Category Archives: New media

New medias are the way people connect together and organise a new form of journalism. 2.0 , social media, bookmarking, video and other augmented reality.

De la pyramide au réseau, prends ta place et entre dans la danse

L’internet et les nouvelles technologies n’ont pas créé la démocratie participative, l’économie du partage ou la création de nouvelles monnaies.
Ils ont simplement inversé l’asymétrie entre ceux qui possédaient les pouvoirs de décisions, les moyens d’échanger, les systèmes de contrôle et d’information et ceux qui en étaient les utilisateurs.

Avec le net, le transfert, le partage et la copie d’informations numériques à grande vitesse et à moindre coût, nous prenons conscience de tous les nœuds et flux de pouvoir que nous pouvons réécrire et reconnecter. Nous prenons conscience beaucoup plus vite car chacun publie, partage, avance sur ses thèmes respectifs et informe son entourage / ses partenaires de thème sur sa veille, ses trouvailles..
Les forums, wikipédia, le crowd-funding, le p2plending, le micro-crédit international, le mouvement du logiciel libre, le budget collaboratif, les pages facebook, protéi, les réseaux, wikileaks, snowden, les indignés, les révolutions arabes..
Nous sommes maintenant capables de veiller, de créer de manière décentralisée et asynchrone avec des équipes internationales motivées par leur volonté de faire de leur mieux pour créer.
Transférer un pouvoir d’un type d’instance vers le peuple, partager telle responsabilité entre un élu ou d’autres individus, organiser un forum, animer une équipe projet devient un jeu d’enfant.
En nous donnant accès à tous à ces outils, en nous permettant de voir les liens, nous densifions notre nombre de relations, la distance de ces relations et devenons des pieuvres sur les sujets que nous scannons respectivement. Chacun devient le phare d’un thème, d’une problématique et nous nous faisons passer les infos de façon organisée et non coordonnée. En se spécialisant sur un thème on peut rapidement avoir accès aux meilleures thèses, articles, vidéos, auteurs sur le sujet, signalées, taggées, twittées par le réseau de veilleurs en français et dans d’autres langues. Les contacter, les rencontrer est à portée de main.
Le pouvoir social de la foule internationale présente sur le web permet de se synchroniser, de faire passer des informations rapidement, des messages de paix, des pétitions, des nouvelles oubliées des médias.
Le rapport de force prend alors une autre tournure car la foule commence à parler et à s’éveiller à son pouvoir de s’organiser, de communiquer, de s’indigner de façon synchronisée et médiatisée même quand les médias principaux font le black out.
Son pouvoir de créer un autre système, de s’organiser d’une manière indépendante avec de nouveaux liens apparaît plus proche et plausible. Sa capacité à essayer plein de stratégies et voies différentes nourri l’intelligence de l’ensemble et son auto-apprentissage. Prenant conscience de sa propre capacité d’organisation, elle se mit alors en chemin. Le net accompagnant cette prise de conscience que les outils sont là, les connaissances aussi et qu’il n’y a plus qu’à le faire et se mettre en mouvement.

Ces pouvoirs existaient avant mais leur contrôle était tel qu’il était impossible de lutter contre le haut de la pyramide.
Ce que permet l’internet c’est de créer un nouveau réseau de liens à la fois humains, de chaînes d’informations, de communautés centrée sur des valeurs, d’organiser avec des outils équivalents à ceux de nos dirigeants la société dont nous rêvons sans aller contre eux. Nous pouvons jouer sur un autre terrain. Définir et mettre au point sa distribution des pouvoirs, son partage des richesses et des savoirs, ses valeurs propres, son rêve commun d’humanité.

Tout le reste, nous l’avons déjà.

à tous mes collègues de Quake, frefrafac, OuiShare, SEML, IRC, Netvibes, Twitter, Facebook, diigo, Freemen, Crouzet, du groupe Monnaies complémentaires, des nombreuses listes de diffusions de veilleurs, des réseaux de réseaux et des chatlist skype
Merci pour toutes vos infos, les projets co-créés à distance, les ping malins et les liens partagés.
Si vous voulez donner 2 mots clés dans votre commentaire, chacun peut faire sa cueillette de liens sur des thèmes à suivre, des personnes à rencontrer, des passions communes
Simples humains, nous sommes riches de nos liens!

Running for TED Prize, I have a Wish

Following my TEDx Talk in La Défense 14th June, Didier Chambaretaud got me motivated and proposed me to do the TED Prize competition 2013. After taking my time and thinking how to enter this new challenge, here is my choice in this new path.

About TED Prize

Individuals give their inspiring Wish to change the world and an action plan to make it real in 3 years. There is 1 million$ to win in order to help the project’s development. What is expected from these extraordinary individuals : vision, charisma, leadership & pragmatism. The wish needs to be ambitious. These individuals need a distinguished Trackrecord aswell as an existing organisation to develop the Wish :

My Wish is to empower Humanity to create diversified monetary systems, guided, set-up, controlled by Human Holistic Values.

In order to develop this creative idea, the project must be collaborative and extend your own work. TED & the different communities will help create the project core infrastructure. The 3 biggest criterias are past accomplishments, Strength of the Wish & the Execution Plan.

There are two ways to get nominated : proposed yourself or get proposed by other people. As I’m young and new in this kind of projects, I need your help : I’m asking you to propose me for the TED Prize 2013.

Etienne @ La Défense

One of the specificity required in order to win is collaborative work, I think I’ve shown this already with my work in my business school where i was in lead of the clubs. I also covered this part with all my video games activities. My last actions in this kind of field is all I created with SEML (Sweet Electronic Music Lovers), this Music community driven by a spirit & the community.

I might be young but I believe in what I do. I might be young but I believe in who I am. I might be young but I know the strenght of my wish, there is nothing more powerful to me then heal humanity in its illness about money and monetary system. We need to find back Values, to set these values together, to speak about it, to define and configure systems that respect us, humans aswell as the Earth.

We need to transcend our fear of not having enough. There is enough on this earth for us all :  we need to open our eyes to see it, open our brains to organize it and open our hearts to share it.

I might be young, but the cause I’m carrying can’t wait.

Some brazilian complementary currencies notes

 

Your vote can contribute to show my motivation and my ability to convince people.
I hope you can support me and the cause of diversified monetary systems!

Here is the link to the page to nominate me. Choose your own reference and link the video you want, I’m not running for quantity, just for authentic & qualitative support.

It is essential to me and it makes me infinitely happy to walk on this path.
Thank you from the bottom of my Heart.
Etienne Zoupic

TEDxLaDéfense : des monnaies pour nous relier

Le 14 Juin à la Défense, j’ai participé au TEDx sur le thème Humanisme et Profit. Etant définitivement centré sur les Richesses et la monnaie, j’y ai présenté mon parcours, mes prises de conscience et mes choix par rapport à l’aliénation de notre système monétaire. Il y a des solutions, elles fonctionnent, elles n’attendent que nous! En avant ;-)

 

Petit retour en arrière.

Avant d’arriver sur la scène d’un TED, il faut le préparer. J’aimerai remercier les personnes qui m’ont coaché, accompagné et suivi sur ces 2 mois. Elles sont au nombre de 4, elles ont eu des rôles différents et bien complémentaires. Elles m’ont permise, chacune à leur façon de révéler le nectar de mon message : celui que je suis venu délivré, celui qui est juste pour moi et celui auquel je crois.

Les coachs de l’organisation TEDxLaDéfense

 

Didier Chambaretaud

Didier Chambaretaud, coach sur le fond

Didier m’a aidé à cadrer mon message. Choisir là où je pouvais aller et là où je n’étais pas légitime. Sans jamais m’imposer il m’a juste conseillé et m’a écouté. Il m’a aussi aidé à blinder les angles chiffrés sur lesquels je n’avais pas envie d’insister. C’est aussi lui qui a équilibré mon talk entre la partie sur ce qui ne va pas pour développer plus la partie orientée solutions. Didier a suivi tous les speakers avec un coaching très personnalisé, un vrai régale. Il a également animé son blog en le nourrissant de ses rencontres avec les intervenants. Vous y trouverez une autre présentation de moi et une belle entrée en matière sur le sujet des monnaies qu’il avait faite à l’époque de notre rencontre.

Son blog : http://didierchambaretaud.blogspot.fr/

 

Phil Waknell

Phil Waknell, coach sur la forme

Phil m’a aidé à rythmer mon talk. Le regard, la tonalité, la variation dans le flow, Phil est expérimenté grâce à son métier chez ideas on stage. Trouver les parties, avoir une boucle qui touche, les mots de la fin. Comme un superviseur de la “tenue” du talk en tant que tel sans regard du contenu. Magic, inspiring et dont on se souvient. Si à la sortie de la répète le public ne se souvient de rien, c’est perdu.

