zoupic – le propre de l'Om

Création du futur: il est temps de passer au prochain stade de l'Humanité

2011. Action! du global au local

La première décennie de ce 21ème siècle a été le déclencheur des troubles accumulés et de la tendance que notre monde a suivi ces 60 dernières années. La crise du subprime en tête, qui entraînerait avec elle la fin du système tel que nous le connaissons. Petite fissure qui engouffra des milliards de dollars et lança la première pierre dans l’alignement de dominos que représente les institutions qui gouvernent encore ce monde. La suite on la connaît, mais selon les médias où l’on s’abreuve quotidiennement et la confiance que nous avons en l’humanité, elle prend des couleurs plus ou moins différentes. Je vais essayer de vous dire ce que j’en pense et ce que je ressens plutôt que de vous dire ce que ce sera. Aussi, j’aimerai à la fois pouvoir traiter de ce que je vois à une échelle globale pour revenir plus bas sur mes projets.

2011.

2011, c’est l’accélération. Tout va plus vite. Les prises de conscience se traduisent en action, en vagues, en mouvement. Wikileaks est apparu, le secret a disparu. Irréversiblement, le paysage change. Si la première décennie a vu l’apparition à une vitesse incroyable des puissances de l’Internet, aujourd’hui sur un terreau fertile j’observe un mouvement d’émancipation sur Internet,qui fait face à une volonté de sens contraire de contrôle des institutions en place. La deuxième décennie utilise ces outils et ces nouvelles solutions pour établir de nouveaux usages, de nouvelles pratiques et un nouveau moyen d’accès à l’autre, aux médias, à l’information et à la liberté.

Les puissances gouvernantes ont montré leurs limites. Chaque jour leur incapacité à gérer ce qu’elles pouvaient encore cacher hier se fait de plus en plus criante. Les challenges de demain ne seront pas résolus en haut. C’est à nous de trouver, pas à pas, jour après jour, ensemble, notre solution pour un monde plus en accord avec ce qui nous inspire. Alors que le mur de fumée essaye de nous faire avaler que la crise est passée, le mur du dollars s’effondre, et avec lui la puissance hégémonique des USA. C’est une chance. L’opportunité de redessiner la carte des relations mondiales. Une chance pour les citoyens américains de prendre leur juste place et de faire entendre leur voix dans un système qui les a eux aussi avalé. Une chance pour nous de voir ce qui s’est passé et d’apprendre de cette expérience pour ne pas répéter les erreurs.

Redessiner le monde

Dans mes rêves, je vois un monde où nous avons le choix. Un monde où nous faisons ce choix, et un monde où nous vivons ensemble, en paix et en harmonie avec la nature. Je sais que nous y arriverons. Pouvoir vivre librement de nos passions, offrir aux autres ce que nous aimons faire. S’épanouir de nos créations et construire ensemble une société où l’Humain retrouve sa place dans le monde. Un monde où nous pouvons aider notre prochain et servir le collectif sans se sentir l’exception. Un monde où nous arrêtons de penser que nous sommes en compétition, un monde où nous pouvons avancer ensemble plutôt que les uns contre les autres. Souvenez vous qui vous êtes. Souvenez vous d’où vous venez.
Nous avons besoin de 3 choses pour y parvenir: ouvrir les yeux pour constater que nous avons déjà tout ce qu’il faut, ouvrir le cerveau pour penser cette organisation et enfin ouvrir le cœur pour pouvoir le partager ensemble. Tout est déjà là. Ce qui nous en empêche ne sont que nos propres limites. Le reste est une question de temps, l’évolution est déjà en marche et bien peu de choses peuvent l’arrêter. Nous y parviendrons un jour, j’en ai l’intime conviction. Et cela arrivera bien plus vite que nous le pensons.

Les vagues

Tous ces pays qui se libèrent, qui bougent me font vibrer. L’actualité que je lis est celle d’un monde en mouvement, un monde qui se réveille à sa propre lumière, comme après une longue gueule de bois et qui se rend compte que c’est possible, en fait. Que ça l’a toujours été. Le temps est venu. Le grand chamboulement est à l’œuvre et je sens que nombre de changements irréversibles vont se produire, nous avons attendu bien longtemps avant de commencer, mais nous sommes au bord du gouffre et il ne s’agit pas cette fois de faire marche arrière, mais bien de sauter dans le vide avec la confiance que nous pouvons voler. Tout lâcher. Nos peurs, nos limites et notre envie de savoir à quoi ressemblera demain, notre besoin de routine et de quotidien. Quelque chose d’autre nous attend.
C’est en osant sauter, en faisant ce pas que nous nous libèrerons et entrerons dans un monde où nous réalisons que nous savons voler. Personne ne nous l’avait dit, mais c’est écrit en nous. Quelque chose au fond de nous le sait, mais nous ne voulons pas y croire, nous avons perdu cette foi, cette magie, cette force illimitée qui fait de nous des êtres humains. Il est temps de puiser au fond de ce qui fait de nous des humains pour redécouvrir qui nous sommes vraiment.

Du Global vers le local

Si c’est encore à la télé que la plupart d’entre nous observent encore ces changements qui nous paraissent si loin, c’est à chaque coin de rue qu’ils apparaissent, dans notre quartier, dans notre ville, encore à l’ombre des projecteurs. Il ne faut pas croire que ça ne se passe que là-bas, ailleurs, loin de nous. Ce changement agit partout où nous sommes et passe par nous. J’ai envie de citer Colibris, mouvement citoyen qui raconte l’histoire du colibris qui fait sa part pour éteindre l’incendie. Pas à pas, geste par geste, les comportements changent, les réflexes se transforment, nous changeons.

Stéphane Hessel, Edgar Morin, Patrick Viveret, Paul Jorion et Marc André Luyckx, ces “papis” qui font de la résistance et qui se révèlent au grand public confirment la préparation d’un terrain favorable au changement. Ils ne sont que les révélateurs d’une forêt qui s’ignore encore partiellement. Autant de signaux qui nous indiquent que l’heure est venue. Ce sera bientôt à nous de jouer.

Mes projets, mes avancées

Comme vous le savez peut-être j’ai commencé à travailler début janvier chez Emmapom, une agence de relation presse nouvelle culture. Ce monde existe, il est vibrant et ne cesse de grandir. Je suis ravi de pouvoir y apporter ma pierre et découvrir de nouvelles composantes. La semaine dernière j’étais dans le Sud de la France où j’ai d’abord assisté à un colloque de recherche sur les monnaies complémentaires à Lyon puis 3 jours près de Genève au Tiocan où nous avons réfléchi aux outils pratiques pour favoriser le développement de ces monnaies avec Community Forge. Encore une fois, l’heure n’est plus à la prise de conscience mais à l’action. La BD augmentée sur les monnaies complémentaires publiée avec Owni vient de sortir, le dossier spécial alternatives économiques sur les indicateurs de richesse paraîtra fin février, je sens que ces idées avancent et reçoivent un écho de plus en plus large. Le livre sur l’innovation monétaire auquel j’ai contribué avec Jean-Michel Cornu est sorti également après avoir été diffusé progressivement sur internet actu.  Autant de graines et de transformations de projets qui donnent envie de faire autrement, qui disent pourquoi et comment. Autant d’invitations à écrire le prochain chapitre ensemble.
Prochaine étape pour moi, créer une banque du temps pour échanger des services sur Paris. Un moyen d’échanger autrement, une façon de faire connaissance et de contribuer à s’enrichir mutuellement et de partager avec les autres ce que nous aimons faire.

Serons nous prêt à temps quand notre tour viendra, quand tous les projecteurs seront sur la France, ce pays qui fut jadis  pays des droits de l’homme? Serons nous à la hauteur de ce que le monde attend de nous. Saurons nous honorer nos frères et sœurs de tous les pays et de tous les continents? Saurons nous trouver au fond de nous, cette énergie qui nous anime et nous permet de nous accomplir pleinement? Pour le savoir il nous faudra sauter.

Sommes nous prêts?


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22/02/2011 at 15:58 Comments (4)

Monnaies complémentaires, BD augmentée: La richesse est ailleurs

J’ai travaillé avec Owni et préparé la sortie d’une BD augmentée sur le sujet de la richesse et des monnaies complémentaires.

C’est un projet excitant qui nous a pris environ un mois pour présenter sous forme ludique et pédagogique, ce qui se passe au niveau de la création monétaire, comment sortir d’un côté passif pour devenir acteur d’un changement.

J’essaierai de faire un post plus détaillé plus tard, et si possible d’intégrer la BD ici.

Voici, par ailleurs le lien: http://app.owni.fr/bd-augmentee/

Un grand merci à l’équipe d’Owni: Julien, Sylvain, Claire, Romain, Nicolas, James, Logui et François notre dessinateur sans qui cette aventure n’aurait pas été possible.

Une version anglaise est au programme. Faites tourner!


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16/02/2011 at 12:49 Comment (1)

Êtes vous prêts pour le 21ème siècle?

Une excellente vidéo qui retrace à la fois d’où nous venons et où nous allons. Dans quel monde voulez-vous vivre??

Êtes-vous prêt pour le 21e siècle from Michel Cartier on Vimeo.


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01/12/2010 at 21:23 Comment (1)

Thierry Crouzet confond le média et le message

C’était censé être un commentaire sur le blog de Thierry Crouzet. C’est finalement un billet.

Pour comprendre le tout, il vous faut connaître Crouzet, et son expérience inédite. J’avais déjà fait un billet pour recommander l’alternative nomade, que je vous recommande encore, ce billet n’est pas du même type, il surfe sur l’actualité de Thierry, apporte une réponse qui rejoint d’autres problématiques et parle en même temps de la nouvelle que j’ai quand même aimé.

Ce billet est une réponse à une mini accusation et ce qui est pour moi une confusion: cf les 2 posts de Thierry:  le 2.0 sans la réciprocité c’est l’hyper capitalisme et la conne haine du marketing.

En 2 mots, pour replacer le commentaire dans son contexte, Thierry est multitâche avec notamment pour qualité le fait d’être une grande gueule. Il écrit un livre en collectif auto-constitué de façon éphémère, ils partagent les revenus, ils font plein de prix différents selon le support choisi pour la vente pour une nouvelle de 55 pages. Je lui répond et accroche surtout sur la partie marketing et mise en avant du produit, confusion des messages. Comme vous le verrez, entre la nouvelle (qui est à lire/télécharger/acheter), l’expérience inédite qui vaut la peine d’être saluée, la gamme de prix et le geste marketing, on ne sait plus de quoi Thierry veut que nous parlions vraiment. Pour moi son travail est intéressant, mais crier et dépenser toute cette énergie quand la nouvelle met juste l’eau à la bouche, je demande la suite et qu’il arrête de nous bassiner avec le procédé. Je veux le contenu!

Je suis un peu surpris. Je me sens limite coupable quand je te lis. En fait, j’ai d’abord téléchargé le pdf en me disant encore une aventure de Thierry, je suivrai ça quand j’aurai le temps. Et puis après s’être vus à paris et avoir réentendu parlé du pdf, je me suis dit que je ferai l’effort de le lire.

