaitais faire, et pourquoi ou comment j’ai dérivé. C’est aussi l’idéal pour se projeter et clarifier ce qui m’anime en ce moment. Enfin, c’est toujours la possibilité d’inviter aux commentaires, aux synergies, à la synchronicité et à trouver des personnes intéressées pour co-créer ces différents projets.

Avec Génération-Tao:

- Continuer de tenir la Chronique des Créatifs Culturels
- Aide à la rédaction des interviews pour le Magazine
- Organisation d’événements à thème (la suite de la soirée du 23 avril: Comment créer une société d’abondance?..)
- Développement, marketing, stratégie

En dehors de Génération-Tao, j’ai aussi une vie très active (comme vous commencez à le savoir) autour des systèmes monétaires complémentaires, participer à construire la nouvelle économie. Je navigue entre des envies de communication, d’événementiel, de designer…  A la manière de la loi d’attraction, je vous invite ici à me joindre, à participer, à me solliciter, à me connecter avec les personnes justes. Ces projets me motivent au plus profond de moi, ils sont justes et plein de sens: aucun doute. L’activation et leur mise en place demandent souvent un certain investissement, toujours plus enrichissant s’il est effectué en collectif, en groupe, à plusieurs, ainsi je vous invite à me donner un feedback sur votre envie, votre besoin, une motivation qui vous est propre de partager un bout de route, de faire un bout de code ou quelques images sur un ou plusieurs de ces projets, si ça résonne en vous! Toute participation est la bienvenue, ces projets m’animent au plus profond de mon être, et sauf changement de programme, je les réaliserai, mais je souhaite les co-créer. La porte est ouverte…

Autour de la nouvelle économie – appel à la co-construction

Nombre de ces projets trouvent déjà écho dans le groupe naissant qui se constitue avec des pratiquants intéressés tous par la diffusion des monnaies complémentaires: les valeureux (je vous en reparlerai!).

- Un site de ressources: Pourquoi les monnaies complémentaires – Comment les monnaies complémentaires? Pourquoi: pour pouvoir centraliser les réponses, les documents essentiels et l’argumentation du besoin des monnaies complémentaires. Comment: pour donner les documents clés de la conception d’une ou plusieurs monnaies, les différents guides, plus destinés aux designers, architectes ou toute personne qui souhaite monter son propre système.

- Des rencontres rythmées sur Paris, à la manière des green drinks, faire battre une pulsation régulière (une fois par mois?) sur le sujet des monnaies complémentaires et de la nouvelle économie, encourager les rencontres des pratiquants, aider à créer des liens.

- Des conférences, des soirées projection de documentaires, des séminaires de formation sur ces outils, les méthodes, les techniques, les procédés: Comment créer sa monnaie? Les événements peuvent être centrés sur la question de l’évolution monétaire comme d’autres processus qui contribuent à cette dynamique du mieux vivre ensemble: la sociocratie ou le jeu du Tao par exemple. Être facilitateur entre ceux qui vivent au quotidien des expériences innovantes et un public curieux.

- Un documentaire sur les alternatives monétaires existantes: je souhaite aller sur le terrain en Europe comme au Brésil, à la rencontre des humains et ramener des images. Le but est pour moi d’abord de rencontrer ces personnes, de découvrir leur histoire, les difficultés  rencontrées, les bénéfices de leurs changements, etc… Dans un second temps, partager ces images avec une double lecture: la première est de diffuser des exemples simples et concrets de ce qui se fait, expliqué par les pratiquants: montrer qu’il existe des alternatives concrètes et vivantes, la seconde est d’avoir des grilles de lecture pour les architectes monétaires des clés de création de monnaies, qui, quoi, comment, les étapes, les règles essentielles, toutes ces petites expériences qui nous éviteront de refaire les mêmes erreurs. C’est un projet très personnel mais qui me tient ô combien à coeur pour avancer sur la route de la rencontre des alternatives.