Son blog : http://philpresents.wordpress.com/

 

Les coachs maison ;-)

 

Imanou Risselard

Imanou Risselard, coach sur l’espace et le souffle

Comment occuper l’espace, comment asseoir ma présence sans m’effondrer? Comment toucher jusqu’à la dernière personne du dernier rang, les mots, les souffles, les coupures entre les parties? Co-créatrice du Wutao et de la Transanalyse avec Pol Charoy, Imanou a également pratiqué le théâtre. Elle m’a aidé à sentir des choses très subtiles qui m’ont beaucoup aidé, au niveau de la posture et de l’attention notamment. Lorsque nous répétions au lieu que le talk tienne en 15 minutes, nous arrivions à 45 minutes. Je ne manquais pas de m’inquiéter sur la faisabilité de le réduire un jour à 15 minutes.. Et puis le jour J, la transe de la scène aidant, ça passe… comme par magie..

Le site du Wutao : http://wutao.fr/-Les-createurs-du-Wutao-.html

 

 

 

Pierre Serra, coach sur l’invisible

Pierre Serra

Pierre m’a accompagné avec des séances de Reiki dans cette aventure. Peu perceptible à l’image et indescriptible à l’écrit, la présence de Pierre et les séances m’ont permis de me centrer, de trouver une force en moi pour délivrer ce message ô combien personnel et de m’affirmer dans ma Voie. Pierre travaille en participation consciente, ce qui m’a aidé à me poser des questions sur la Valeur des choses et cela contribue à nourrir ma réflexion et mon expérimentation sur les monnaies et les modèles économiques innovants.

 

J’aimerai donc remercier du fond du cœur ces 4 personnes de l’ombre, qui n’apparaissent pas pendant les 15 minutes de ma prestation et qui pourtant ont largement contribué au résultat. Merci Didier, merci Phil, merci Imanou et Merci Pierre !

Mille Mercis !

J’aimerai remercier Christine Neveu de Citizen Can, co-créatrice de l’événement et Maxime Bruniquel, chef de projet sur l’organisation de l’événement. Ils l’ont rendu possible et lui ont donné cette chouette couleur et cette perfection que beaucoup ont ressenti sur place : une orga NIQUEL et ultrapro. Merci! Merci aussi pour toute l’organisation des séances de rencontres avec les intervenants, le soin apporté à la relation, merci pour toutes ces attentions précieuses.

Bien sûr il y a les Valeureux : Christophe et Sybille qui m’ont soutenu et supporté pendant toute l’aventure, présents le jour même, leur regard d’experts et leur bienveillance m’ont aidé à trouver la justesse de mon propos.

J’aimerai aussi remercier Chloé, qui m’a écouté et encouragé pour cadrer, ajuster et progresser tout au long de cette aventure.

J’aimerai enfin remercier toutes les personnes qui m’ont soutenu, de près ou de loin, au quotidien ou juste par la pensée, ceux qui ont cru en moi, qui m’ont donné des filons, des tuyaux ou simplement des retours, ceux qui étaient avec moi quand je suis passé. Merci à Vous!

Voilà une belle étape, l’aventure continue… à suivre, ici, sur facebook et dans la vraie Vie ;-)

Sacred Economics, le court film à propos du livre

Charles Eisenstein est un leader hors pair. Par son travail personnel, ses livres et sa façon de raconter les choses, il nous parle de l’économie sacré.

Ian MacKenzie est un vidéaste incroyable. Par son positionnement et ses images, il capte le meilleur pour nous offrir des prises de consciences directes avec émotion garantie.

Ensemble, ils ont réalisé un film court de 12 minutes pour reprendre le contenu du livre Sacred Economics.

La suite se passe dans vos coeurs. à vous!

 

Sacred Economics with Charles Eisenstein – A Short Film from Ian MacKenzie on Vimeo.

SEML, naissance d’une onde

Il y a près d’un an, fatigué de partager des tracks de musique électro sur les murs facebook de mes amis Vincent et Mathieu Ribault, je décide de créer un groupe, un endroit où chacun viendra apporter et puiser dans le pot collectif. Pour faire sourire et donner la couleur, je cherche un nom qui représente l’intention de départ. Ce sera un groupe où nous, amoureux de la musique électronique, partagerons les tracks les plus douces qui nous font vibrer : un groupe ouvert sur l’autre et sur la rencontre à travers la musique.

Sweet Music Electronic Lovers était né.

 

Logo voté par la communauté suite à un concours avec 20 logos proposés et plus de 100 votants. Crédits : Hugues Duplessy

 

Commencé à 3, puis 4, puis 5, chacun va progressivement inviter ses amis à rejoindre le groupe : la communauté prend alors forme. Un esprit unique et pourtant si simple : le partage des bonnes trouvailles et des petits délices, la joie de faire découvrir ou de retrouver des chansons qui nous chatouillent les oreilles, nous font onduler la colonne ou nous délient les jambes.

1 an plus tard, nous sommes plus de 700 à partager au quotidien ces petits cadeaux.

Ainsi, SEML existe pour nous permettre le partage et la découverte de ces pépites, et inviter à la rencontre de ces autres amoureux que nous côtoyons sur le groupe. Notre mission en tant que créateurs et administrateurs du groupe est de garder cet esprit et de fournir des supports pour que l’esprit fleurisse.

Le reste se fait tout naturellement.

Electronic Music Lovers : ok, mais Sweet c’est quoi ?

Puisque définir l’esprit de ce qui est Sweet et de ce qui ne l’est pas est très subjectif, voici un petit tour d’horizon réalisé par nos membres aguerris qui sauront vous faire déguster leur préparation. Bon voyage !
La playlist est à découvrir sur le blog du Phonographe.

Le groupe Facebook

Le groupe Facebook : http://www.facebook.com/groups/s.e.m.lovers/
Le Soundcloud avec les dernières mixtapes : http://soundcloud.com/s-e-m-lovers

Au-delà de l’aventure du groupe, c’est aussi une aventure sympa pour moi, de poser une gouvernance avec les amis avec qui j’ai créé le groupe, de trouver un modèle de transparence vis-à-vis de la communauté, de trouver une répartition des richesses qui rende à la communauté autant qu’elle nous donne et de vivre, appliqué à la musique électro, ce que je prône dans des univers différents. Expliquer aux différents acteurs que partager et dupliquer ne vide pas de la valeur, mais au contraire, renforce les liens.. expliquer aux DJs et aux fans que ce qu’ils font à de la valeur pour les néophytes, que nous avons besoin les uns des autres… bref une chouette aventure qui vit son bout de chemin.

2011. Action! du global au local

La première décennie de ce 21ème siècle a été le déclencheur des troubles accumulés et de la tendance que notre monde a suivi ces 60 dernières années. La crise du subprime en tête, qui entraînerait avec elle la fin du système tel que nous le connaissons. Petite fissure qui engouffra des milliards de dollars et lança la première pierre dans l’alignement de dominos que représente les institutions qui gouvernent encore ce monde. La suite on la connaît, mais selon les médias où l’on s’abreuve quotidiennement et la confiance que nous avons en l’humanité, elle prend des couleurs plus ou moins différentes. Je vais essayer de vous dire ce que j’en pense et ce que je ressens plutôt que de vous dire ce que ce sera. Aussi, j’aimerai à la fois pouvoir traiter de ce que je vois à une échelle globale pour revenir plus bas sur mes projets.

2011.

2011, c’est l’accélération. Tout va plus vite. Les prises de conscience se traduisent en action, en vagues, en mouvement. Wikileaks est apparu, le secret a disparu. Irréversiblement, le paysage change. Si la première décennie a vu l’apparition à une vitesse incroyable des puissances de l’Internet, aujourd’hui sur un terreau fertile j’observe un mouvement d’émancipation sur Internet,qui fait face à une volonté de sens contraire de contrôle des institutions en place. La deuxième décennie utilise ces outils et ces nouvelles solutions pour établir de nouveaux usages, de nouvelles pratiques et un nouveau moyen d’accès à l’autre, aux médias, à l’information et à la liberté.

Les puissances gouvernantes ont montré leurs limites. Chaque jour leur incapacité à gérer ce qu’elles pouvaient encore cacher hier se fait de plus en plus criante. Les challenges de demain ne seront pas résolus en haut. C’est à nous de trouver, pas à pas, jour après jour, ensemble, notre solution pour un monde plus en accord avec ce qui nous inspire. Alors que le mur de fumée essaye de nous faire avaler que la crise est passée, le mur du dollars s’effondre, et avec lui la puissance hégémonique des USA. C’est une chance. L’opportunité de redessiner la carte des relations mondiales. Une chance pour les citoyens américains de prendre leur juste place et de faire entendre leur voix dans un système qui les a eux aussi avalé. Une chance pour nous de voir ce qui s’est passé et d’apprendre de cette expérience pour ne pas répéter les erreurs.