J’étais assez surpris parce que ça m’a pris maximum 35 minutes et que j’ai bien aimé le style, le décor, l’histoire, mais je n’ai pas non plus eu un orgasme interstellaire. Ca m’a fait rire de croiser les personnages avec des bouts de réalité de ta vie. J’ai bien aimé la façon d’écrire et d’affirmer des choses, grâce au style SF qui sont peut-être dur à faire passer au quidam aujourd’hui.

Après l’avoir lu, je me suis dit que je ferai un billet, quand j’aurai le temps, pas tant pour soutenir l’initiative complexe qui est intégrée dans l’expérience mais plus pour la mini histoire.

Au final, je n’ai toujours pas pris le temps, et c’est plus en voyant tes posts ici que ça me fait réagir, mais non pas sur mon blog, mais plutôt ici, via ce commentaire.

Je suis un peu d’accord avec 000, pour ma part il y a un rapport de temps, ça m’a pris 35 minutes de lire la thune, j’ai dû passer au moins 1 heure à lire des billets et commentaires concernant l’aventure, écrire un article me prendrait aussi 30 minutes..

Marketing ou pas marketing, je ne sais pas, si j’étais toi j’irai poster sur des forums, sur des groupes facebook, faire du push, aller apporter votre travail sur les sites et aux endroits où il pourra toucher un public. Mais je ne raconterai pas deux histoires: la nouvelle + l’aventure. A la limite j’inclurai l’expérience inédite et l’histoire des prix et de la donation sous forme de licence sur mesure en annexe du pdf comme Jorion le fait avec une * pour son presslib, mais séparé ça fait trop d’informations. Il faut des messages simples et clairs. Tu veux parler de quoi, de la nouvelle? de l’expérience? de l’équipe? du prix? Qu’est-ce que tu mets en avant et pourquoi?

Communication:
émetteur – message – cible.

Après pour l’histoire de la publicité et la liseuse, c’est un appat, OK, les langues de pute sont les premiers à venir chier dessus. L’inverse aurait été 1) j’avais envie d’écrire un article dessus 2) si en plus je peux gagner une liseuse pourquoi pas. Bien dans mon cas, mais pour les autres, plutôt que de clarifier autant tirer dans le tas et crier au loup, c’est plus simple pour elles.

Les AMAPs quand elles viennent sur un marché ne disent pas pour se faire connaître “si tu envoies un mail à ton réseau en me mettant en copie, je peux te faire gagner un presse agrume” le produit, la qualité, la confiance et la relation parlent d’eux-même. Tu auras la même chose quand le produit, le public et le reste seront mûrs. C’est un peu facile d’accuser le manque de répondant de la blogosphère et de crier plus fort à chaque fois que l’écho n’est pas suffisant. Les légumes prennent du temps pour pousser, leur clientèle aussi, ce n’est pas en tirant dessus que ça pousse plus vite.

Ce qui m’étonne le plus dans tout cela ce sont les maigres 132 téléchargements gratuits. Ont-ils eu peur que tu saches qui télécharge sans payer et que tu fasses un beau listing dans un prochain billet? on peut s’attendre à tout avec toi…

Surpris aussi que tu n’ai pas fini ton travail de propulseur.. Owni, qui crosspost tes articles bien tranquillement quand ils brillent assez,  pourrait être un bon partenaire pour une appli à la con de transformation en epub ou que sais-je ou un bon crosspost pour soutenir ton expérience. Cela ne les intéresse pas? Propose une pige inédite sur l’auto-édition numérique, ou un dossier, sois payé et fais toi ta pub en directe avec la une. Nicolas te doit bien ça.

Là tu as un réservoir de lecteur pour lequel tu donnes depuis un moment que tu ne peux pas laisser passer. C’est aussi ça propulser sous toutes les formes. Ne pas juste pousser un texte et gueuler sur les bloggueurs, mais montrer que tu as fait le maximum pour tout arracher et alors les bloggueurs te suivront aussi car tu auras créé la vague suffisamment grande pour que tout le monde en parle.

Au final Thierry, j’ai deux envies, la première de lire un texte plus long sur cet univers que tu décris dans la thune, plus détaillé, plus fourni, en savoir plus sur ce monde, ses contraintes, comment on en est arrivé là, plus de détails sur la technologie et les possibilités, dans la thune tout va si vite et il y a tellement de chose qu’à la fin je m’y perds un peu. L’autre envie c’est de vous aider pour la réflexion marketing et le push une fois le produit fini lors d’un prochain essai.

Et mon commentaire serait aussi qu’on ne peut pas attendre un retour incroyable avec juste une nouvelle, une expérience, une fois. Cela prend du temps et du travail pour mettre en place quelque chose de nouveau et solide, ce n’est pas à force de gueuler ou de faire des articles autour de la thune chez toi que tu feras changer le sens du vent. Donc arrose, patiente et écris nous d’autres textes!


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04/11/2010 at 12:28 Comments (7)

Valeur et monétisation à l’ère du numérique

Après avoir lu le billet de Philippe Scoffoni sur le logiciel libre et le don je vois que nous n’avons pas fini de traiter de ce sujet.

Problématique moderne et transversale

Depuis la globalisation d’Internet, cette problématique devient de plus en plus prenante puisqu’elle chamboule l’ancien modèle mais aussi parce qu’elle nécessite des changements de comportements. La force de ce sujet est aussi qu’elle est transversale, dans la musique, dans le cinéma, dans la photographie, dans la littérature, dans la programmation, elle touche tous les domaines qui se sont fait numérisés ou qui peuvent l’être. Ainsi alors que chacun cherche dans son coin, par rapport à des publics cibles différents, dans le fond la question reste la même:

Comment partager ses œuvres avec un maximum de personnes tout en assurant une durabilité pour le créateur et en limitant au maximum la barrière à l’entrée?

Comment

Le pourquoi est assez simple à deviner, le comment n’est pas encore résolu, il s’agit de trouver une ou des méthodes concrètes qui marchent et ont été expérimentées.

partager ses œuvres

Nous sommes des animaux sociaux, nous vivons pour partager, diffuser et échanger, s’isoler est aujourd’hui devenu un non sens. L’individu au cœur de la civilisation cherche et développe sa créativité pour pouvoir en faire bénéficier l’Humanité tout entière.

avec un maximum de personnes

Dans le cadre du numérique, nous avons bien compris que le bit peut se copier, se déplacer et se diffuser à une vitesse toujours croissante pour un coût toujours plus faible. Cette équation augmente chaque jour, les disques durs, la bande passante et les processeurs ne cessent d’être améliorés, et parallèlement leurs coûts diminuent éternellement. Nous sommes bien à l’heure de l’abondance.

tout en assurant une durabilité pour le créateur

Sans parler uniquement de sécurité financière, il s’agit de trouver le feedback de retour suffisant pour permettre à l’individu d’être reconnu pour son travail et soutenu pour pouvoir continuer à le faire. Dans le changement d’ère que nous connaissons de plus en plus de personnes quittent le monde industriel et commercial pour vivre pleinement de leur passion, entrer dans le(s) domaine(s) d’activité qui leur permettent d’être complètement créateur et heureux. Ainsi il ne s’agit plus d’avoir un pied dans  l’entreprise et l’autre, la nuit tombée, dans le domaine qui le passionne mais bien de pouvoir être et vivre pleinement sa passion.

en limitant au maximum la barrière à l’entrée?

Étant données les propriétés du numérique, le coût marginal de l’œuvre qui tend vers zéro, l’objectif est de profiter de ce terrain favorable pour ne pas mettre de barrière à l’entrée. Si l’on souhaite partager avec le plus grand nombre alors chaque centime à l’accès réduit cette possibilité. Si idéalement je préfère l’absence de barrière à l’entrée: la gratuité, je formule plus doucement pour encourager la diminution du prix.

Des éléments clés

J’ai déjà donné des éléments ou exemples qui se font et qui marchent, alors je préfère énumérer quelques pistes de blocages qui en disparaissant faciliteront la résolution de notre problématique ou au moins permettront à un maximum de personnes d’être heureux de créer et d’utiliser leur potentiel pour vivre de leur passion en la partageant avec tous.

La peur

Dans cette transition, comme dans tout changement, il y a une grande peur de l’inconnu, de la remise en question, construire de nouveaux modèles, tester et avancer vers l’inconnu. Pour de nombreux pans de l’économie, cela correspond à une faille énorme dans leur business model, en fait, c’est même la fin de leur raison d’être. C’est certes l’évolution et c’est une excellente chose lorsqu’on libère les moines copistes pour utiliser les premières machines à imprimer, vu d’ici, mais aujourd’hui ceux qui voient leur raison d’être en danger sont pétrifiés par l’idée qu’ils doivent se recycler, évoluer ou disparaître.

Ils freinent donc à fond et sont les premiers détraqueurs de cette problématique moderne, ils luttent contre et feront ainsi jusqu’à leur dernier souffle. C’est à la fois compréhensible et triste. Paradoxalement, ils se sentent touchés et intéressés lorsqu’il s’agit d’un des domaines connexes à leur profession où leur métier n’est pas en danger, mais si l’on parle de leur domaine alors la menace refait surface.

L’autre aspect dangereux guidé par la peur est qu’étant en place dans l’ère industriel, ils ont encore des moyens de pression pour entraîner avec eux des lobbys et des lois pour favoriser leur situation et retarder la sentence.

La peur c’est aussi celle de nous imaginer tous capables de créer et d’être utiles à la société. C’est une image en laquelle beaucoup de nous ne veulent pas croire aujourd’hui, et

Des solutions à portée de main: les Creative Commons, le Logiciel libre

La rareté

Depuis de nombreux siècles l’Homme a grandit en conquérant des territoires, des ressources et en maintenant tout ce dont il s’est emparé sous son contrôle. Comme le disait Adam Smith l’économie est la gestion des ressources rares, il conseillait à l’époque si vous vouliez du pouvoir, de ne pas essayer de vendre de l’eau car c’était encore une ressource abondante. La rareté fait le prix, la rareté entraîne l’argent et la frustration, le désir et la luxure, et permet de contrôler beaucoup de choses. Beaucoup de nos réflexes économiques sont par définition basés sur la création, le développement et la gestion de la rareté.

Ayant grandis dans cette dynamique, nous sommes façonnés mentalement comme des animaux, à croire que tout est rare et qu’il faut se battre pour avoir accès, ou pour contrôler l’accès (pétrole?), comme si notre survie dans le quotidien ou sur le marché en dépendait. C’est donc en chacun de nous et dans les gènes de notre société qu’il faut trouver les ressources pour évoluer, grandir, développer la conscience et ouvrir les yeux et le coeur pour constater que nous n’avons plus de bonnes raisons pour nous taper dessus ou garder des secrets.

A un niveau plus simple et concret, “je ne vais pas faire de don car l’argent est rare et je ne vois pas pourquoi je le ferai alors que l’accès est gratuit. Je préfère laisser les autres payer. Je vais profiter de la gratuité tant que ça le sera”.