- Un outil en ligne de village virtuel: A la manière d’un jeu vidéo, je souhaite faire le cahier des charges et aller jusqu’à la réalisation d’un site web en open source qui permette à chaque communauté d’avoir un outil qui soit le reflet en ligne de son activité physique. Mairie, Banque, Marché, chaque partie doit donner le reflet  holoptique de la communauté, des richesses existantes, la possibilité d’interagir, de voir les flux, les règles, les membres, de proposer des changements, de soumettre des propositions etc.. Ce projet est probablement le plus difficile techniquement, il demande également un certain investissement, mais sa portée est très importante par sa réplicabilité à d’autres communautés. Faites signe si vous voulez que nous unissions nos forces..

- Du design de monnaies complémentaires: avancer avec des communautés dans la création de leurs outils, je pense notamment au Tiocan, éco-lieu près de Genève où je me suis déjà rendu pour un think-tank sur la monnaie, j’y retourne fin août pour continuer le processus. Je pense aussi à L’Attribut qui a le terreau et la maturité pour développer son système. Ca peut être du coup par coup sur mesure, mais ça peut aussi être le design d’une monnaie qui pourra être réplicable pour plusieurs communautés ayant des besoins et des valeurs similaires, je pense notamment aux sites web de l’information.

- Cercle intégral apprenant: Que ce soit avec les valeureux ou en dehors, c’est bien de prôner des choses, la meilleure façon de savoir si ça marche c’est de les vivre, des les appliquer sur soi. “Be the change you want to see in the world” nous disait Gandhi. Donc ici, découverte par la pratique, créer, apprendre, tester un peu tout ça.

Voilà pour la rubrique monnaies, comme vous voyez, c’est plutôt complet, varié et ambitieux, mais je pense que tous ces points sont complémentaires et cohérents.

Projets de l’âme, projets du corps

- Continuer d’animer des parties de jeu du Tao: à Paris et ailleurs, surtout à la sollicitation: si l’envie est là, que vous pouvez réunir une table (4 à 6 personnes), je serai ravi de me déplacer pour vous accompagner dans la réalisation de vos quêtes.

- A la rentrée je commencerai la formation de la Wutao – School pour devenir instructeur de Wutao, formation en 3 ans, c’est un passage essentiel pour moi pour revenir vers le corps, dans la sensation, dans le mouvement, dans l’ondulation et la respiration. Devenir instructeur c’est aussi le goût de la transmission, de l’accompagnement et du partage.

le wutao par Imanou

- A la rentrée je m’inscris également au Centre Génération-Tao pour pratiquer de manière régulière 3 disciplines effleurées pendant mon semestre à l’accueil du Centre: Art du Combat, Wutao et Souffle alchimique. De quoi se donner, se dépenser et faire circuler et harmoniser les énergies qui m’animent pour un mieux-être certain.

- La musique… aaaah la musique. J’ai récupéré récemment mon alto qui dormait depuis trop longtemps en Picardie. Il est temps de le refaire vibrer, je cherche d’autres personnes avec qui pratiquer, partager. Après une longue pratique du classique, je serai ravi de découvrir l’univers gipsy, tsigane, plus dynamique et vivant que mes premiers amours. Ce n’est pas une priorité pour moi, mais je sais et je sens que c’est un besoin profond, me reconnecter à la musique: Vibrer.

- Le chinois. Je sens le besoin de l’écrire ici, après avoir pris un seul et unique cours ce semestre, l’envie est toujours là, le temps difficile à trouver, mais cette langue m’attire profondément, et l’écrire me permet de constater que cette envie n’est pas morte. L’investissement ici est important, on verra avec le temps comment cela évolue.

Et puis aussi

En dehors de toutes ces activités, la recherche de la société d’abondance continue de m’animer, avec cette question profonde de la rareté et de l’abondance, comment ouvrir les yeux, la tête et le coeur? Ecrire sur la transition de l’ère industrielle à l’ère de l’information: la société de la connaissance. Comment prendre conscience de l’abondance? Comment partager, comment faire confiance et évoluer vers des modèles de répartition des richesses plus généreux. La veille quotidienne sur les sujets du numérique, des nouvelles organisations, des architectures d’animation de cercle ou d’événements, les business modèles en participation libre, le logiciel libre et les libertés en général.