Redessiner le monde

Dans mes rêves, je vois un monde où nous avons le choix. Un monde où nous faisons ce choix, et un monde où nous vivons ensemble, en paix et en harmonie avec la nature. Je sais que nous y arriverons. Pouvoir vivre librement de nos passions, offrir aux autres ce que nous aimons faire. S’épanouir de nos créations et construire ensemble une société où l’Humain retrouve sa place dans le monde. Un monde où nous pouvons aider notre prochain et servir le collectif sans se sentir l’exception. Un monde où nous arrêtons de penser que nous sommes en compétition, un monde où nous pouvons avancer ensemble plutôt que les uns contre les autres. Souvenez vous qui vous êtes. Souvenez vous d’où vous venez.
Nous avons besoin de 3 choses pour y parvenir: ouvrir les yeux pour constater que nous avons déjà tout ce qu’il faut, ouvrir le cerveau pour penser cette organisation et enfin ouvrir le cœur pour pouvoir le partager ensemble. Tout est déjà là. Ce qui nous en empêche ne sont que nos propres limites. Le reste est une question de temps, l’évolution est déjà en marche et bien peu de choses peuvent l’arrêter. Nous y parviendrons un jour, j’en ai l’intime conviction. Et cela arrivera bien plus vite que nous le pensons.

Les vagues

Tous ces pays qui se libèrent, qui bougent me font vibrer. L’actualité que je lis est celle d’un monde en mouvement, un monde qui se réveille à sa propre lumière, comme après une longue gueule de bois et qui se rend compte que c’est possible, en fait. Que ça l’a toujours été. Le temps est venu. Le grand chamboulement est à l’œuvre et je sens que nombre de changements irréversibles vont se produire, nous avons attendu bien longtemps avant de commencer, mais nous sommes au bord du gouffre et il ne s’agit pas cette fois de faire marche arrière, mais bien de sauter dans le vide avec la confiance que nous pouvons voler. Tout lâcher. Nos peurs, nos limites et notre envie de savoir à quoi ressemblera demain, notre besoin de routine et de quotidien. Quelque chose d’autre nous attend.
C’est en osant sauter, en faisant ce pas que nous nous libèrerons et entrerons dans un monde où nous réalisons que nous savons voler. Personne ne nous l’avait dit, mais c’est écrit en nous. Quelque chose au fond de nous le sait, mais nous ne voulons pas y croire, nous avons perdu cette foi, cette magie, cette force illimitée qui fait de nous des êtres humains. Il est temps de puiser au fond de ce qui fait de nous des humains pour redécouvrir qui nous sommes vraiment.

Du Global vers le local

Si c’est encore à la télé que la plupart d’entre nous observent encore ces changements qui nous paraissent si loin, c’est à chaque coin de rue qu’ils apparaissent, dans notre quartier, dans notre ville, encore à l’ombre des projecteurs. Il ne faut pas croire que ça ne se passe que là-bas, ailleurs, loin de nous. Ce changement agit partout où nous sommes et passe par nous. J’ai envie de citer Colibris, mouvement citoyen qui raconte l’histoire du colibris qui fait sa part pour éteindre l’incendie. Pas à pas, geste par geste, les comportements changent, les réflexes se transforment, nous changeons.

Stéphane Hessel, Edgar Morin, Patrick Viveret, Paul Jorion et Marc André Luyckx, ces “papis” qui font de la résistance et qui se révèlent au grand public confirment la préparation d’un terrain favorable au changement. Ils ne sont que les révélateurs d’une forêt qui s’ignore encore partiellement. Autant de signaux qui nous indiquent que l’heure est venue. Ce sera bientôt à nous de jouer.

Mes projets, mes avancées

Comme vous le savez peut-être j’ai commencé à travailler début janvier chez Emmapom, une agence de relation presse nouvelle culture. Ce monde existe, il est vibrant et ne cesse de grandir. Je suis ravi de pouvoir y apporter ma pierre et découvrir de nouvelles composantes. La semaine dernière j’étais dans le Sud de la France où j’ai d’abord assisté à un colloque de recherche sur les monnaies complémentaires à Lyon puis 3 jours près de Genève au Tiocan où nous avons réfléchi aux outils pratiques pour favoriser le développement de ces monnaies avec Community Forge. Encore une fois, l’heure n’est plus à la prise de conscience mais à l’action. La BD augmentée sur les monnaies complémentaires publiée avec Owni vient de sortir, le dossier spécial alternatives économiques sur les indicateurs de richesse paraîtra fin février, je sens que ces idées avancent et reçoivent un écho de plus en plus large. Le livre sur l’innovation monétaire auquel j’ai contribué avec Jean-Michel Cornu est sorti également après avoir été diffusé progressivement sur internet actu.  Autant de graines et de transformations de projets qui donnent envie de faire autrement, qui disent pourquoi et comment. Autant d’invitations à écrire le prochain chapitre ensemble.
Prochaine étape pour moi, créer une banque du temps pour échanger des services sur Paris. Un moyen d’échanger autrement, une façon de faire connaissance et de contribuer à s’enrichir mutuellement et de partager avec les autres ce que nous aimons faire.

Serons nous prêt à temps quand notre tour viendra, quand tous les projecteurs seront sur la France, ce pays qui fut jadis  pays des droits de l’homme? Serons nous à la hauteur de ce que le monde attend de nous. Saurons nous honorer nos frères et sœurs de tous les pays et de tous les continents? Saurons nous trouver au fond de nous, cette énergie qui nous anime et nous permet de nous accomplir pleinement? Pour le savoir il nous faudra sauter.

Sommes nous prêts?

Monnaies complémentaires, BD augmentée: La richesse est ailleurs

J’ai travaillé avec Owni et préparé la sortie d’une BD augmentée sur le sujet de la richesse et des monnaies complémentaires.

C’est un projet excitant qui nous a pris environ un mois pour présenter sous forme ludique et pédagogique, ce qui se passe au niveau de la création monétaire, comment sortir d’un côté passif pour devenir acteur d’un changement.

J’essaierai de faire un post plus détaillé plus tard, et si possible d’intégrer la BD ici.

Voici, par ailleurs le lien: http://app.owni.fr/bd-augmentee/

Un grand merci à l’équipe d’Owni: Julien, Sylvain, Claire, Romain, Nicolas, James, Logui et François notre dessinateur sans qui cette aventure n’aurait pas été possible.

Une version anglaise est au programme. Faites tourner!

Thierry Crouzet confond le média et le message

C’était censé être un commentaire sur le blog de Thierry Crouzet. C’est finalement un billet.

Pour comprendre le tout, il vous faut connaître Crouzet, et son expérience inédite. J’avais déjà fait un billet pour recommander l’alternative nomade, que je vous recommande encore, ce billet n’est pas du même type, il surfe sur l’actualité de Thierry, apporte une réponse qui rejoint d’autres problématiques et parle en même temps de la nouvelle que j’ai quand même aimé.

Ce billet est une réponse à une mini accusation et ce qui est pour moi une confusion: cf les 2 posts de Thierry:  le 2.0 sans la réciprocité c’est l’hyper capitalisme et la conne haine du marketing.

En 2 mots, pour replacer le commentaire dans son contexte, Thierry est multitâche avec notamment pour qualité le fait d’être une grande gueule. Il écrit un livre en collectif auto-constitué de façon éphémère, ils partagent les revenus, ils font plein de prix différents selon le support choisi pour la vente pour une nouvelle de 55 pages. Je lui répond et accroche surtout sur la partie marketing et mise en avant du produit, confusion des messages. Comme vous le verrez, entre la nouvelle (qui est à lire/télécharger/acheter), l’expérience inédite qui vaut la peine d’être saluée, la gamme de prix et le geste marketing, on ne sait plus de quoi Thierry veut que nous parlions vraiment. Pour moi son travail est intéressant, mais crier et dépenser toute cette énergie quand la nouvelle met juste l’eau à la bouche, je demande la suite et qu’il arrête de nous bassiner avec le procédé. Je veux le contenu!

Je suis un peu surpris. Je me sens limite coupable quand je te lis. En fait, j’ai d’abord téléchargé le pdf en me disant encore une aventure de Thierry, je suivrai ça quand j’aurai le temps. Et puis après s’être vus à paris et avoir réentendu parlé du pdf, je me suis dit que je ferai l’effort de le lire.