Des solutions à portée de main: le dividende universel, les monnaies complémentaires

La conscience

Finalement, que ce soit la peur ou la rareté il s’agit d’un saut d’évolution de conscience, comme une reprogrammation de notre code, de notre façon de penser, d’agir et de vivre ensemble. Le temps est une des ressources clés pour voir à quelle vitesse se feront ces changements, la crise aidant, les fissures vont devenir des brèches qui finiront par éclater. Je ne vois pas de marche arrière possible, plus nous allons vers un raidissement et une pénurie, plus nous avançons à reculons, plus l’urgence et l’envie d’une autre civilisation fera sens. Elle ne fera pas juste sens, elle deviendra évidence.


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19/09/2010 at 16:27 Comments (3)

Storyus.fr & moi, le duo prend forme

Je vous l’avais dit, j’ai rencontré Dominique Nugues via ce blog, et puis tout est allé très vite. En 15 jours nous nous mettions d’accord sur ce que nous allions faire, comment  nous pouvions interagir et cocréer une émission qui parle des flux verticaux, historiques, religieux, de conscience et d’inconscient au travers des siècles, et puis les flux horizontaux, qui sont plus ma spécialité: énergie, environnement, économie etc..

Storyus de Dominique Nugues

Quelques mois après, storyus.fr naissait et nous avons réalisé deux enregistrements. Storyus est donc l’initiative de Dominique Nugues. Grâce à l’outil radio, il navigue à la recherche d’intervenants, d’informations pour partager et éclairer les problématiques modernes en liant la culture et l’esprit, le visible et l’invisible. Il est très actif au niveau local, en Normandie, acteur social et culturel, en lien avec les actions et les politiques qui s’agitent là-bas.

Nous avons fait un premier enregistrement sur la musique, l’histoire du support musical et la numérisation, comment tout ceci a évolué radicalement depuis la naissance du bit et du digital. Rareté et abondance, comment les deux mondes communiquent et ce que cela implique pour les business model qui s’effondrent aujourd’hui comme la presse, la musique etc.. Vous trouverez

Impact du numérique sur l’industrie de la musique

Vous verrez que Dominique travaille méticuleusement et sépare les parties, en enrichissant le contenu avec des introductions, et parfois des médias, de la vidéo, du texte, des liens pour approfondir la ballade.

De ces échanges est né un partenariat, qui nous lie dans un lien réciproque de confiance, nous nous aidons, moi à communiquer sur sa radio, son travail et à le mettre en lien avec les initiatives et les acteurs qui seraient susceptibles de l’intéresser, et lui diffuse mes travaux. Dominique diffuse sur radio bazarnaom, une web radio normande sympathique.

Les monnaies complémentaires

Récemment, Dominique me recontacte pour me faire parler des monnaies complémentaires. Il a l’intuition que c’est un sujet clé, mais il ne sait pas bien en parler ou ne se trouve pas légitime pour appuyer ses idées auprès du conseil régional avec qui il a rendez-vous. Il me demande si on peut enregistrer un échange, qu’il diffusera alors à ses intervenants. J’accepte avec grand plaisir, et c’est le début d’un échange de 45 minutes sur la monnaie, l’économie, les SELs, le SOL, les subprimes, l’optimisme qui m’habite et qui me donne confiance dans l’avenir. Nous balayons d’un sujet à l’autre en zoomant du global au très local, je me perds dans les chiffres exactes du ratio de Bale, les proportions de masse monétaire et autres chiffres que je connaissais autrefois par coeur, peu importe, l’esprit est là, la couleur est donnée. A écouter tête reposée! Vos commentaires et questions sont les bienvenus!!

Les monnaies complémentaires – Interview pour storyus.fr by zoupic

Storyus – zoupic, une histoire à suivre…


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14/05/2010 at 14:36 Comments (2)

D’autres façons de donner, de recevoir, de remercier

Alors que je cours à droite à gauche, je prends le temps de me poser un peu pour vous donner un petit 360° de quelques initiatives trouvées à droite à gauche initiant d’autres façons de rémunérer les échanges.

the pirate bay: Flattr

La première, très excitante vient de the pirate bay: Flattr.

Catégorie: Solution de don, système de remerciement en euros des oeuvres numériques.

Je choisis un montant mensuel que je souhaite reverser aux artistes que j’aime. Ensuite je clique sur un bouton apposé à l’oeuvre ou un article dès que je veux le remercier. A la fin du mois, mon montant est divisé par le nombre de clics effectués.

Avantage: Permet de profiter de l’abondance numérique, clics à volonté. Créée une façon de remercier les auteurs jusque là très souvent ignorés. Il est plus facile de mettre la main à la poche avec un montant fixe mensuel que de sortir la CB à chaque donation.

Inconvénient: Comme on le voit dans la vidéo, le petit bonhomme donne son gâteau, il ne reçoit rien d’autre que le plaisir d’avoir remercié, c’est déjà ça me direz vous, mais quand on aime les feedbacks positifs, on pourrait faire mieux.  Il faut donc éduquer et encourager à donner sur le support numérique.

Pay2you du Crédit Mutuel

Le concept de pay2you est assez simple, vous permettre de payer quelqu’un grâce à son numéro de téléphone.

Catégorie: Moyen de paiement monétaire technique innovant

Vous devez une somme inférieure à 150€ à quelqu’un, vous avez la flemme de lui apporter ou de faire un virement, entrez juste son numéro de téléphone sans frais et la personne devra s’inscrire pour lier son téléphone avec son compte. Rien qu’au fait qu’on ne puisse exporter leurs vidéos, on sent qu’ils ne sont déjà pas trop dans le même esprit que l’équipe pirate bay.

Avantage: Simple, gratos, pratique, facile, il remplit bien sa fonction.
Inconvénient: C’est un gadget bancaire pour compléter les moyens de payer, pas beaucoup plus.

Karmawish

Karmawish est un site où vous venez faire un voeux, écrire une demande, déposer une intention et les autres peuvent vous aider.

Catégorie: Système d’échanges non monétaires, basé sur la solidarité et l’entre-aide

L’idée est basée sur la solidarité: d’abord je dois aider quelqu’un par rapport à sa demande, ce qui me permettra ensuite de publier mon voeux et d’être à mon tour aidé. Le site est vraiment fluide et sympa, l’équipe derrière a enfin l’air jeune et humaine. Pas de projet de business plan, de monétisation ou autre, ici on garde l’énergie d’aider l’autre, quelle que soit sa demande.

Avantage: Simple, facile d’accès, permet de connecter et de rencontrer d’autres personnes proche de chez nous comme à l’autre bout du monde. Proposer une autre façon de faire des échanges et de s’entre aider.

Inconvénient: Limité par la diversité des voeux et des géolocalisations. Probablement très puissant s’il rencontre plus de succès.

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Voilà pour notre petit tour des innovations et sites qui bougent dans les autres formes de monétisation, d’échange et de rémunération de la valeur sur le Net. En tout cas, une chose est sûre: ça bouge!


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23/02/2010 at 20:50 Comments (0)

Duo sur les flux avec Dominique Nugues

Depuis mon billet qui lançait un appel j’ai trouvé une personne avec qui créer sur le sujet des flux. Il s’agit de Dominique Nugues, que j’ai rencontré sur la plateforme de journalisme digital owni.fr et avec qui nous avons très vite vibré pour la même vision: l’heure est grave, mais nous avons les moyens de jouer et faire notre part,  retroussons nos manches en souriant et agissons!

Un drôle de duo

Dominique à plus du double de mon âge, il a grandi à Caen en Normandie dans les ruines de la seconde guerre mondiale. Si j’aime à dire que je connais bien les flux horizontaux (économie, énergie, environnement), lui a beaucoup étudié et s’intéresse aux flux verticaux, dans un cadre plus historique, courants de pensée, religions, mouvements collectifs politiques conscients ou inconscients..

Dominique a fait de la radio et maîtrise complètement les outils de prise de son. Par contre, pour ce qui est d’installer un add-on pour skype, ça me rappelle tout de suite notre différence de génération et m’invite à l’humilité. Si j’excelle pour configurer quelques fichiers où il bloque, il m’éblouit par sa connaissance et sa culture dans les domaines musicaux des années 60. Nous apprenons l’un de l’autre et c’est un régal de servir et d’aider, comme d’apprendre et d’être nourri.

Si nous sommes d’accord au niveau du bilan de la situation, nos expériences et nos façons de comprendre les choses n’en sont pas moins complémentaires. C’est ce qui me remplit et me stimulee dans cette construction que nous faisons en ce moment: elle a lieu en 2 temps, le premier est un texte qui servira de base, un pdf sûrement, sur lequel nous posons un regard commun par rapport au monde qui nous entoure, sans jugement de “c’est bien” ou de “c’est mal”, mais comme état de la situation et point de départ de l’action. Le deuxième temps a en réalité déjà commencé puisqu’il s’agit ici de faire une émission de radio, podcast ou dialogues enregistrés et diffusés sur un site appropriés. Alternant histoire et actualité, numérique et imprimerie, l’an 2000 et l’an 1500, (pour schématiser) nous naviguons entre nos domaines de connaissances pour alerter et confirmer ce message que je répands déjà amplement dans ces pages: Internet a tout changé. Entrer dans l’ère de l’information avec les clés nécessaires pour ne pas se planter, aller dans le sens de l’évolution, apprendre de l’histoire, voilà des éléments cités au hasard qui me semblent bien représenter ce que nous défendons.

Notre duo a donc un aspect complémentaire fondamental qui légitime son aspect enrichissant. Au-delà de cela, c’est également une super expérience pour moi d’avoir quelqu’un d’une autre génération avec qui parler et échanger sans utiliser un langage de martien. Parler le madame Michu ou s’approcher d’une cible de grand public permet de redescendre du monde de la branlette intellectuelle qu’il est très facile d’atteindre. Des mots simples, des exemples simples, du concret, terre à terre, fini les billets en blocs sur des théories fumeuses, on parle ici de diffusion audio au plus grand nombre.

Avant c’était différent

15 jours ont suffi entre la diffusion de mon message, notre connexion, notre rencontre, la mise à plat de nos compétences, envies et valeurs. Après avoir brièvement discuté du temps disponible de chacun, nous avons trouvé notre socle commun, et voici l’aventure lancée. 15 petites journées ont fait de nous un duo, dans la simplicité et la complicité de cette aventure dont nous n’avons aucune idée où elle nous mènera. L’action, pour nous aujourd’hui, c’est simplement de parler et diffuser ce message, que tout est possible. Rien de nouveau sous le soleil me diront les habitués d’Internet. Ca fait toujours bien de le rappeler et de montrer à quel point ce ne sont plus des mots en l’air. It is real.

à suivre

Voilà, ainsi ce termine ce petit billet d’humeur comme j’en fais si rarement. Je vous tiens au jus dès que notre spécialiste ingénieur son aura coupé, retouché, retraité les bandes et qu’elles seront déposées délicatement sur un site qui vous ouvrira ses portes. Dans un futur proche il sera envisageable de broadcaster live également.. on en reaparlera.. Pour le pdf, c’est un texte plus profond, plus travaillé.. il trouvera sa force dans une certaine maturité, mais n’ayez craintes, ces cadeaux ne sont pas faits pour rester enfermés, il sera un jour libéré…


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04/02/2010 at 01:24 Comments (2)

Créer de la richesse, la mesurer, l’échanger, la faire circuler

Dans mon billet sur gérer l’abondance, gérer la rareté qui compare les deux modes de partage et de gestion des richesses, je me frottais aux différences que l’on trouvait dans chacun des mondes et comment jouer sur ces différences. Comme le foot en salle ou en extérieur sont deux disciplines dont le but reste le même, toute la pratique consiste à développer la technique adaptée au terrain.