Avec toujours cette ambition: servir en partageant les frais fixes et en participation de don libre pour la part variable.

Vaste programme… Voilà la direction, il n’y a plus qu’à parcourir le chemin… si vous souhaitez m’accompagner, ou partager un bout, soyez les bienvenus!

En avant!

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22/07/2010 at 00:52 Comments (4)

La nouvelle économie – Money and Life par Charles Eisenstein

Tout y est. Parfois, certaines personnes parlent si bien qu’il serait inutile de retranscrire leur discours.

Economie sacrée, économie du don, êtres connectés et reliés avec la planète. Démurrage / monnaies fondantes, dont la valeur décroît avec le temps, comme toute chose de la nature, Charles parle du coeur et ça se sent. Son discours est sincère et juste. 50 minutes en anglais à voir pour comprendre l’économie qui naît sous nos yeux. Comme il le dit si bien, pour certains il faudra attendre que celle qu nous connaissons aujourd’hui s’écroule, pour d’autres, certaines parties en sont déjà visibles.

J’aime beaucoup la partie sur le business model: économie du don, joie d’offrir, plaisir de recevoir, donner ce que vous voulez. C’est ce que nous avions fait à Génération-Tao à la soirée du 23 avril. Plus j’y pense, plus c’est clair que c’est comme ça que je souhaite travailler.

Prix transparents, coûts fixes, et choix du montant pour le reste, en fonction du plaisir et de la valeur estimée par chacun, et en fonction de ses possibilités. Ce qui est juste pour l’autre le sera pour moi. Je mettrai un jour des powerpoints sur slideshare  par rapport à cela que j’ai préparé il y a un temps déjà. Idem, un débrief de l’expérience de la soirée de Génération Tao est à venir.. En attendant, régalez vous avec cette superbe interview!

Charles Eisenstein from StormCloud Media on Vimeo.

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25/06/2010 at 02:20 Comments (3)

La réalité

Parfois, avec tous ces beaux projets, j’ai tendance à l’oublier.

Parfois, avec toutes mes utopies, j’ai tendance à croire à des mondes plus merveilleux.

Ce soir, j’ai recroisé la réalité. Entre Anvers et Louis Blanc, dans les rues de Paris, la réalité nous entoure, parfois on peut entrer en contact avec elle, délicatement.

2 personnes qui demandaient un sou pour acheter à manger, passant de tables en tables, alternant les demandes entre ticket restaurant, cigarettes et un euro. L’air triste, le ton juste correcte, ils partent comme ils sont venus, invisibles dans la nuit.

6 personnes qui dormaient sur des bancs, leur sac de vêtements à portée de main, telle une carapace d’escargot, tout ce qu’ils ont. D’autres dans des entrées d’immeuble avec leur sac de couchage, installés là depuis des mois maintenant. 3 dans ma rue. Parfois ils changent, parfois un autre apparaît en bas à la rôtisserie, et puis il redisparaît comme il est venu.

Les afghans occupent toujours les dessous du pont de la rue Louis Blanc entre Louis blanc et Colonel Fabien, tous les soirs depuis novembre ils font des feux. L’odeur en passant sur le pont attaque les narines, alors comme tous les passants, je jette un oeil pour voir où ils sont, ce qu’ils font. Deux groupes se regardent, de chaque côté du pont. Un bus Ratp passe vers 20h30, ils s’y regroupent. Pour partir? Pour arriver? Pour manger?

La journée ils oscillent entre les berges du canal et le parc de la grange aux belles. Que font-ils? Parlent-ils avec des français? Depuis combien de temps sont-ils là? Pour combien de temps encore? Qui sont-ils?