J’étais assez surpris parce que ça m’a pris maximum 35 minutes et que j’ai bien aimé le style, le décor, l’histoire, mais je n’ai pas non plus eu un orgasme interstellaire. Ca m’a fait rire de croiser les personnages avec des bouts de réalité de ta vie. J’ai bien aimé la façon d’écrire et d’affirmer des choses, grâce au style SF qui sont peut-être dur à faire passer au quidam aujourd’hui.

Après l’avoir lu, je me suis dit que je ferai un billet, quand j’aurai le temps, pas tant pour soutenir l’initiative complexe qui est intégrée dans l’expérience mais plus pour la mini histoire.

Au final, je n’ai toujours pas pris le temps, et c’est plus en voyant tes posts ici que ça me fait réagir, mais non pas sur mon blog, mais plutôt ici, via ce commentaire.

Je suis un peu d’accord avec 000, pour ma part il y a un rapport de temps, ça m’a pris 35 minutes de lire la thune, j’ai dû passer au moins 1 heure à lire des billets et commentaires concernant l’aventure, écrire un article me prendrait aussi 30 minutes..

Marketing ou pas marketing, je ne sais pas, si j’étais toi j’irai poster sur des forums, sur des groupes facebook, faire du push, aller apporter votre travail sur les sites et aux endroits où il pourra toucher un public. Mais je ne raconterai pas deux histoires: la nouvelle + l’aventure. A la limite j’inclurai l’expérience inédite et l’histoire des prix et de la donation sous forme de licence sur mesure en annexe du pdf comme Jorion le fait avec une * pour son presslib, mais séparé ça fait trop d’informations. Il faut des messages simples et clairs. Tu veux parler de quoi, de la nouvelle? de l’expérience? de l’équipe? du prix? Qu’est-ce que tu mets en avant et pourquoi?

Communication:
émetteur – message – cible.

Après pour l’histoire de la publicité et la liseuse, c’est un appat, OK, les langues de pute sont les premiers à venir chier dessus. L’inverse aurait été 1) j’avais envie d’écrire un article dessus 2) si en plus je peux gagner une liseuse pourquoi pas. Bien dans mon cas, mais pour les autres, plutôt que de clarifier autant tirer dans le tas et crier au loup, c’est plus simple pour elles.

Les AMAPs quand elles viennent sur un marché ne disent pas pour se faire connaître “si tu envoies un mail à ton réseau en me mettant en copie, je peux te faire gagner un presse agrume” le produit, la qualité, la confiance et la relation parlent d’eux-même. Tu auras la même chose quand le produit, le public et le reste seront mûrs. C’est un peu facile d’accuser le manque de répondant de la blogosphère et de crier plus fort à chaque fois que l’écho n’est pas suffisant. Les légumes prennent du temps pour pousser, leur clientèle aussi, ce n’est pas en tirant dessus que ça pousse plus vite.

Ce qui m’étonne le plus dans tout cela ce sont les maigres 132 téléchargements gratuits. Ont-ils eu peur que tu saches qui télécharge sans payer et que tu fasses un beau listing dans un prochain billet? on peut s’attendre à tout avec toi…

Surpris aussi que tu n’ai pas fini ton travail de propulseur.. Owni, qui crosspost tes articles bien tranquillement quand ils brillent assez,  pourrait être un bon partenaire pour une appli à la con de transformation en epub ou que sais-je ou un bon crosspost pour soutenir ton expérience. Cela ne les intéresse pas? Propose une pige inédite sur l’auto-édition numérique, ou un dossier, sois payé et fais toi ta pub en directe avec la une. Nicolas te doit bien ça.

Là tu as un réservoir de lecteur pour lequel tu donnes depuis un moment que tu ne peux pas laisser passer. C’est aussi ça propulser sous toutes les formes. Ne pas juste pousser un texte et gueuler sur les bloggueurs, mais montrer que tu as fait le maximum pour tout arracher et alors les bloggueurs te suivront aussi car tu auras créé la vague suffisamment grande pour que tout le monde en parle.

Au final Thierry, j’ai deux envies, la première de lire un texte plus long sur cet univers que tu décris dans la thune, plus détaillé, plus fourni, en savoir plus sur ce monde, ses contraintes, comment on en est arrivé là, plus de détails sur la technologie et les possibilités, dans la thune tout va si vite et il y a tellement de chose qu’à la fin je m’y perds un peu. L’autre envie c’est de vous aider pour la réflexion marketing et le push une fois le produit fini lors d’un prochain essai.

Et mon commentaire serait aussi qu’on ne peut pas attendre un retour incroyable avec juste une nouvelle, une expérience, une fois. Cela prend du temps et du travail pour mettre en place quelque chose de nouveau et solide, ce n’est pas à force de gueuler ou de faire des articles autour de la thune chez toi que tu feras changer le sens du vent. Donc arrose, patiente et écris nous d’autres textes!

Valeur et monétisation à l’ère du numérique

Après avoir lu le billet de Philippe Scoffoni sur le logiciel libre et le don je vois que nous n’avons pas fini de traiter de ce sujet.

Problématique moderne et transversale

Depuis la globalisation d’Internet, cette problématique devient de plus en plus prenante puisqu’elle chamboule l’ancien modèle mais aussi parce qu’elle nécessite des changements de comportements. La force de ce sujet est aussi qu’elle est transversale, dans la musique, dans le cinéma, dans la photographie, dans la littérature, dans la programmation, elle touche tous les domaines qui se sont fait numérisés ou qui peuvent l’être. Ainsi alors que chacun cherche dans son coin, par rapport à des publics cibles différents, dans le fond la question reste la même:

Comment partager ses œuvres avec un maximum de personnes tout en assurant une durabilité pour le créateur et en limitant au maximum la barrière à l’entrée?

Comment

Le pourquoi est assez simple à deviner, le comment n’est pas encore résolu, il s’agit de trouver une ou des méthodes concrètes qui marchent et ont été expérimentées.

partager ses œuvres

Nous sommes des animaux sociaux, nous vivons pour partager, diffuser et échanger, s’isoler est aujourd’hui devenu un non sens. L’individu au cœur de la civilisation cherche et développe sa créativité pour pouvoir en faire bénéficier l’Humanité tout entière.

avec un maximum de personnes

Dans le cadre du numérique, nous avons bien compris que le bit peut se copier, se déplacer et se diffuser à une vitesse toujours croissante pour un coût toujours plus faible. Cette équation augmente chaque jour, les disques durs, la bande passante et les processeurs ne cessent d’être améliorés, et parallèlement leurs coûts diminuent éternellement. Nous sommes bien à l’heure de l’abondance.

tout en assurant une durabilité pour le créateur

Sans parler uniquement de sécurité financière, il s’agit de trouver le feedback de retour suffisant pour permettre à l’individu d’être reconnu pour son travail et soutenu pour pouvoir continuer à le faire. Dans le changement d’ère que nous connaissons de plus en plus de personnes quittent le monde industriel et commercial pour vivre pleinement de leur passion, entrer dans le(s) domaine(s) d’activité qui leur permettent d’être complètement créateur et heureux. Ainsi il ne s’agit plus d’avoir un pied dans  l’entreprise et l’autre, la nuit tombée, dans le domaine qui le passionne mais bien de pouvoir être et vivre pleinement sa passion.

en limitant au maximum la barrière à l’entrée?

Étant données les propriétés du numérique, le coût marginal de l’œuvre qui tend vers zéro, l’objectif est de profiter de ce terrain favorable pour ne pas mettre de barrière à l’entrée. Si l’on souhaite partager avec le plus grand nombre alors chaque centime à l’accès réduit cette possibilité. Si idéalement je préfère l’absence de barrière à l’entrée: la gratuité, je formule plus doucement pour encourager la diminution du prix.

Des éléments clés

J’ai déjà donné des éléments ou exemples qui se font et qui marchent, alors je préfère énumérer quelques pistes de blocages qui en disparaissant faciliteront la résolution de notre problématique ou au moins permettront à un maximum de personnes d’être heureux de créer et d’utiliser leur potentiel pour vivre de leur passion en la partageant avec tous.

La peur

Dans cette transition, comme dans tout changement, il y a une grande peur de l’inconnu, de la remise en question, construire de nouveaux modèles, tester et avancer vers l’inconnu. Pour de nombreux pans de l’économie, cela correspond à une faille énorme dans leur business model, en fait, c’est même la fin de leur raison d’être. C’est certes l’évolution et c’est une excellente chose lorsqu’on libère les moines copistes pour utiliser les premières machines à imprimer, vu d’ici, mais aujourd’hui ceux qui voient leur raison d’être en danger sont pétrifiés par l’idée qu’ils doivent se recycler, évoluer ou disparaître.