Pour ma part, dans la rareté ou l’abondance, je cherche à partager des richesses avec un maximum de personnes, de façon durable. Je cherche à partager ce que je créée tout en recevant quelque chose en retour qui me permette de vivre sur le long terme. Comment jouer sur chaque terrain en fonction de ses contraintes? Comment utiliser le terrain à mon avantage pour démultiplier les effets de ce partage dans l’abondance?

Dans une de mes analyses, je disais que l’artiste qui se reconnecterait avec sa communauté de fans se débarrasserait des intermédiaires et serait en prise directe avec son public de fan qui le soutient. En effet, je ne fais ici que reprendre les analyses de certains experts disant que nous passons d’une économie de la distribution à une économie de l’attention.

Le capital de départ - L’outil de production

Donc dans l’abondance, offrir et partager avec le plus grand nombre ne me coûte presque rien car le coût marginal est quasiment nul: le coût marginal est le prix pour fabriquer une unité supplémentaire. Dans le cadre du numérique, on sait comme cela est facile de faire un copier coller. Ce qui va donc me coûter c’est mon investissement initial avec mes coûts fixes.

Prenons un groupe de musique, il lui faut bien les instruments, le studio, tout le matériel pour enregistrer dans de bonnes conditions. Prenons un bloggueur, il lui faut un pc et éventuellement une caméra ou un bon appareil photo. Pour les codeurs il leur faut un pc. Pour ceux qui font de la vidéo, des clips, du bon matériel photo/vidéo ainsi que de bons ordinateurs.

En terme d’outil de production, d’investissement de départ, il faut une certaine somme. Si on prend un studio de télé collaborative comme techtoctv, on est là dans une autre gamme de prix, avec tout le matériel, l’investissement de base est conséquent, mais le coût marginal reste faible. Si on prend owni, le site, son design, la construction, le serveur l’hébergement, l’entretien, là encore on a un capital de départ plus un coût d’entretien.

Fait intéressant: dans l’économie de l’abondance, les outils de production appartiennent au monde matériel, gérés par l’économie de la rareté. Les deux mondes sont bien liés et l’un dépend de l’autre. On ne peut les considérer séparément. De même, les circuits de distribution dans l’abondance dépendent bien des règles des tuyaux qui permettent aux contenus de naviguer. Comme l’opérateur téléphonique peut écouter ou couper une conversation, le FAI peut lire tout ce qui passe sur votre ligne.

Une fois acceptée les règles du capital de départ, nous entrons dans l’économie et la gestion de l’abondance, les portes s’ouvrent…

Le partage et la barrière à l’entrée

On  n’a rien sans rien. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

Quoi que l’on fasse, que ce soit gratuit ou non, quand on donne quelque chose, on en retire forcément quelque chose en retour, si ce n’est pas monétaire ou quantifié en argent, on peut le mesurer en attention, en temps, en nombre de pages vues, en audience, en réputation, en plaisir, en bonheur etc..

Prenez ce blog. Vous ne payez rien à l’entrée. Pourtant vous payez. Vous payez avec votre temps, avec votre attention, avec votre envie de lire la suite, avec vos clics vous me donnez des informations sur ce qui vous intéresse, avec un commentaire vous m’aidez à construire mon raisonnement, à tester mes hypothèses, à encourager mon travail. Vous n’avez rien payé en euros, mais vous m’avez donné quelque chose en retour. Nous procédons à un échange. Mon temps contre le votre, mes questionnements contre votre intérêt, ma réflexion contre la votre. Nous échangeons, débattons éventuellement sur ce qui peut constituer les modèles d’échanges de demain, et ce faisant nous sommes déjà dans une forme d’échange spécial.

Mettre une barrière à l’entrée serait fermer cet espace qui porte mes idées et ma parole à l’écrit. Cela ne m’intéresse pas, je cherche à les diffuser, à les partager et à les faire voyager aussi loin que possible. C’est un aspect colonisateur de l’homme que je suis. Les laisser voguer à travers les twitts, les retweets et les autres trackback pour aller s’éclater contre les idées des autres. Chercher, rechercher ensemble ce qui pourrait fonctionner demain pour permettre à l’énergie investie de revenir, aux échanges de se faire d’une autre manière.

Je cherche donc à répandre mes idées sur le net et à les faire s’entrechoquer avec d’autres courants. Comment obtenir un retour qui me permettent de vivre?

Tendre la main

Je donne avec une main, je reçois avec l’autre

Paul Jorion a innové dans ce domaine en créant une licence: presslib qui accompagne chacun de ses textes. Un petit paragraphe accompagne chacun de ses textes:

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Chaque article est partagé, libre d’accès, mais doit être accompagné de cette mention qui fait le lien avec la case départ: la boîte à donation basée sur le site de monsieur Jorion. Principe de viralité assurée, il démultiplie la force de son message.

C’est à dire que si en plus de donner et partager mes analyses et billets, j’ajoute un paragraphe qui permette de tendre la main et passer la casquette pour ramasser quelques pièces, j’ai mon flux de feedback qui me permet de voir ce que vaut mon travail. Comme le guitariste dans le parc, comme le musicien dans le métro, comme la messe, comme le clown dans la rue, j’offre d’abord mon service, ce que je sais faire, je le partage avec tous sans barrière à l’entrée et je propose qu’on me rémunère ensuite, librement, en fonction de ce que ça vous a apporté.

En plus de donner son texte et de partager sa connaissance, Monsieur Jorion y ajoute un brin de conscience, il éduque son public et lui explique sa philosophie. Comme la licence GPL (General Public Licence) entraîne une viralité pour tous ceux qui utilisent des logiciels libres développés, sa licence se diffuse et peut se répandre à travers Internet de façon simple et gratuite tant que le paragraphe presslib y est accolé, et c’est ce que paye le lecteur: la conscience du travail fourni, et la possibilité de le rétribuer en fonction de ses besoins.

Ayant rencontré Paul la semaine dernière, il m’a confié que c’était souvent les mêmes qui participaient.: la communauté, les riverains comme les appellerait Rue89. Ceux qui habitent et travaillent sur le blog presqu’autant que lui, ceux qui vivent dans les commentaires, ceux qui en bénéficient et en profitent au maximum. D’une certaine façon ce sont devenus des actionnaires, sauf que les deux parties sont libres. Paul Jorion est libre d’écrire ce qu’il veut, n’ayant pas de patron, une personne face à qui se tourner pour connaître la ligne directrice du blog, et les membres donateurs sont libres de le faire quand bon leur semble. La transparence les lie avec un rapport semi-mensuel environ de l’état des donations. On retrouve là une grande similitude avec Wikipédia. Libre et interdépendants. La boucle de circulation de la valeur est bouclée. Pérennité assurée jusqu’à ce que l’une des parties n’y trouve plus son intérêt.

Comment stimuler sans capturer? Comment créer de la richesse de façon vertueuse?

Profiter des lecteurs, de leur temps et de leur attention pour les faire participer à la tâche: construire ensemble, co-créer.

Plutôt que de les tracer silencieusement, de les observer depuis le back office, de les statistiquer, si je leur donnais la possibilité de s’exprimer? De qualifier ce qu’ils trouvent, de classifier, de tagguer, de ranger? N’est-ce pas déjà la stratégie de google, flickr, youtube, diigo qui délivrent un service gratuit et utilisent leurs utilisateurs et la longue queue pour améliorer, trier, ranger les données pour améliorer l’utilisation de tous: un véritable travail de fourmi. A l’aide d’un flux de rémunération parallèle, ils récupèrent de quoi vivre.

Démultiplier: Je donne la ressource, vous la diffusez.

Mesurer: Je produis des idées, vous testez leur cohérence.

Trier: Je publie des contenus, vous les classifiez.

Échanger: J’investis de l’énergie pour construire une structure, vous investissez de l’énergie pour la maintenir en vie, l’améliorer.

Tester la pérennité: Je partage mes contenus de façon ouverte, je demande aussi une rémunération en échange, vous me donnez la réponse.

Partager les revenus: Je reçois une rémunération, je la réinvestis dans le blog et dans mon travail, vous en profitez à nouveau.

Eclairer: Je déclare mes intentions, vous connaissez mes revenus et mes besoins.

La suite on la connaît: winner takes all. Le premier qui fournit un service gratuit et performant attire toute l’attention et on ne parle plus que de lui, car la communauté est là-bas. Les nouveaux arrivants filent vers ce service sans se soucier de la concurrence. Le premier qui ouvre et partage gagne l’attention et les projecteurs. Ensuite s’installe  une lutte pour vivre dans la durée.

Pour ne pas capturer, ils doivent jouer la carte de l’open: pas de barrière à l’entrée, pas de barrière à la sortie. Chaque membre doit pouvoir prendre ses affaires et s’exporter vers un autre service librement s’il n’est plus satisfait. Alors pour stimuler le client, je dois l’encourager à participer, à construire avec moi cette plateforme, à la partager avec lui, l’aider à s’impliquer, lui donner une voix, compter et valoriser son travail comme je lui demande de valoriser le mien. Il partira parce qu’il y a mieux ailleurs, il reviendra car il est ici chez lui. Il aura construit une part de ces fondations. Une partie de lui est ici. Nous sommes liés, libres et liés.

La communauté améliore la fluidité des échanges

La communauté gagne toujours, l’union fait la force

Dans les mouvements du logiciel libre, de la musique, de la peinture, des arts, des écrivains, des blogs on retrouve cette même base: la communauté. Un éco-système, le premier cercle qui protège, alimente et nourrit une idée, une philosophie. Seul vous n’avez aucune chance. Entourez vous d’une communauté que vous nourissez et qui vous nourrit, bâtissez un échange viable qui enrichisse chacune des parties et alors vous développerez plus que des idées. Comme nous l’avons vu chez Paul Jorion ou chez Rue89, ce sont les membres les plus proches qui participent et assurent la viabilité. Il reste probablement des participations marginales de personnes qui passent et découvrent le site, mais c’est réellement le premier cercle qui fournit l’apport vital au noyau. C’est également ce premier cercle qui contribue à la diffusion vers les autres cercles, qui deviendront peut-être un jour contributeurs.

1) Qu’est-ce que j’apporte à ma communauté?

2) De quoi ai-je besoin?

3) Qu’est-ce que m’apporte ma communauté?

4) De quoi a-t-elle besoin?

5) comment fluidifier nos échanges, pérenniser notre relation, avancer ensemble de façon libre et interdépendante?

Pour le prochain billet, je répondrai à ces questions, alors vous pouvez dores et déjà réfléchir à ce que je vous apporte, et à ce que vous pouvez m’apporter qui ne me viendrait pas à l’esprit (monétaire et non monétaire..)