Les tentes et les matelas s’entassent, s’amassent. En dessous de Jaurès a pris place un véritable camping quechua. Ils ne disent pas un mot, n’interagissent que très peu avec les passants, mais ils sont là, dans nos rues. Nul ne sait d’où ils sortent, où ils vont. Ils sont là, dans la rue. Que leur est-il arrivé? Qu’ont-ils vécu? Est-ce que ce sont toujours les mêmes?

Le dernier, un irakien de 50 ans me demande une pièce. J’hésite à me retourner, sombre mine, heure tardive, on ne sait jamais. J’écoute mon cœur et j’y retourne: médecin à Bagdad, ici il fait la plonge à Saint Michel pour un restaurant grec. Propre sur lui, de petite taille, casquette sur la tête pour passer inaperçu, il bosse de 8 heures du matin à 1 heure du matin. 20€. Il me rappelle Fawzi, le père de Markus mon correspondant allemand, médecin en Allemagne.

Il dort à l’hôtel ibis. C’était son point de chute. 70€ la nuit. Il parle correctement le français, par chance appris avant d’arriver ici. Il est chauve, il me remercie. Il sourit. J’aimerai lui proposer plein de choses, j’ai envie de l’aider, mais il n’y a rien que je puisse faire ce soir qui change sa condition. Ses diplômes ne sont pas reconnus ici, il ne connait personne. Il me dit que je suis beau avec mes cheveux longs et que lui les avait long avant aussi. Il sourit à nouveau et me remercie, main sur le coeur. Je le remercie à mon tour, j’ai pas fait grand chose, mais il m’a touché.

Il y a 3 mois maintenant j’avais croisé un albanais à gare du nord. J’avais donné 2€ à son camarade qui vendait le guide des sans logis. Lui me demande 2€ aussi, je lui dis de partager avec son copain, il me dit qu’il n’y a pas de partage. Je suis gêné. Je veux comprendre. Je lui propose d’aller manger un grec en face et qu’il me raconte. Il a 19 ans, il est venu d’Albanie en voiture, il devait payer 100€ pour le voyage et finalement il s’en est sorti sans payer. Ses parents sont morts, il ne les a pas connu. Frères et sœurs, on ne sait pas. Il ne prend pas de frites, son estomac n’est pas habitué à manger autant, il ne préfère pas. Il parle pas mal français. Il a une tente en banlieue nord, quelque part paumée près d’autres tentes mais assez loin pour pas qu’on lui vole ses affaires. Il a froid le soir, il collecte de l’argent pour s’acheter une couette. Il vit seul. La journée il rejoint d’autres jeunes de l’est pour vendre “ensemble” ces magazines à la sortie de Gare du nord. Je finis les frites que j’avais commandé pour lui. Gêné. Il me donne 3 pounds pour me remercier, il les a récupéré d’un touriste, il ne peut rien en faire, gêné à nouveau, j’accepte et le remercie. On se prend dans les bras et on se quitte. Je lui dis que je passe de temps en temps, qu’on se reverra. J’ai envie de le revoir et peur en même temps, je ne sais pas quoi faire pour pas qu’il ne s’attache à moi. Et en même temps je veux lui apporter tout le surplus qui traîne chez moi et ne m’est d’aucune utilité. Lui proposer de venir chez moi, j’y songe, c’est risqué, j’ai honte, je ne sais plus quoi faire. Tétanisé entre ma générosité, mon égoïsme et mes schémas mentaux, je ne sais plus ce que je peux faire. Je lui dis à bientôt et je m’éloigne. Quel avenir? Quelle histoire? Quitter l’Albanie pour la gare du nord. Comment peut-il vivre seul, sans famille, dans un pays étranger dont il ne parle que si peu la langue? Où est-il aujourd’hui? Cela fait un moment que je ne l’ai pas revu. J’ai oublié son prénom. J’espère qu’il va bien.

Comment en sommes nous arrivés là?

Le monde marche sur la tête.

Dure réalité.

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26/05/2010 at 02:54 Comments (6)

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