Ils freinent donc à fond et sont les premiers détraqueurs de cette problématique moderne, ils luttent contre et feront ainsi jusqu’à leur dernier souffle. C’est à la fois compréhensible et triste. Paradoxalement, ils se sentent touchés et intéressés lorsqu’il s’agit d’un des domaines connexes à leur profession où leur métier n’est pas en danger, mais si l’on parle de leur domaine alors la menace refait surface.

L’autre aspect dangereux guidé par la peur est qu’étant en place dans l’ère industriel, ils ont encore des moyens de pression pour entraîner avec eux des lobbys et des lois pour favoriser leur situation et retarder la sentence.

La peur c’est aussi celle de nous imaginer tous capables de créer et d’être utiles à la société. C’est une image en laquelle beaucoup de nous ne veulent pas croire aujourd’hui, et

Des solutions à portée de main: les Creative Commons, le Logiciel libre

La rareté

Depuis de nombreux siècles l’Homme a grandit en conquérant des territoires, des ressources et en maintenant tout ce dont il s’est emparé sous son contrôle. Comme le disait Adam Smith l’économie est la gestion des ressources rares, il conseillait à l’époque si vous vouliez du pouvoir, de ne pas essayer de vendre de l’eau car c’était encore une ressource abondante. La rareté fait le prix, la rareté entraîne l’argent et la frustration, le désir et la luxure, et permet de contrôler beaucoup de choses. Beaucoup de nos réflexes économiques sont par définition basés sur la création, le développement et la gestion de la rareté.

Ayant grandis dans cette dynamique, nous sommes façonnés mentalement comme des animaux, à croire que tout est rare et qu’il faut se battre pour avoir accès, ou pour contrôler l’accès (pétrole?), comme si notre survie dans le quotidien ou sur le marché en dépendait. C’est donc en chacun de nous et dans les gènes de notre société qu’il faut trouver les ressources pour évoluer, grandir, développer la conscience et ouvrir les yeux et le coeur pour constater que nous n’avons plus de bonnes raisons pour nous taper dessus ou garder des secrets.

A un niveau plus simple et concret, “je ne vais pas faire de don car l’argent est rare et je ne vois pas pourquoi je le ferai alors que l’accès est gratuit. Je préfère laisser les autres payer. Je vais profiter de la gratuité tant que ça le sera”.

Des solutions à portée de main: le dividende universel, les monnaies complémentaires

La conscience

Finalement, que ce soit la peur ou la rareté il s’agit d’un saut d’évolution de conscience, comme une reprogrammation de notre code, de notre façon de penser, d’agir et de vivre ensemble. Le temps est une des ressources clés pour voir à quelle vitesse se feront ces changements, la crise aidant, les fissures vont devenir des brèches qui finiront par éclater. Je ne vois pas de marche arrière possible, plus nous allons vers un raidissement et une pénurie, plus nous avançons à reculons, plus l’urgence et l’envie d’une autre civilisation fera sens. Elle ne fera pas juste sens, elle deviendra évidence.

Storyus.fr & moi, le duo prend forme

Je vous l’avais dit, j’ai rencontré Dominique Nugues via ce blog, et puis tout est allé très vite. En 15 jours nous nous mettions d’accord sur ce que nous allions faire, comment  nous pouvions interagir et cocréer une émission qui parle des flux verticaux, historiques, religieux, de conscience et d’inconscient au travers des siècles, et puis les flux horizontaux, qui sont plus ma spécialité: énergie, environnement, économie etc..

Storyus de Dominique Nugues

Quelques mois après, storyus.fr naissait et nous avons réalisé deux enregistrements. Storyus est donc l’initiative de Dominique Nugues. Grâce à l’outil radio, il navigue à la recherche d’intervenants, d’informations pour partager et éclairer les problématiques modernes en liant la culture et l’esprit, le visible et l’invisible. Il est très actif au niveau local, en Normandie, acteur social et culturel, en lien avec les actions et les politiques qui s’agitent là-bas.

Nous avons fait un premier enregistrement sur la musique, l’histoire du support musical et la numérisation, comment tout ceci a évolué radicalement depuis la naissance du bit et du digital. Rareté et abondance, comment les deux mondes communiquent et ce que cela implique pour les business model qui s’effondrent aujourd’hui comme la presse, la musique etc.. Vous trouverez

Impact du numérique sur l’industrie de la musique

Vous verrez que Dominique travaille méticuleusement et sépare les parties, en enrichissant le contenu avec des introductions, et parfois des médias, de la vidéo, du texte, des liens pour approfondir la ballade.

De ces échanges est né un partenariat, qui nous lie dans un lien réciproque de confiance, nous nous aidons, moi à communiquer sur sa radio, son travail et à le mettre en lien avec les initiatives et les acteurs qui seraient susceptibles de l’intéresser, et lui diffuse mes travaux. Dominique diffuse sur radio bazarnaom, une web radio normande sympathique.

Les monnaies complémentaires

Récemment, Dominique me recontacte pour me faire parler des monnaies complémentaires. Il a l’intuition que c’est un sujet clé, mais il ne sait pas bien en parler ou ne se trouve pas légitime pour appuyer ses idées auprès du conseil régional avec qui il a rendez-vous. Il me demande si on peut enregistrer un échange, qu’il diffusera alors à ses intervenants. J’accepte avec grand plaisir, et c’est le début d’un échange de 45 minutes sur la monnaie, l’économie, les SELs, le SOL, les subprimes, l’optimisme qui m’habite et qui me donne confiance dans l’avenir. Nous balayons d’un sujet à l’autre en zoomant du global au très local, je me perds dans les chiffres exactes du ratio de Bale, les proportions de masse monétaire et autres chiffres que je connaissais autrefois par coeur, peu importe, l’esprit est là, la couleur est donnée. A écouter tête reposée! Vos commentaires et questions sont les bienvenus!!

Les monnaies complémentaires – Interview pour storyus.fr by zoupic

Storyus – zoupic, une histoire à suivre…

D’autres façons de donner, de recevoir, de remercier

Alors que je cours à droite à gauche, je prends le temps de me poser un peu pour vous donner un petit 360° de quelques initiatives trouvées à droite à gauche initiant d’autres façons de rémunérer les échanges.

the pirate bay: Flattr

La première, très excitante vient de the pirate bay: Flattr.

Catégorie: Solution de don, système de remerciement en euros des oeuvres numériques.

Je choisis un montant mensuel que je souhaite reverser aux artistes que j’aime. Ensuite je clique sur un bouton apposé à l’oeuvre ou un article dès que je veux le remercier. A la fin du mois, mon montant est divisé par le nombre de clics effectués.

Avantage: Permet de profiter de l’abondance numérique, clics à volonté. Créée une façon de remercier les auteurs jusque là très souvent ignorés. Il est plus facile de mettre la main à la poche avec un montant fixe mensuel que de sortir la CB à chaque donation.

Inconvénient: Comme on le voit dans la vidéo, le petit bonhomme donne son gâteau, il ne reçoit rien d’autre que le plaisir d’avoir remercié, c’est déjà ça me direz vous, mais quand on aime les feedbacks positifs, on pourrait faire mieux.  Il faut donc éduquer et encourager à donner sur le support numérique.

Pay2you du Crédit Mutuel

Le concept de pay2you est assez simple, vous permettre de payer quelqu’un grâce à son numéro de téléphone.

Catégorie: Moyen de paiement monétaire technique innovant

Vous devez une somme inférieure à 150€ à quelqu’un, vous avez la flemme de lui apporter ou de faire un virement, entrez juste son numéro de téléphone sans frais et la personne devra s’inscrire pour lier son téléphone avec son compte. Rien qu’au fait qu’on ne puisse exporter leurs vidéos, on sent qu’ils ne sont déjà pas trop dans le même esprit que l’équipe pirate bay.

Avantage: Simple, gratos, pratique, facile, il remplit bien sa fonction.
Inconvénient: C’est un gadget bancaire pour compléter les moyens de payer, pas beaucoup plus.

Karmawish

Karmawish est un site où vous venez faire un voeux, écrire une demande, déposer une intention et les autres peuvent vous aider.

Catégorie: Système d’échanges non monétaires, basé sur la solidarité et l’entre-aide

L’idée est basée sur la solidarité: d’abord je dois aider quelqu’un par rapport à sa demande, ce qui me permettra ensuite de publier mon voeux et d’être à mon tour aidé. Le site est vraiment fluide et sympa, l’équipe derrière a enfin l’air jeune et humaine. Pas de projet de business plan, de monétisation ou autre, ici on garde l’énergie d’aider l’autre, quelle que soit sa demande.