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19/01/2010 at 01:19 Comments (4)

Apprendre à gérer l’abondance

En école de commerce, j’ai appris à gérer la rareté:

Trouver une idée géniale, la breveter, mettre des barrières à l’entrée, consolider un projet. Comme on vit dans un monde qui tourne avec l’argent rare, pour le rendre beau et avant d’investir trop dans un projet, il faut savoir s’il intéressera quelqu’un à l’achat, ce que l’on apprend avec une étude de marché, des sondages, une prise de température du marché. Une fois qu’on a préparé notre produit pour pouvoir descendre dans l’arène, on choisit la stratégie: à qui on le vend, combien, comment, pourquoi, dans quel contexte et puis la question éternelle: comment créer le besoin et susciter le désir?

Le but est donc avec une idée, un investissement minimum de trouver un marché maximum avec un prix et une rentabilité maximisée.

Ce qui est rare dans ce contexte, c’est peut-être l’idée, sûrement le produit, sa recette, ses secrets de conceptions, son accès et son mode de construction.

C’est rare car je choisis de le rendre rare au début, en mettant des barrières à l’entrée, afin d’avoir un monopole, de garder le contrôle et d’être le seul à posséder le secret d’accès  à cette ressource. L’information c’est le pouvoir. C’est rare car si je le partage avec tous, je ne suis pas sûr d’obtenir encore suffisamment d’entrées d’argent, si je le partage, la pureté du processus peut être déformée, dénaturée, ne plus respecter mes critères ou ma façon de voir. Si je partage et donne l’autorisation aux autres de le modifier, de le retoucher et de faire des bénéfices avec, je prends un risque: je lâche un peu du contrôle et du pouvoir que j’avais pris. Souvent, ce qui m’empêche de partager, c’est la peur de manquer. Exprimer d’une autre façon c’est récolter les gains que j’ai engendré: j’ai réfléchi, j’ai pris des risques, j’ai convaincu des investisseurs, alors pourquoi ne pas en profiter?

Bien, la gestion de la rareté, on connaît, on sait bien faire, nous sommes nés dedans.

En fait, quand je dis gestion de la rareté, il faut d’abord reconnaître que nous avons appris à créer de la rareté. Ce faisant nous avons augmenté la valeur de nos produits artificiellement. Ce qui est rare est cher dit le proverbe, si je révèle le secret, je perds mon avantage, mon pouvoir sur l’autre. Donc je crée de la rareté pour me créer du pouvoir, car j’aime ça, ou plus simplement, j’en ai besoin.

Ce que j'ai que tu n'as pas me rend heureux

Je me rappelle mon enfance, si je prêtais mon nouveau jouet à un ami, alors c’est comme si le jouet ne m’avait pas été offert, et que je n’avais pas de raison d’être heureux par rapport à mon ami, puisque je partage le jouet avec lui. Nous créons et quantifions notre bonheur par rapport à l’autre, et non avec l’autre. Ainsi plus j’en ai par rapport à l’autre, moins je me sens mal, ou en tout cas, moins je me pose de questions sur pourquoi j’ai besoin d’en avoir plus.

Piste de réflexion pour plus tard: comment créer et quantifier mon bonheur AVEC l’autre?

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Plus emmerdant maintenant, comment gérer l’abondance?

Depuis quelques années, nous nous rendons compte avec Internet et la dématérialisation que la copie est une multiplication d’un produit. A chaque copie que je réalise, je crée une nouvelle pièce, proche de l’originale, utilisable, modifiable, et tout ça pour un coût proche de zéro, emmerdant non? Ceux qui avaient l’habitude de pas prêter leurs jouets se retrouvent sur le cul, d’un coup, leurs jouets sont potentiellement à la disposition de tous. Que faire? Ce qui se passe grâce à l’internet et à la dématérialisation est crucial, car en nous rendant compte des règles que nous adopterons pour l’immatériel et l’abondant, ça remet également en cause les règles que nous avions établi pour le matériel supposé rare.

Dans la gestion de la rareté, je mettais des barrières à l’entrée, suscitais l’envie, et faisais payer pour l’accès, l’entretien, le service etc… Quid de l’abondance?

Si les barrières sont inutiles, puisqu’il est démultipliable, si l’accès est possible à tous car sa copie est facile, alors l’immatériel devient comme l’air ou comme l’eau. Il est difficile de le quantifier, de le mesurer, de dire ce qui appartient à qui. Pourtant il a bien un créateur.

Le produit immatériel (CD, MP3, DIVX, Livre numérique, PDF, Slides, Code source, Photo etc..) une fois créé et libéré ne peut plus être mis en cage. Les bits veulent être libres nous disait Chris Anderson dans Free. Ce que cela veut dire est que le rapport de force entre payer le prix d’entrée et faire sauter la barrière à l’entrée est perdu d’avance en défaveur du créateur. Quelque soit son choix, le bit voudra être libre, et le créateur devra lâcher le contrôle, partager son œuvre avec tous.

La différence principale des produits ou idées basées sur des économies de l’abondance par rapport à l’économie matérielle est que les coûts de propagation, de multiplication et distributions sont très faibles. Les coûts de création varient encore, pouvant aller du code très complexe et cher, du traité de recherche avec les frais du labo  à l’ordinateur et aux 3 logiciels libres qu’utilise un groupe de musique qui produit son album tranquilo.

Reprenons donc, les coûts de distribution sont relativement faibles et continuent de diminuer et les coûts de création varient très amplement d’un produit à l’autre. Si on essaye de mettre des barrières à l’entrée: code, label, copyright, sécurité, DRM, on suscite un désir plus fort. On suscite un désir, mais également une frustration, car ça ne coûte pas plus cher de partager le jouet avec d’autres. La différence dans l’immatériel est le marché qui, par le transport des données et des flux d’informations touche une cible plus large, plus internationale de façon immédiate. Sur la base des mécanismes de gestion de la rareté que nous avons: plus le créateur dépense et investit d’argent et de temps dans son produit, plus il va vouloir le chérir et le protéger pour en tirer un bénéfice maximum, ce faisant il va créer un énorme désir chez les consommateurs qui vont investir beaucoup de temps pour s’unir, s’allier et faire sauter le verrou. C’est ce qu’on observe avec le partage des œuvres protégées, et c’est bien normal. Puisque l’accès et la distribution peuvent être rendus possibles à tous moyennant un travail d’équipe (certes hors la loi), on voit émerger une force collective sans tête qui vise à un seul but: partager cette création, faire sauter les barrières. Pour le matériel, cela représentait du vol, car il fallait se déplacer et aller dans la boutique pour voler une version de l’œuvre ou du produit. Pour l’immatériel, la multiplication ou copie ne coûte pas plus cher, plus le produit est bon plus la tentation est grande, la barrière qui empêche s’amenuise, rien ne peut retenir l’envie de culture, la soif de connaissance, la curiosité, le besoin de partager. L’immatériel remet tout en cause: le bit est plus volatile que l’atome, il a beaucoup plus de liberté et ne supporte pas le contrôle.

Création     —  Distribution —  Réception


Seulement, dans cette économie de l’abondance, on ne fait pas la différence entre le dernier star wars, dont le budget est monstrueux et le groupe de musique du coin. Les énergies investies à l’entrée ne sont pas les mêmes. On peut essayer de faire la différence, en sensibilisant le consommateur final, mais pour le toucher, il faudrait d’abord qu’il reprenne confiance, pour cela, il faut lui donner, et ne pas lui prendre, il faut lui partager, sans publicité, sans intention autre que de lui faire un cadeau. C’est quand les comportements changent, que l’on en vient à se poser des questions, pourquoi cette inversion subitement, pourquoi le prochain film serait-il donné, avec prix libre, partage de la prise de risque sur son financement? Il faudra du temps que ça change, mais les premiers qui s’y essaieront s’allieront avec leurs publics. Les autres iront dans une lutte de contrôle et seront de plus en plus raide au lieu de s’ouvrir et de se remettre en question.

Les besoins et investissements de départ étant complètement différents à des mesures bien diverses, il serait temps que la transparence et la cohérence fassent leur apparition et nous donnent les chiffres qui nous permettront de savoir combien cela coûte réellement. Si je connais le besoin et l’investissement original d’un groupe que j’adore, je saurai à quelle hauteur les soutenir et j’arrêterai de pirater leur musique. Je ne veux pas qu’ils deviennent millionnaires, juste les remercier honnêtement pour leur apport et leur permettre de continuer à vivre et développer leurs créations.

Seulement, dans un monde où l’argent est rare, j’ai plus de temps, de passion et de curiosité à recevoir et écouter les créations des autres que d’argent pour les soutenir à la hauteur de leurs besoins réels. (oui, ça se complique, sinon ça serait trop simple) On note donc au passage qu’il nous faut nous libérer de la rareté artificielle de l’argent (média de mesure et d’échange des richesses), pour pouvoir trouver des systèmes libres, abondants et non centralisés de gestion de l’argent.

“Je désire pouvoir apporter mon soutien à ce créateur, de quelque façon que ce soit, autrement qu’en lui donnant des euros, ressource que j’ai en quantité limitée. Cependant j’ai du temps, de l’énergie et des qualités que je dois pouvoir lui offrir pour contribuer à la rétribution du bonheur reçu.”

De fait, le créateur qui est malin stimulera, sensibilisera, rassemblera, et investira l’énergie de la communauté qui l’écoute, l’aime et l’adore. Il créée ainsi un flux direct auto alimenté: son auditoire sont ses investisseurs, il prend en main la gestion de la distribution et fait sauter tant que possible les intermédiaires dans le but de réduire au maximum ses coûts.

Dans tous les cas, pour ce qui est de la certitude de récupérer l’énergie investie. Il n’y en a jamais eue. La seule solution est de transformer le risque que nous prenons en Amour de l’art, en volonté de partage et alors, ce ne sont pas des euros ou des revenus matériels que nous récolterons, mais une joie bien plus immense et profonde, d’avoir servi, partagé et créé pour l’humanité, ce que nous savons faire de mieux, avec Amour.

La co-création permet le partage


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22/12/2009 at 19:00 Comments (10)

Paul Jorion a besoin de vous

Bonjour, voici un mail que je viens de recevoir de Paul Jorion. Je m’en fais le relai, son site étant inacessible pour le moment.

Chers amis,

Le blog pauljorion.com est victime de son succès : durant mon passage à France-Culture hier matin, le nombre d’accès au site a instantanément doublé. Le serveur n’a pas pu suivre. Ce matin, le problème s’est encore aggravé. Le blog pourrait être remis en marche mais risquerait d’être une fois de plus victime de son succès.

Je ne me plains pas, il s’agit là du reflet de la popularité du message que j’essaie de transmettre : hier soir sur Amazon.fr, « L’argent mode d’emploi » (Fayard) était vingtième dans les ventes, « Comment la vérité et la réalité furent inventées » (Gallimard) : 174 et « La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire » (Fayard) : 511. Ces ventes les plaçaient respectivement dans la catégorie ouvrages de « non-fiction », au deuxième, neuvième et seizième rang. La vente de « La crise », publié il y a un an, n’a jamais été aussi bonne sur Amazon.fr.

La façon dont le blog a été excellemment géré par Jean-Baptiste jusqu’ici a été artisanale, avec de faibles moyens. Le renom du blog dépasse malheureusement maintenant de beaucoup l’infrastructure dont il dispose.

Vos suggestions sur ce qu’il conviendrait de faire désormais sont les bienvenues.

Paul Jorion


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28/10/2009 at 17:19 Comments (2)

Sarkozy veut Hadopi, nous voulons la Liberté

Le 15 septembre 2009 marquera encore une fois l’histoire des libertés Françaises. 285 députés ont voté pour la loi Hadopi version 2.

Comment peut-on voter pour une loi anti-constitutionnelle? Comment peut-on voter pour contrôler les libertés des français? Comment peut-on se prétendre représenter et défendre les libertés du peuple?

Ce que vous avez fait est très grave et vous vous êtes mis tous seuls dedans malgré nos alertes.

Voter pour Hadopi c’est voter contre la démocratie, c’est voter contre le droit à la parole, c’est voter contre l’accès à Internet, c’est voter pour le retour au contrôle pyramidal.

A peine venons nous de découvrir le pas de l’évolution que nous permet Internet qui nous transporte dans le 21ème siècle avec des espoirs inespérés que nos dirigeants veulent nous l’enlever.

Internet est un pouvoir horizontal qui détruit la pyramide là où le gouvernement avait pu jusqu’alors garder la main sur les médias traditionnels.

Internet que nos dirigeants n’ont probablement jamais utilisés pour autre chose qu’un usage similaire au minitel a révolutionné notre société. Il donne un pouvoir aux Hommes qui était jusque là réservé aux grands:

La liberté de communiquer, de se connecter, de manière horizontale et sans intermédiaire pour parler, échanger, diffuser, communiquer, gratuitement, paroles, idées et oeuvres.

“Le pouvoir, c’est comme l’eau de mer, plus on en boit plus on a soif.”

Et Sarkozy de Nagy Bosca a très soif. “Nous irons jusqu’au bout” avait-il annoncé le 22 juin 2009 à Versailles.

Alors que les députés ont bu Hadopi jusqu’à la lie, nous avons soif de libertés, celles que nous découvrons à peine et que l’on veut déjà nous retirer.

Pour la seconde fois, le Conseil Constitutionnel sera notre dernier rempart contre leur inétanchable soif.

La vague

La vague d'Hokusai

Chers députés, chers sénateurs, cher gouvernement, cher président, vous êtes en train de faire de grosses bêtises en touchant à quelque chose qui est bien plus grand que vous. Vous ne pourrez jamais contrôler Internet, et plus vous insisterez, plus vous serez défaits, comme on lutte contre un raz de marée, en vain. La peur de ne plus contrôler vous envahit, car vous avez perdu toute rationalité. N’ayez pas peur et acceptez que nous ayons aussi cette liberté: nous n’y renoncerons pas. C’est à vous de vous y adapter: nous ne reculerons pas car nous avons raison.

Il va falloir nous accepter, nous nous sommes tus pendant trop longtemps, et nous avons beaucoup de choses à dire, à échanger, à partager. Si vous ne souhaitez pas les écouter, ce sera à votre propre perte. Vu votre capacité à écouter nos alertes, il semble que vous ayez déjà fait votre choix.

Le notre est celui de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.


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16/09/2009 at 13:14 Comment (1)

De la rareté vers l’abondance

Pour libérer notre société de ses maux, de ses problèmes multiples, une de mes recommandations est de faire péter les uns après les autres les verrous de la rareté. Qu’est ce que ça veut dire? Comment s’y prendre? Pour remplacer par quoi?

D’abord, il me semble important de définir la rareté (cf wiktionnaire) :

  1. Choses qui sont en petit nombre, en petite quantité ; il est opposé à Abondance.
    Il y eut grande rareté de vin cette année-là.
    Ces objets coûtent cher à cause de leur rareté.
    La rareté en augmente le prix.
  2. Choses qui se trouvent difficilement.
    La rareté des diamants contribue beaucoup à leur prix.
    Il y a dans sa collection des pièces d’une rareté singulière.
  3. Il se dit au figuré de Ce qui est peu fréquent, peu commun.
    C’est une rareté que de vous voir.
  4. (Par extension) (Familier)
    Vous êtes, vous devenez d’une grande rareté.
    Pour la rareté du fait, Pour la singularité de la chose.
    Je voudrais bien voir cela, pour la rareté du fait.

La rareté peut être  naturelle ou contrôlée.

- Rareté naturelle : les rubis se trouvent en quantité limitée sur terre, les trèfles à quatre feuilles sont difficiles à trouver.

- Rareté contrôlée : ressources, services ou produits peuvent être contrôlés et maintenus en quantité limitée, par exemple le nombre de Prix Nobel distribués ou les diamants.

Pour vous expliquer une rareté contrôlée, @phyrezo vous présente en deux mots le contrôle des diamants : l’approvisionnement du marché est controlé par un oligopole de la production, un quasi monopole de la part de De Bears. Ce qui fait que les diamants, en particulier les belles pièces, sont retenus pour maintenir les prix. Pour les pieces plus communes (en dessous d’un carat), c’est surtout le marketing qui fait le prix – “un diamant est eternel” “Le prix de votre amour”


Bien.

Explosion du barrage

Explosion du barrage

La rareté contre l’abondance

Faire sauter les verrous de la rareté, ça ne donne pas toutes les solutions à nos problèmes, mais ça permet de reprendre les libertés, les responsabilités et la possibilité de se réapproprier ce qui nous appartenait. Comme nous le dit Richard Stallman, le libre c’est égalité, liberté, fraternité. Mais chacun redevient libre du processus de décision, ce n’est plus une entité, organisation privée et propriétaire qui choisit pour nous.

C’est donc bien un changement de paradigme: d’un côté, en quantité limitée et contrôlée derrière une barrière propriétaire, de l’autre côté :  libre et autogéré. En libérant chaque domaine il faut donc bien s’assurer que la responsabilité et la conscience des utilisateurs soient prêtes pour ne pas répéter les modèles basés sur la rareté et surtout, pour savoir gérer l’abondance avec succès!

Se servir une part du gâteau

Se servir une part de gâteau

Gérer l’abondance, c’est comme se servir à un buffet, prendre du fromage sur un plateau gratuit mais limité en quantité : il faut savoir penser aux autres, accepter de diminuer ses droits au fur et à mesure que le nombre d’usagers augmente (si matériel). On le fait tout naturellement à l’échelle locale, via l’éducation, le bon sens, la logique et le partage. A plus grande échelle il s’agit là encore de réaliser, prendre conscience et accepter le super organisme qui nous dépasse et que nous constituons pour d’autres ressources. Il faut revenir à l’échelle de chaque flux.

Si pour un gâteau il est très simple de voir le nombre de part et le nombre de personnes autour de la table, il nous faut revenir à cette logique et apprendre à répartir les richesses de façon plus juste pour les niveaux supérieurs. Une fois encore, il faut être capable d’avoir l’oeil micro et l’oeil macro, d’avoir la barre de zoom dans la cornée et d’être capable de passer de l’unité à l’holoptisme, la vue d’ensemble.

Une super machine qui calcule tout?

Dans la vidéo de Zeitgeist, le projet Venus propose une machine qui calculerait pour chaque ressource et produit les réserves restantes et la quantité autorisée. Sans aller dans un cas aussi global, il est très jouable de définir via des systèmes de gestions locaux, les besoins, les demandes, les ressources disponibles qui peuvent être partagées ou allouées.

Règles générales et règles locales

D’un autre côté, chaque système local doit être régi à un niveau plus global vis-à-vis des problèmes généraux que nous avons. Il n’est plus possible de laisser une communauté gérer certaines ressources comme elle l’entend puisque, étant tous interconnectés, les émissions de CO2 des uns jouent sur le climat global. D’où la nécessité de règles générales, de limites à ne plus dépasser au niveau planétaire.

Parallèlement, il nous faut des systèmes avec des règles qui ne sont pas définies globalement car les enjeux, contraintes, populations, ressources et cultures sont complètement différentes à chaque endroit.

C’est ce qu’on appelle le glocal, contration de Global et Local.

Matériel et Immatériel

Abondance et rareté fonctionnent de façon inverse selon s’ils sont dans un monde matériel et immatériel.

Monde matériel: Tout est en quantités limitées. Les limites peuvent être grandes, mais dans un paradigme holoptiste, c’est limité.

Monde immatériel: Tout est multipliable à l’infini pour une abondance infinie au niveau technique.

dans le matériel quand je partage je divise, dans l’immatériel quand je partage je multiplie“.

Donc on a des problèmatiques inverses: le but est évidemment d’avoir des systèmes gérés en abondance dans les deux cas.

Alors que l’immatériel se créée et multiplie à la demande suivant l’offre de création et diffusion, le matériel a la vie dure: toutes les ressources basiques sont fournies par la Terre en quantité limitée et il est impossible, pour l’instant, de créer de la matière. Elles se transforment, changent, se mêlent et se démêlent en un gigantesque cycle. Ainsi leur allocation doit s’affiner au fur et à mesure que l’occupation du territoire et la population de la Terre augmentent afin de permettre à chacun de garder une part égale.

Le combat de la rareté contre l’abondance dans le monde  immatériel?

On a vu qu’au niveau technique, l’immatériel permet l’abondance aisément. Cela a permis très vite aux humains de se retrouver sur Internet pour partager, échanger, diffuser leurs oeuvres, leurs savoirs et connaissances. Au niveau juridique et mentalité, il y en a encore qui n’ont rien compris et veulent garder le contrôle. La quantité d’eau augmente et le barrage commence à grincer, il ne retient plus aussi bien l’eau.

Il s’agit donc de convaincre ces dynosaures d’orienter et de guider le courant de façon plus fluide, plutôt que de s’y opposer en barrage. Les convaincre pour les aider, ou les laisser y rester.

On ne peut arrêter l’eau, on ne peut arrêter l’information, on ne peut arrêter Internet.

Nous ne pourrons reculer devant ces libertés auxquelles nous avons goûté: il s’agit ici d’abolir le copyright. Respecter l’auteur oui, en le mentionnant. Je le remercie par mon attention, pas par mon argent.

Comment les artistes vivraient alors s’ils donnent gratuitement leurs chansons?

Pour Gerd Leonhard et Chris Anderson, l’abondance et le gratuit se sont déplacés, mais il continue d’y avoir des moyens de se financer à côté du gratuit. On avance doucement en libérant le contenu.

Gerd Leonhard les décompose en 3 parties : Access, Embodiment, Experience, ce qu’on peut traduire en l’accès, la forme de représentation et l’expérience.

Exemple: Pour aller sur Internet, je ne paye pas une quantité de contenu, je paye l’accès via mon FAI. Pour radiohead je ne paye pas pour le mp3, je paye pour le CD avec la pochette collector. Pour le Dalaï Lama, je ne paye pas pour ses prières ou sa parole, je paye pour le voir lors d’un événement.

Chris Anderson lui nous dit qu’il faut faire du gratuit et déplacer l’offre rare et payante vers autre chose. Si vous distribuez votre livre gratuitement, les lecteurs achèteront des produits dérivés. Vous me direz c’est l’inverse de ce que font les marques qui distribuent des produits dérivés pour sympatiser avec le client et lui faire aimer la marque et au final acheter ses produits.