Avantage: Simple, facile d’accès, permet de connecter et de rencontrer d’autres personnes proche de chez nous comme à l’autre bout du monde. Proposer une autre façon de faire des échanges et de s’entre aider.

Inconvénient: Limité par la diversité des voeux et des géolocalisations. Probablement très puissant s’il rencontre plus de succès.

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Voilà pour notre petit tour des innovations et sites qui bougent dans les autres formes de monétisation, d’échange et de rémunération de la valeur sur le Net. En tout cas, une chose est sûre: ça bouge!

Duo sur les flux avec Dominique Nugues

Depuis mon billet qui lançait un appel j’ai trouvé une personne avec qui créer sur le sujet des flux. Il s’agit de Dominique Nugues, que j’ai rencontré sur la plateforme de journalisme digital owni.fr et avec qui nous avons très vite vibré pour la même vision: l’heure est grave, mais nous avons les moyens de jouer et faire notre part,  retroussons nos manches en souriant et agissons!

Un drôle de duo

Dominique à plus du double de mon âge, il a grandi à Caen en Normandie dans les ruines de la seconde guerre mondiale. Si j’aime à dire que je connais bien les flux horizontaux (économie, énergie, environnement), lui a beaucoup étudié et s’intéresse aux flux verticaux, dans un cadre plus historique, courants de pensée, religions, mouvements collectifs politiques conscients ou inconscients..

Dominique a fait de la radio et maîtrise complètement les outils de prise de son. Par contre, pour ce qui est d’installer un add-on pour skype, ça me rappelle tout de suite notre différence de génération et m’invite à l’humilité. Si j’excelle pour configurer quelques fichiers où il bloque, il m’éblouit par sa connaissance et sa culture dans les domaines musicaux des années 60. Nous apprenons l’un de l’autre et c’est un régal de servir et d’aider, comme d’apprendre et d’être nourri.

Si nous sommes d’accord au niveau du bilan de la situation, nos expériences et nos façons de comprendre les choses n’en sont pas moins complémentaires. C’est ce qui me remplit et me stimulee dans cette construction que nous faisons en ce moment: elle a lieu en 2 temps, le premier est un texte qui servira de base, un pdf sûrement, sur lequel nous posons un regard commun par rapport au monde qui nous entoure, sans jugement de “c’est bien” ou de “c’est mal”, mais comme état de la situation et point de départ de l’action. Le deuxième temps a en réalité déjà commencé puisqu’il s’agit ici de faire une émission de radio, podcast ou dialogues enregistrés et diffusés sur un site appropriés. Alternant histoire et actualité, numérique et imprimerie, l’an 2000 et l’an 1500, (pour schématiser) nous naviguons entre nos domaines de connaissances pour alerter et confirmer ce message que je répands déjà amplement dans ces pages: Internet a tout changé. Entrer dans l’ère de l’information avec les clés nécessaires pour ne pas se planter, aller dans le sens de l’évolution, apprendre de l’histoire, voilà des éléments cités au hasard qui me semblent bien représenter ce que nous défendons.

Notre duo a donc un aspect complémentaire fondamental qui légitime son aspect enrichissant. Au-delà de cela, c’est également une super expérience pour moi d’avoir quelqu’un d’une autre génération avec qui parler et échanger sans utiliser un langage de martien. Parler le madame Michu ou s’approcher d’une cible de grand public permet de redescendre du monde de la branlette intellectuelle qu’il est très facile d’atteindre. Des mots simples, des exemples simples, du concret, terre à terre, fini les billets en blocs sur des théories fumeuses, on parle ici de diffusion audio au plus grand nombre.

Avant c’était différent

15 jours ont suffi entre la diffusion de mon message, notre connexion, notre rencontre, la mise à plat de nos compétences, envies et valeurs. Après avoir brièvement discuté du temps disponible de chacun, nous avons trouvé notre socle commun, et voici l’aventure lancée. 15 petites journées ont fait de nous un duo, dans la simplicité et la complicité de cette aventure dont nous n’avons aucune idée où elle nous mènera. L’action, pour nous aujourd’hui, c’est simplement de parler et diffuser ce message, que tout est possible. Rien de nouveau sous le soleil me diront les habitués d’Internet. Ca fait toujours bien de le rappeler et de montrer à quel point ce ne sont plus des mots en l’air. It is real.

à suivre

Voilà, ainsi ce termine ce petit billet d’humeur comme j’en fais si rarement. Je vous tiens au jus dès que notre spécialiste ingénieur son aura coupé, retouché, retraité les bandes et qu’elles seront déposées délicatement sur un site qui vous ouvrira ses portes. Dans un futur proche il sera envisageable de broadcaster live également.. on en reaparlera.. Pour le pdf, c’est un texte plus profond, plus travaillé.. il trouvera sa force dans une certaine maturité, mais n’ayez craintes, ces cadeaux ne sont pas faits pour rester enfermés, il sera un jour libéré…

Créer de la richesse, la mesurer, l’échanger, la faire circuler

Dans mon billet sur gérer l’abondance, gérer la rareté qui compare les deux modes de partage et de gestion des richesses, je me frottais aux différences que l’on trouvait dans chacun des mondes et comment jouer sur ces différences. Comme le foot en salle ou en extérieur sont deux disciplines dont le but reste le même, toute la pratique consiste à développer la technique adaptée au terrain.

Pour ma part, dans la rareté ou l’abondance, je cherche à partager des richesses avec un maximum de personnes, de façon durable. Je cherche à partager ce que je créée tout en recevant quelque chose en retour qui me permette de vivre sur le long terme. Comment jouer sur chaque terrain en fonction de ses contraintes? Comment utiliser le terrain à mon avantage pour démultiplier les effets de ce partage dans l’abondance?

Dans une de mes analyses, je disais que l’artiste qui se reconnecterait avec sa communauté de fans se débarrasserait des intermédiaires et serait en prise directe avec son public de fan qui le soutient. En effet, je ne fais ici que reprendre les analyses de certains experts disant que nous passons d’une économie de la distribution à une économie de l’attention.

Le capital de départ - L’outil de production

Donc dans l’abondance, offrir et partager avec le plus grand nombre ne me coûte presque rien car le coût marginal est quasiment nul: le coût marginal est le prix pour fabriquer une unité supplémentaire. Dans le cadre du numérique, on sait comme cela est facile de faire un copier coller. Ce qui va donc me coûter c’est mon investissement initial avec mes coûts fixes.

Prenons un groupe de musique, il lui faut bien les instruments, le studio, tout le matériel pour enregistrer dans de bonnes conditions. Prenons un bloggueur, il lui faut un pc et éventuellement une caméra ou un bon appareil photo. Pour les codeurs il leur faut un pc. Pour ceux qui font de la vidéo, des clips, du bon matériel photo/vidéo ainsi que de bons ordinateurs.

En terme d’outil de production, d’investissement de départ, il faut une certaine somme. Si on prend un studio de télé collaborative comme techtoctv, on est là dans une autre gamme de prix, avec tout le matériel, l’investissement de base est conséquent, mais le coût marginal reste faible. Si on prend owni, le site, son design, la construction, le serveur l’hébergement, l’entretien, là encore on a un capital de départ plus un coût d’entretien.

Fait intéressant: dans l’économie de l’abondance, les outils de production appartiennent au monde matériel, gérés par l’économie de la rareté. Les deux mondes sont bien liés et l’un dépend de l’autre. On ne peut les considérer séparément. De même, les circuits de distribution dans l’abondance dépendent bien des règles des tuyaux qui permettent aux contenus de naviguer. Comme l’opérateur téléphonique peut écouter ou couper une conversation, le FAI peut lire tout ce qui passe sur votre ligne.

Une fois acceptée les règles du capital de départ, nous entrons dans l’économie et la gestion de l’abondance, les portes s’ouvrent…

Le partage et la barrière à l’entrée

On  n’a rien sans rien. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

Quoi que l’on fasse, que ce soit gratuit ou non, quand on donne quelque chose, on en retire forcément quelque chose en retour, si ce n’est pas monétaire ou quantifié en argent, on peut le mesurer en attention, en temps, en nombre de pages vues, en audience, en réputation, en plaisir, en bonheur etc..

Prenez ce blog. Vous ne payez rien à l’entrée. Pourtant vous payez. Vous payez avec votre temps, avec votre attention, avec votre envie de lire la suite, avec vos clics vous me donnez des informations sur ce qui vous intéresse, avec un commentaire vous m’aidez à construire mon raisonnement, à tester mes hypothèses, à encourager mon travail. Vous n’avez rien payé en euros, mais vous m’avez donné quelque chose en retour. Nous procédons à un échange. Mon temps contre le votre, mes questionnements contre votre intérêt, ma réflexion contre la votre. Nous échangeons, débattons éventuellement sur ce qui peut constituer les modèles d’échanges de demain, et ce faisant nous sommes déjà dans une forme d’échange spécial.