L’immatériel sera abondant, le matériel restera précieux

Par leurs exemples Chris Anderson et Gerd Leonhard appliquent toujours une semi-rareté en libérant la partie immatérielle mais en transférant la valeur de rareté sur le matériel. Ainsi Radiohead distribue de façon infinie ses chansons, c’est l’abondance, mais il faut payer pour les voir en concert. Eh oui, on a beau faire son possible, l’expérience est unique, l’événement provoque la rareté. Ce n’est pas un hasard si assister à un opéra a tant de valeur.

L’idéal dans une société d’abondance est quand l’offre dépasse la demande. Ainsi les choix sont multiples et toutes les options disponibles. La vitesse à laquelle les heures de vidéos s’accumulent dans les bases de données de Youtube est à se demander si quelqu’un sera capable de regarder tout ça un jour?

Compétition ou coopération?

Pour ce qui est de maintenir la compétition, puisqu’on aime quand même se challenger et il faut toujours un mix entre compétition et coopération, c’est évidemment la coopétition. Comme les groupes de codeurs de linux s’aident et se concurrencent, l’objectif commun est le même, la victoire n’est pas matérielle mais symbolique et émotionnelle. Elle s’exprime en échelle de réputation et de remerciement pour l’apport à l’intelligence collective globale.

On est tout à fait dans la société de connaissance de Marc-André Ghyxx. Chaque être humain apportant son cerveau et ses contibutions à l’ensemble de la société. On peut imaginer une compétition rude pour les projets les plus pointus, et une coopération complète sur les partages des ressources de bases et sur les recherches pour l’Humanité. Il faut toujours jouer sur les deux tableaux et adapter en fonction du terrain et de la ressource avec laquelle on joue.

Si on résume le tout, ça pourrait donner quelque chose comme ça. Amusez-vous en famille ou avec des amis à réfléchir à une ressource ou un bien immatériel que vous pourriez libérer, et comment. Je n’ai par exemple pas fait l’Internet.. à vous! Je mettrai à jour si la récolte est abondante.

Matériel Immatériel
Eau Pétrole Information Créations Argent
Rareté Sources Propriété privée Copyrights Copyrights Création monétaire
Vente Qualité Qualité Qualité Accès, Accès, Crédit
Traitement Traitement Traitement Forme, Expérience Services
Don Contenu Contenu
Abondance Accès libre Profusion Presse libre Licence GPL & CC Monnaies libres

Oui bah alors


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11/09/2009 at 01:32 Comments (10)

Free vs paid by mediafuturist Gerd Leonhard

Voilà ce qui constitue sûrement une bonne synthèse de l’état de la bataille entre les propriétaires de contenu et les chevaliers du libre.

Free vs paid en 40 slides par Gerd Leonhard, media futuriste. je ne suis pas d’accord avec toutes les slides sur le niveau freemium et l’accès à la rémunération, mais sur toute la partie open et libre, ainsi que sur les parallèles avec les monnaies.

Here is probably a good synthesis about where we are in the fight between copyrights holder and open content knights.

Free vs paid in 40 slides presented by Gerd Leonhard, mediafuturist. I don’t agree with each of his slides about freemium stuffs, but I do on the whole open and free part, as well as the interesting quotes about money.

Et voici le stream en anglais, de la conférence à Tokyo :


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26/08/2009 at 04:08 Comments (4)

Le début de la fin c’est fini, voici en avant-première le futur

Ce WordPress, c’est une énorme libération, d’une flexion à une extension totale de tous mes membres dans l’espace (bien que j’ai le genou dans le chou). C’est une libération des membres, de l’esprit et des mots. Des mots car ceci n’est pas écrit chez over-blog, partenaire de TF1 media, des mots libres qui viennent d’un logiciel libre avec des plug-ins libres chez un hébergeur(1&1) pas tout à fait libre, mais on en reparlera. Des membres car ici je peux installer ce que je veux, tout configurer à ma manière, c’est chez moi, je n’habite plus au zoupic rue overblog.com mais au zoupic via WordPress chez zoupic.com (chez l’hébergeur pas tout à fait libre). Et l’esprit car dire des mots et dans la pratique ne pas être en accord avec la parole est racinalement contradictoire. Donc je fais ce que je dis et je dis ce que je fais, je pense ce que je dis et je dis ce que je pense. C’est la transparence et la cohérence. Coeur pur, intentions claires et visibles. En avant, pour ouvrir le blog, passer le cap des 25 ans et la transformation de l’étudiant au monde de la transition, je vous dévoile mon plan. Qui veut jouer?

Le monde est flux. Internet est flux. L’argent est flux.

Une caractéristique de notre monde de son origine à nos jours, du soleil à l’atome ce sont les flux. Les échanges, les variations, les déplacements, les courants qui modifient augmentent ou diminuent les variables qui nous entourent.

Les flux.

Comme le circuit de l’eau. Comme le circuit du pétrole. Comme le circuit de l’information. Comme le circuit de l’argent. Comme le circuit des déchets. Deux images pour compléter, celle de mon circuit de l’information et celle utilisée par Arthur Brock sur le wiki new currrency frontiers (plus bas) :

le cycle de l’information par zoupic

Des chaînes, des cycles, des états différents et toujours des échanges. Dans ces flux, on trouve le code source de notre société. Ce qui est intéressant c’est que l’on peut décomposer et tracer des parallèles entre les différents flux. Ils se ressemblent, ils fonctionnent plus ou moins de la manière et peuvent ajuster selon nos goûts.

Nous ne sommes en somme qu’une somme de flux : IN & OUT

J’inspire, j’expire.

je bois, je pisse.

je mange, je chie.

j’achète, je vend.

je recycle, je pollue.

j’ai chaud, j’ai froid.

j’aide, je renie.

j’aime, je déteste.

je lis, j’écris.

j’écoute, je parle.

je reçois, j’émets.

Ping, Pong.

Cette somme de flux, sans être l’ADN, c’est la somme des caractéristiques de notre personnalité, qui nous sommes. Comme une entreprise a des entrées et des sorties, nous sommes également auto-entrepreneur et responsable de notre corps, de notre esprit et cerveau. C’est à la direction que revient la mise à jour des flux, et la remise en question de leur état.

L’économie mondiale n’est que la somme de flux individuels.

La politique mondiale n’est que la somme de flux individuels.

Le réchauffement climatique n’est que la somme de flux d’émissions individuelles.

J’appelle à l’holoptisme et la vision du tout pour descendre jusqu’à l’unité, l’homme. Chacun de nous est responsable de la somme de ses flux. Il doit donc les optimiser et les régler en cohérence avec ses idéaux.

Plutôt que de faire la révolution, il est dores et déjà possible de faire sa révolution. Ce n’est pas chacun la sienne, le but est commun, mais elle se fait dans son jardin pour piquer une métaphore avec le jardin à cultiver de Voltaire (merci Sylvain). Plutôt que de casser et de reconstruire, plutôt que de détruire il nous suffit de nous déconnecter. Comme un serveur, une boîte mail, /quit.

Il continuera, mais sans moi. De mon côté, je reconnecte mes flux vers des alternatives. Je mets à jour ainsi toutes mes habitudes et repense ma façon d’être en accord avec ma philosophie ou mes idéaux. Je reconnecte les liens de l’autre côté avec d’autres joueurs qui ont déjà fait leur révolution, ou sont en cours.

Un processus lent, et difficile : changer. Changer de monde, changer son monde, changer de règles, changer de coutumes, s’observer, se décrire, se réécrire, et se transformer, se compléter, entre dans la phase de transition en changement permanent. En changement permanent.

Il nous faut redévelopper les valeurs que nous avons à l’échelle locale, dans les cercles proches des amis et de la famille, dans un groupe de musique ou de sport, ce qui naît de l’intelligence collective à petite échelle et que nous appliquons en “Aide ton prochain et l’ensemble sera plus performant que la somme des individualités”.

Dans certains cas nous savons très bien l’utiliser mais cette phrase perd parfois son sens dans d’autres domaines à grande échelle.

Lorsque nous perdons de vue le flux. Lorsque nous ignorons d’où il provient, ce qu’il contient, les implications qu’il a sur l’environnement, l’entreprise qui le fabrique, les produits qu’il contient, le bénéficiaire, nous n’avons pas accès à l’image complète et ce que nous induisons comme flux invisible à plus grande échelle. Beaucoup des flux de notre société manquent de transparence.

A nous de comprendre les flux que nous souhaitons valoriser, et comment les mettre en application, et comment abandonner ou rompre avec leur ancienne forme?

Les flux définissent le monde.

En appliquant mes flux à ma pensée, j’optimise un terrain dans lequel je serai mieux, au lieu d’en faire la pub, j’en suis le consommateur, le client. Et comme ce monde d’alternatives a beaucoup plus à offrir que la tendance actuelle, le plus tôt je serai dans l’autre bateau, le mieux ce sera.

Je vous invite donc à quitter le navire. Laissons couler le titanesque capitalisme, et préparons nous à la suite. Pas la peine de rappeler qu’il n’y aura pas assez de canots de sauvetage.

Il est temps de penser notre bateau.

Repensons le monde

Qu’est ce qu’il nous faut pour jouer?

1) un terrain : on a

2) des flux : oui bah tu peux y aller

3) des joueurs : ça se trouve oui

4) des règles : on peut trouver ça

Pour les règles, il y a qu’à copier celles qu’on prône déjà. Le GNU, les CC, le libre. Ce qui est applicable à l’immatériel pour commencer. Nous aimons wikipédia et GNU\linux, le forking, pourquoi ne pas prendre ça comme base? Et puisque nous parlons d’une idée née grâce à la naissance d’une intelligence collective globale, si nous voulons donner de l’espace et des libertés à cette conscience commune portée par le digital et énormément mise en valeur par l’ère numérique, il lui faut un corps propre et qu’elle soit composée à tous les niveaux de procédés libres. C’est la neutralité du net. C’est un corps sain pour un esprit sain.

C’est la garantie d’un système diversifié, riche, transparent et favorable à la coopération comme à la compétition. Au delà des contenus, nous pouvons aller demander aux contenants d’être libres, les plateformes, les pcs, leur ossature (open hardware). Ils voulaient fermer toutes les portes, nous avons construit un monde sans portes, ils voulaient poser des barrières, nous avons appris à voler.

Le flux de la création

Le flux qui nous intéresse est celui de la création, que l’on applique ensuite à ce que l’on veut d’immatériel :

Évidemment, en sachant que “Une infinité de copies potentielles pour un coût nul met par terre tout modèle de financement basé sur la rareté” @mikiane” on remet en cause certains modèles, qui ont p’têt profité un peu trop d’un monopole basé sur la rareté, et plus loin que ça on se demande si le modèle n’est pas mieux quand on le règle sur la case “abondance”

Warner vs The Pirate Bay (appartient au passé: Warner)

Linux vs Windows (appartient au passé: windows)

Radiohead vs EMI (appartient au passé: EMI)

La bataille en place avec Hadopi n’est que la nième manche du combat du libre contre le privé. Le sentiment que j’ai quand je pense à Windows, c’est le même que General Motors, ce monstre, ce fleuron des Etats-Unis, comme Wallstreet, ce buffle doré, qui comme un titanique s’est fait mangé plié rangé après avoir été l’idole des jeunes.

Le traitement sera le même, ce n’est qu’une question de temps. La valeur d’identi.ca par rapport à la valeur de twitter est faible, mais chez identi.ca chacun garde la propriété de ses données. Même chose entre ning et facebook. Google l’a bien compris en faisant Wave en OpenSource.

Le flux de création passe donc par les étapes suivantes:

Création

Accès

Modification

Diffusion avec ou sans profit

Les Creatives common définissent à chaque étape ce que chacun a le droit de faire ou de ne pas faire :

Exemple une licence 3.0 by nc sa : peut être copiée lue, modifiée et tant qu’elle est utilisée à des fins non commerciales et partagée avec le même code de droits : (non commerciale / share alike). L’open source donne la possibilité à chacun de créer, modifier, échanger librement les codes sources des applications.

Il revient donc de définir ce que vous avez créé, la part que vous souhaitez partager et verser dans le pot de l’intelligence collective et de la communauté ou, en tirer profit en le gardant pour vous, puisque vous l’avez créé. En admettant que, comme Radiohead, John Makay ou Paul Jorion, vous fonctionnez en prix libre, vous aurez probablement le réflexe de partager toute création avec l’ensemble de l’humanité en acceptant en retour les dons des personnes reconnaissant un travail, une valeur à votre œuvre. Tout le monde le sait, allumer une bougie avec une autre bougie n’éteint pas la première, et les deux ensemble produisent plus de lumière.

En gardant ce flux de la création et son parcours, on en arrive à une gamme de droits : qui a le droit de créer quoi, de le modifier, de le renommer, de le déplacer, de le multiplier et d’en tirer des bénéfices.

Alors les libérations sont en cours: on avait déjà libéré les esclaves, les femmes, maintenant ce sont Ingrid de Betancourt & Clothilde Reiss bien sûr que l’on libère mais surtout les contenus, les tubes, l’énergie, le hardware..

all in

Il y en a une qui peut vous intéresser. C’est l’argent. Quoi de plus immatériel aujourd’hui que l’argent, à part les quelques pièces et billets qu’on trimballe, tout le reste est complètement absolument immatériel. Alors qu’est ce qui nous empêche de libérer l’argent? De reprendre le pouvoir de le créer, d’en définir les règles, qui peut justement le créer, qui peut le modifier, qui peut l’utiliser etc..

Messieurs dames, après la presse libérée par les blogs et le support de la technologie via Internet, je vous propose la mort d’un autre droit régalien, celui de battre monnaie. Puisque ce ne sont plus les états qui s’en occupent vu qu’ils ont pas su garder les idées claires, libérons la monnaie, c’est open money! Et ça se pratique depuis le canapé ou le bureau.

La monnaie n’est qu’un flux entre des individus pour compter les échanges. A vous de créer votre monnaie pour votre groupe d’ami, votre monnaie locale, votre monnaie mondiale, rejoindre une monnaie verte…

En créant votre monnaie vous réorientez vos flux via des groupes ou communautés que vous avez choisis. Vous faites les règles, vous êtes acteurs et décideurs. Les échanges sont refluidifiés via une abondance de monnaie. En effet, alors que dans notre belle société l’argent est rare et en quantité contrôlée avec le jeu du “il faut travailler pour vivre”, tout le monde est obligé de trouver sa part pour ne pas se retrouver sur la paille. L’argent dans sa définition capitaliste est comme un aimant, plus tu en as, plus tu en attires. Il circule mal et ne coule pas vers les bonnes personnes, il ne circule pas de tous et vers tous. Il est très mal répartie et ça empire encore.

Les monnaies libres permettent de redistribuer les cartes. En se mettant d’accord sur des règles, la communauté se réorganise autour de la fonction financière auto-gérée sans être ponctionnée par le cartel des banques. Elle peut choisir de favoriser certains échanges, d’interdire d’autres dommageables à l’environnement ou en désaccord avec la philosophie du groupe. Comme avec un logiciel libre, tout est codable, messieurs les geeks, le code vous attend.

Comme les distributions de linux couvrent tous les goûts de geeks, à nous de recréer le code source de nos liens, la tolérance avec les logiciels privés que nous autorisons pour offrir un éventail de monnaies, représentant la diversité possible dans l’alternative.

Si vous pensez que ce sera compliqué, détrompez vous, installez votre flowplace sera comme installer votre WordPress ou créer un wiki. Autant dire que ça va fleurir par millions. A vous de leur donner des règles qui ont du sens pour donner vie à un monde qui a du sens.

En ouvrant les monnaies, c’est le code source de la société que nous mettons sur la table si suffisamment de codeurs veulent s’y mettre!

Pour créer les open moneys, il faut 3 conditions : open transport, open data et open rules. Comme le web a son HTML les monnaies libres ont besoin de leur XGFL, les données doivent être partagée et les règles ouvertes, prêtes à être modifiées, changées, rééditées. En terminant sa plateforme, l’open money devrait changer complètement les échanges quotidiens que nous faisions avant en euros. Il existe d’ailleurs déjà de nombreuses monnaies complémentaires et ils ne nous ont pas attendus, simplement les médias n’en parlent pas. L’intérêt ici est la création du code des flux de meta currency, qui permet de créer des millions de monnaies libres, comme le code HTML régit chaque page web. Ainsi chacun pourra créer son propre réseau monétaire. Ca se passe pour metacurrency.org pour en savoir plus et donner un coup de main.

Récemment, le réseau des pionniers du Transitioner a ouvert une toute première alpha de flowplace. C’est un bac à sable pour apprendre à jouer et se familiariser avec le sujet.

Après l’information, l’argent, c’est aussi les autres flux qu’il faut libérer : la culture, l’éducation, le pouvoir décisionnel etc..

En appliquant la règle de la libération au monde matériel, on repense le monde. Il s’y ajoute une question fondamentale.

La création de matière étant simplement impossible, malgré toutes les expériences récentes tentées, il nous faut définir la propriété de la Terre. A qui appartient ce bateau? Rendons les ressources de la terre libre! Si l’on respecte la définition du développement durable et les 3 valeurs françaises, la Terre appartient à tous ceux qui l’habitent, l’ont habité et l’habiteront de façon égale, fraternelle et libre.

Une fois que l’on a renoncé à la propriété privée de la Terre, il suffit que nous prenions notre responsabilité collective et que nous nous y mettions, et comme le moment est aux tâches collectives, avec le réchauffement climatique et la transition sociétale que nous vivons, on pourrait en profiter pour faire d’une pierre deux coups et se libérer de cette société de la rareté une bonne fois pour toute. On y finira tôt ou tard, dans cette société de l’abondance, pourquoi ne pas profiter de l’ouverture?

De la société de rareté à la société d’abondance – comment et vers où aller?

Plus proche du projet Venus, on est dans la société distributive, mixe avec la société de la connaissance décrite par Marc-André Ghyxx et expliquée dans “au delà de la modernité, du patriarcat et du capitalisme“, où l’on serait débarrassés définitivement de l’argent et nos besoins seraient couverts par une société technologiquement pensée et optimisée pour les besoins de la civilisation où chacun proposerait sa créativité via son corps et son esprit tout en respectant et prenant en compte les limites de la terre pour les générations futures. L’Homme finit par s’assumer et se réorganiser. La société est basée sur une série de codes déterminant les ressources disponibles. Une sorte d’énorme gestion et optimisation des ressources comme nous en codons pour nos serveurs. On peut imaginer plus facilement cette application à l’échelle locale, une évolution du modèle coopératif municipal déjà allégée de sa monnaie locale. La terre a des règles, il faut connaître et respecter les règles. On a un peu trop fait les malins, maintenant faut faire diminuer tous ces trucs rouge et calmer le jeu tout en organisant la vie à 8 milliards.

Je ne comprenais pas pourquoi mes libertés changeaient avec l’augmentation de la population. Le nombre de m² par personne diminue, mes accès à la terre diminuent, ma part d’eau et de riz diminuent, eh oui dans le monde matériel plus on est plus on partage et plus les parts se réduisent. On a oublié cette donnée dans l’équation et certains en ont un peu trop profité. D’une société de médiocristan on est passé à une société d’extremistan, la crise est un symbole de rupture, de déséquilibre, il est possible de palier nous même à ce rééquilibre et de poser les règles pour revenir à une société médiocristane qui respecte vraiment les 3 règles liberté égalité fraternité.

J’aime à penser que l’homme a réussi à coder GNU\Linux par passion et que dans la situation présente, il sera capable de recoder les flux vers son environnement afin de réaliser la transition vers le nouveau monde. Cette utopie est réalisable si le changement est réalisable. Le changement dépend des flux de chacun d’entre nous. Est-ce jouable? let’s play together..

/quit over-blog.com

/quit TF1

/quit Télé

/quit politique

/quit journaux

/quit radio

/quit voiture

/quit viande et poisson

/quit EMI Universal Warner

What is next

?

/connect …

D’ailleurs, je cherche un hébergeur qui ne soit pas une entreprise créée pour faire du profit, si vous avez ça sous la main, je serai ravi de faire cette autre modification de flux, je veux qu’il soit propre de chez propre! Pour l’amour de l’art.

D’ailleurs d’ailleurs, si vous êtes fournisseurs de flux propres, quels qu’ils soient, n’hésitez pas à nous le faire savoir! Connectons nous!

Le capitalisme est mort, vive les alternatives! Vive la philosophie libre!

Du capitalisme aux alternatives

Résumé (via le wiki sociétal et ne ratez pas le brillant chapitre 5, l’organisation des autres)

une théorie axiomatique des utopies:

- 1. les utopies naissent d’une insatisfaction collective,

- 2. les utopies supposent l’existence d’une technique ou d’une conduite applicable

- – pour éliminer la source de cette insatisfaction

- – ou bien réévaluer cette insatisfaction en la considérant comme une ouverture vers une meilleure situation

- 3. les utopies ne deviennent réalisables que si elles entraînent un consentement collectif

Une certaine durée doit séparer les trois stade

- le stade de l’insatisfaction

- le stade de l’invention d’une technique applicable

- le stade du consentement à cette application

Les utopies peuvent être paternalistes ou non paternalistes, suivant

- que la connaissance de la technique applicable est à la portée d’une élite

- ou à la portée de n’importe qui.

Le bibliothécaire a répertorié ces liens comme pouvant égayer votre recherche:

Creative Commons video présentation avec les subs en fr

Why do we need an open economy? video presentation avec les subs en fr

What are the free currencies? vidéo en anglais de Jean-François Noubel

Interview de Jean-François Noubel dans le monde avec Bernard Lietaer par Hervé Kempf

Information is like water – Slideshow qui compare les flux de l’eau et celui de l’information

Présentation de threebles monnaie lancée en mars 2009 par Arthur Brock

La création de la SARD, licence globale dans le domaine de la musique portée par Richard Stallman (fondateur GNU) et Laurent Chemla (je suis un voleur & gandhi)

Vidéo de présentation de neutralité du net par les représentants de FDN, la quadrature, APRIL et député godillots.

Interview de Benjamin Bayart (FDN) sur la neutralité du net et les risques du minitel 2.0 (Partie 2)

Music 2.0 by Gerd Leonhard (en anglais)


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20/08/2009 at 23:38 Comments (15)