Mettre une barrière à l’entrée serait fermer cet espace qui porte mes idées et ma parole à l’écrit. Cela ne m’intéresse pas, je cherche à les diffuser, à les partager et à les faire voyager aussi loin que possible. C’est un aspect colonisateur de l’homme que je suis. Les laisser voguer à travers les twitts, les retweets et les autres trackback pour aller s’éclater contre les idées des autres. Chercher, rechercher ensemble ce qui pourrait fonctionner demain pour permettre à l’énergie investie de revenir, aux échanges de se faire d’une autre manière.

Je cherche donc à répandre mes idées sur le net et à les faire s’entrechoquer avec d’autres courants. Comment obtenir un retour qui me permettent de vivre?

Tendre la main

Je donne avec une main, je reçois avec l’autre

Paul Jorion a innové dans ce domaine en créant une licence: presslib qui accompagne chacun de ses textes. Un petit paragraphe accompagne chacun de ses textes:

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Chaque article est partagé, libre d’accès, mais doit être accompagné de cette mention qui fait le lien avec la case départ: la boîte à donation basée sur le site de monsieur Jorion. Principe de viralité assurée, il démultiplie la force de son message.

C’est à dire que si en plus de donner et partager mes analyses et billets, j’ajoute un paragraphe qui permette de tendre la main et passer la casquette pour ramasser quelques pièces, j’ai mon flux de feedback qui me permet de voir ce que vaut mon travail. Comme le guitariste dans le parc, comme le musicien dans le métro, comme la messe, comme le clown dans la rue, j’offre d’abord mon service, ce que je sais faire, je le partage avec tous sans barrière à l’entrée et je propose qu’on me rémunère ensuite, librement, en fonction de ce que ça vous a apporté.

En plus de donner son texte et de partager sa connaissance, Monsieur Jorion y ajoute un brin de conscience, il éduque son public et lui explique sa philosophie. Comme la licence GPL (General Public Licence) entraîne une viralité pour tous ceux qui utilisent des logiciels libres développés, sa licence se diffuse et peut se répandre à travers Internet de façon simple et gratuite tant que le paragraphe presslib y est accolé, et c’est ce que paye le lecteur: la conscience du travail fourni, et la possibilité de le rétribuer en fonction de ses besoins.

Ayant rencontré Paul la semaine dernière, il m’a confié que c’était souvent les mêmes qui participaient.: la communauté, les riverains comme les appellerait Rue89. Ceux qui habitent et travaillent sur le blog presqu’autant que lui, ceux qui vivent dans les commentaires, ceux qui en bénéficient et en profitent au maximum. D’une certaine façon ce sont devenus des actionnaires, sauf que les deux parties sont libres. Paul Jorion est libre d’écrire ce qu’il veut, n’ayant pas de patron, une personne face à qui se tourner pour connaître la ligne directrice du blog, et les membres donateurs sont libres de le faire quand bon leur semble. La transparence les lie avec un rapport semi-mensuel environ de l’état des donations. On retrouve là une grande similitude avec Wikipédia. Libre et interdépendants. La boucle de circulation de la valeur est bouclée. Pérennité assurée jusqu’à ce que l’une des parties n’y trouve plus son intérêt.

Comment stimuler sans capturer? Comment créer de la richesse de façon vertueuse?

Profiter des lecteurs, de leur temps et de leur attention pour les faire participer à la tâche: construire ensemble, co-créer.

Plutôt que de les tracer silencieusement, de les observer depuis le back office, de les statistiquer, si je leur donnais la possibilité de s’exprimer? De qualifier ce qu’ils trouvent, de classifier, de tagguer, de ranger? N’est-ce pas déjà la stratégie de google, flickr, youtube, diigo qui délivrent un service gratuit et utilisent leurs utilisateurs et la longue queue pour améliorer, trier, ranger les données pour améliorer l’utilisation de tous: un véritable travail de fourmi. A l’aide d’un flux de rémunération parallèle, ils récupèrent de quoi vivre.

Démultiplier: Je donne la ressource, vous la diffusez.

Mesurer: Je produis des idées, vous testez leur cohérence.

Trier: Je publie des contenus, vous les classifiez.

Échanger: J’investis de l’énergie pour construire une structure, vous investissez de l’énergie pour la maintenir en vie, l’améliorer.

Tester la pérennité: Je partage mes contenus de façon ouverte, je demande aussi une rémunération en échange, vous me donnez la réponse.

Partager les revenus: Je reçois une rémunération, je la réinvestis dans le blog et dans mon travail, vous en profitez à nouveau.

Eclairer: Je déclare mes intentions, vous connaissez mes revenus et mes besoins.

La suite on la connaît: winner takes all. Le premier qui fournit un service gratuit et performant attire toute l’attention et on ne parle plus que de lui, car la communauté est là-bas. Les nouveaux arrivants filent vers ce service sans se soucier de la concurrence. Le premier qui ouvre et partage gagne l’attention et les projecteurs. Ensuite s’installe  une lutte pour vivre dans la durée.

Pour ne pas capturer, ils doivent jouer la carte de l’open: pas de barrière à l’entrée, pas de barrière à la sortie. Chaque membre doit pouvoir prendre ses affaires et s’exporter vers un autre service librement s’il n’est plus satisfait. Alors pour stimuler le client, je dois l’encourager à participer, à construire avec moi cette plateforme, à la partager avec lui, l’aider à s’impliquer, lui donner une voix, compter et valoriser son travail comme je lui demande de valoriser le mien. Il partira parce qu’il y a mieux ailleurs, il reviendra car il est ici chez lui. Il aura construit une part de ces fondations. Une partie de lui est ici. Nous sommes liés, libres et liés.

La communauté améliore la fluidité des échanges

La communauté gagne toujours, l’union fait la force

Dans les mouvements du logiciel libre, de la musique, de la peinture, des arts, des écrivains, des blogs on retrouve cette même base: la communauté. Un éco-système, le premier cercle qui protège, alimente et nourrit une idée, une philosophie. Seul vous n’avez aucune chance. Entourez vous d’une communauté que vous nourissez et qui vous nourrit, bâtissez un échange viable qui enrichisse chacune des parties et alors vous développerez plus que des idées. Comme nous l’avons vu chez Paul Jorion ou chez Rue89, ce sont les membres les plus proches qui participent et assurent la viabilité. Il reste probablement des participations marginales de personnes qui passent et découvrent le site, mais c’est réellement le premier cercle qui fournit l’apport vital au noyau. C’est également ce premier cercle qui contribue à la diffusion vers les autres cercles, qui deviendront peut-être un jour contributeurs.

1) Qu’est-ce que j’apporte à ma communauté?

2) De quoi ai-je besoin?

3) Qu’est-ce que m’apporte ma communauté?

4) De quoi a-t-elle besoin?

5) comment fluidifier nos échanges, pérenniser notre relation, avancer ensemble de façon libre et interdépendante?

Pour le prochain billet, je répondrai à ces questions, alors vous pouvez dores et déjà réfléchir à ce que je vous apporte, et à ce que vous pouvez m’apporter qui ne me viendrait pas à l’esprit (monétaire et non monétaire..)

Apprendre à gérer l’abondance

En école de commerce, j’ai appris à gérer la rareté:

Trouver une idée géniale, la breveter, mettre des barrières à l’entrée, consolider un projet. Comme on vit dans un monde qui tourne avec l’argent rare, pour le rendre beau et avant d’investir trop dans un projet, il faut savoir s’il intéressera quelqu’un à l’achat, ce que l’on apprend avec une étude de marché, des sondages, une prise de température du marché. Une fois qu’on a préparé notre produit pour pouvoir descendre dans l’arène, on choisit la stratégie: à qui on le vend, combien, comment, pourquoi, dans quel contexte et puis la question éternelle: comment créer le besoin et susciter le désir?

Le but est donc avec une idée, un investissement minimum de trouver un marché maximum avec un prix et une rentabilité maximisée.

Ce qui est rare dans ce contexte, c’est peut-être l’idée, sûrement le produit, sa recette, ses secrets de conceptions, son accès et son mode de construction.

C’est rare car je choisis de le rendre rare au début, en mettant des barrières à l’entrée, afin d’avoir un monopole, de garder le contrôle et d’être le seul à posséder le secret d’accès  à cette ressource. L’information c’est le pouvoir. C’est rare car si je le partage avec tous, je ne suis pas sûr d’obtenir encore suffisamment d’entrées d’argent, si je le partage, la pureté du processus peut être déformée, dénaturée, ne plus respecter mes critères ou ma façon de voir. Si je partage et donne l’autorisation aux autres de le modifier, de le retoucher et de faire des bénéfices avec, je prends un risque: je lâche un peu du contrôle et du pouvoir que j’avais pris. Souvent, ce qui m’empêche de partager, c’est la peur de manquer. Exprimer d’une autre façon c’est récolter les gains que j’ai engendré: j’ai réfléchi, j’ai pris des risques, j’ai convaincu des investisseurs, alors pourquoi ne pas en profiter?

Bien, la gestion de la rareté, on connaît, on sait bien faire, nous sommes nés dedans.

En fait, quand je dis gestion de la rareté, il faut d’abord reconnaître que nous avons appris à créer de la rareté. Ce faisant nous avons augmenté la valeur de nos produits artificiellement. Ce qui est rare est cher dit le proverbe, si je révèle le secret, je perds mon avantage, mon pouvoir sur l’autre. Donc je crée de la rareté pour me créer du pouvoir, car j’aime ça, ou plus simplement, j’en ai besoin.

Ce que j'ai que tu n'as pas me rend heureux

Je me rappelle mon enfance, si je prêtais mon nouveau jouet à un ami, alors c’est comme si le jouet ne m’avait pas été offert, et que je n’avais pas de raison d’être heureux par rapport à mon ami, puisque je partage le jouet avec lui. Nous créons et quantifions notre bonheur par rapport à l’autre, et non avec l’autre. Ainsi plus j’en ai par rapport à l’autre, moins je me sens mal, ou en tout cas, moins je me pose de questions sur pourquoi j’ai besoin d’en avoir plus.

Piste de réflexion pour plus tard: comment créer et quantifier mon bonheur AVEC l’autre?

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Plus emmerdant maintenant, comment gérer l’abondance?

Depuis quelques années, nous nous rendons compte avec Internet et la dématérialisation que la copie est une multiplication d’un produit. A chaque copie que je réalise, je crée une nouvelle pièce, proche de l’originale, utilisable, modifiable, et tout ça pour un coût proche de zéro, emmerdant non? Ceux qui avaient l’habitude de pas prêter leurs jouets se retrouvent sur le cul, d’un coup, leurs jouets sont potentiellement à la disposition de tous. Que faire? Ce qui se passe grâce à l’internet et à la dématérialisation est crucial, car en nous rendant compte des règles que nous adopterons pour l’immatériel et l’abondant, ça remet également en cause les règles que nous avions établi pour le matériel supposé rare.

Dans la gestion de la rareté, je mettais des barrières à l’entrée, suscitais l’envie, et faisais payer pour l’accès, l’entretien, le service etc… Quid de l’abondance?

Si les barrières sont inutiles, puisqu’il est démultipliable, si l’accès est possible à tous car sa copie est facile, alors l’immatériel devient comme l’air ou comme l’eau. Il est difficile de le quantifier, de le mesurer, de dire ce qui appartient à qui. Pourtant il a bien un créateur.

Le produit immatériel (CD, MP3, DIVX, Livre numérique, PDF, Slides, Code source, Photo etc..) une fois créé et libéré ne peut plus être mis en cage. Les bits veulent être libres nous disait Chris Anderson dans Free. Ce que cela veut dire est que le rapport de force entre payer le prix d’entrée et faire sauter la barrière à l’entrée est perdu d’avance en défaveur du créateur. Quelque soit son choix, le bit voudra être libre, et le créateur devra lâcher le contrôle, partager son œuvre avec tous.

La différence principale des produits ou idées basées sur des économies de l’abondance par rapport à l’économie matérielle est que les coûts de propagation, de multiplication et distributions sont très faibles. Les coûts de création varient encore, pouvant aller du code très complexe et cher, du traité de recherche avec les frais du labo  à l’ordinateur et aux 3 logiciels libres qu’utilise un groupe de musique qui produit son album tranquilo.

Reprenons donc, les coûts de distribution sont relativement faibles et continuent de diminuer et les coûts de création varient très amplement d’un produit à l’autre. Si on essaye de mettre des barrières à l’entrée: code, label, copyright, sécurité, DRM, on suscite un désir plus fort. On suscite un désir, mais également une frustration, car ça ne coûte pas plus cher de partager le jouet avec d’autres. La différence dans l’immatériel est le marché qui, par le transport des données et des flux d’informations touche une cible plus large, plus internationale de façon immédiate. Sur la base des mécanismes de gestion de la rareté que nous avons: plus le créateur dépense et investit d’argent et de temps dans son produit, plus il va vouloir le chérir et le protéger pour en tirer un bénéfice maximum, ce faisant il va créer un énorme désir chez les consommateurs qui vont investir beaucoup de temps pour s’unir, s’allier et faire sauter le verrou. C’est ce qu’on observe avec le partage des œuvres protégées, et c’est bien normal. Puisque l’accès et la distribution peuvent être rendus possibles à tous moyennant un travail d’équipe (certes hors la loi), on voit émerger une force collective sans tête qui vise à un seul but: partager cette création, faire sauter les barrières. Pour le matériel, cela représentait du vol, car il fallait se déplacer et aller dans la boutique pour voler une version de l’œuvre ou du produit. Pour l’immatériel, la multiplication ou copie ne coûte pas plus cher, plus le produit est bon plus la tentation est grande, la barrière qui empêche s’amenuise, rien ne peut retenir l’envie de culture, la soif de connaissance, la curiosité, le besoin de partager. L’immatériel remet tout en cause: le bit est plus volatile que l’atome, il a beaucoup plus de liberté et ne supporte pas le contrôle.

Création     —  Distribution —  Réception


Seulement, dans cette économie de l’abondance, on ne fait pas la différence entre le dernier star wars, dont le budget est monstrueux et le groupe de musique du coin. Les énergies investies à l’entrée ne sont pas les mêmes. On peut essayer de faire la différence, en sensibilisant le consommateur final, mais pour le toucher, il faudrait d’abord qu’il reprenne confiance, pour cela, il faut lui donner, et ne pas lui prendre, il faut lui partager, sans publicité, sans intention autre que de lui faire un cadeau. C’est quand les comportements changent, que l’on en vient à se poser des questions, pourquoi cette inversion subitement, pourquoi le prochain film serait-il donné, avec prix libre, partage de la prise de risque sur son financement? Il faudra du temps que ça change, mais les premiers qui s’y essaieront s’allieront avec leurs publics. Les autres iront dans une lutte de contrôle et seront de plus en plus raide au lieu de s’ouvrir et de se remettre en question.

Les besoins et investissements de départ étant complètement différents à des mesures bien diverses, il serait temps que la transparence et la cohérence fassent leur apparition et nous donnent les chiffres qui nous permettront de savoir combien cela coûte réellement. Si je connais le besoin et l’investissement original d’un groupe que j’adore, je saurai à quelle hauteur les soutenir et j’arrêterai de pirater leur musique. Je ne veux pas qu’ils deviennent millionnaires, juste les remercier honnêtement pour leur apport et leur permettre de continuer à vivre et développer leurs créations.

Seulement, dans un monde où l’argent est rare, j’ai plus de temps, de passion et de curiosité à recevoir et écouter les créations des autres que d’argent pour les soutenir à la hauteur de leurs besoins réels. (oui, ça se complique, sinon ça serait trop simple) On note donc au passage qu’il nous faut nous libérer de la rareté artificielle de l’argent (média de mesure et d’échange des richesses), pour pouvoir trouver des systèmes libres, abondants et non centralisés de gestion de l’argent.

“Je désire pouvoir apporter mon soutien à ce créateur, de quelque façon que ce soit, autrement qu’en lui donnant des euros, ressource que j’ai en quantité limitée. Cependant j’ai du temps, de l’énergie et des qualités que je dois pouvoir lui offrir pour contribuer à la rétribution du bonheur reçu.”

De fait, le créateur qui est malin stimulera, sensibilisera, rassemblera, et investira l’énergie de la communauté qui l’écoute, l’aime et l’adore. Il créée ainsi un flux direct auto alimenté: son auditoire sont ses investisseurs, il prend en main la gestion de la distribution et fait sauter tant que possible les intermédiaires dans le but de réduire au maximum ses coûts.

Dans tous les cas, pour ce qui est de la certitude de récupérer l’énergie investie. Il n’y en a jamais eue. La seule solution est de transformer le risque que nous prenons en Amour de l’art, en volonté de partage et alors, ce ne sont pas des euros ou des revenus matériels que nous récolterons, mais une joie bien plus immense et profonde, d’avoir servi, partagé et créé pour l’humanité, ce que nous savons faire de mieux, avec Amour.

La co-création permet le partage