zoupic – le propre de l'Om

Création du futur: il est temps de passer au prochain stade de l'Humanité

Vers septembre 2010 et au-delà!

Je sors d’une belle après-midi de réunion sur la sociocratie et l’attribut plein d’une belle énergie. Pour la petite histoire l’attribut est une association, un groupe de personne qui vit à la Réunion, partis à 3 il y a 2 ans ils sont aujourd’hui 35 membres actifs pour 135 membres, créent, vivent et animent leurs groupes en utilisant la sociocratie, le jeu du tao et en incluant les enfants dans leurs processus de prises de décision. Une belle leçon humaine d’humilité et de partage réalisée par Laurent et Lydia. Merci!

Il est temps pour moi de faire un petit point sur mes projets du moment et à venir. Ca m’aide toujours à poser un point fixe dans le temps et voir ce qu’à tel moment ou à telle époque je souhaitais faire, et pourquoi ou comment j’ai dérivé. C’est aussi l’idéal pour se projeter et clarifier ce qui m’anime en ce moment. Enfin, c’est toujours la possibilité d’inviter aux commentaires, aux synergies, à la synchronicité et à trouver des personnes intéressées pour co-créer ces différents projets.

Avec Génération-Tao:

- Continuer de tenir la Chronique des Créatifs Culturels
- Aide à la rédaction des interviews pour le Magazine
- Organisation d’événements à thème (la suite de la soirée du 23 avril: Comment créer une société d’abondance?..)
- Développement, marketing, stratégie

En dehors de Génération-Tao, j’ai aussi une vie très active (comme vous commencez à le savoir) autour des systèmes monétaires complémentaires, participer à construire la nouvelle économie. Je navigue entre des envies de communication, d’événementiel, de designer…  A la manière de la loi d’attraction, je vous invite ici à me joindre, à participer, à me solliciter, à me connecter avec les personnes justes. Ces projets me motivent au plus profond de moi, ils sont justes et plein de sens: aucun doute. L’activation et leur mise en place demandent souvent un certain investissement, toujours plus enrichissant s’il est effectué en collectif, en groupe, à plusieurs, ainsi je vous invite à me donner un feedback sur votre envie, votre besoin, une motivation qui vous est propre de partager un bout de route, de faire un bout de code ou quelques images sur un ou plusieurs de ces projets, si ça résonne en vous! Toute participation est la bienvenue, ces projets m’animent au plus profond de mon être, et sauf changement de programme, je les réaliserai, mais je souhaite les co-créer. La porte est ouverte…

Autour de la nouvelle économie – appel à la co-construction

Nombre de ces projets trouvent déjà écho dans le groupe naissant qui se constitue avec des pratiquants intéressés tous par la diffusion des monnaies complémentaires: les valeureux (je vous en reparlerai!).

- Un site de ressources: Pourquoi les monnaies complémentaires – Comment les monnaies complémentaires? Pourquoi: pour pouvoir centraliser les réponses, les documents essentiels et l’argumentation du besoin des monnaies complémentaires. Comment: pour donner les documents clés de la conception d’une ou plusieurs monnaies, les différents guides, plus destinés aux designers, architectes ou toute personne qui souhaite monter son propre système.

- Des rencontres rythmées sur Paris, à la manière des green drinks, faire battre une pulsation régulière (une fois par mois?) sur le sujet des monnaies complémentaires et de la nouvelle économie, encourager les rencontres des pratiquants, aider à créer des liens.

- Des conférences, des soirées projection de documentaires, des séminaires de formation sur ces outils, les méthodes, les techniques, les procédés: Comment créer sa monnaie? Les événements peuvent être centrés sur la question de l’évolution monétaire comme d’autres processus qui contribuent à cette dynamique du mieux vivre ensemble: la sociocratie ou le jeu du Tao par exemple. Être facilitateur entre ceux qui vivent au quotidien des expériences innovantes et un public curieux.

- Un documentaire sur les alternatives monétaires existantes: je souhaite aller sur le terrain en Europe comme au Brésil, à la rencontre des humains et ramener des images. Le but est pour moi d’abord de rencontrer ces personnes, de découvrir leur histoire, les difficultés  rencontrées, les bénéfices de leurs changements, etc… Dans un second temps, partager ces images avec une double lecture: la première est de diffuser des exemples simples et concrets de ce qui se fait, expliqué par les pratiquants: montrer qu’il existe des alternatives concrètes et vivantes, la seconde est d’avoir des grilles de lecture pour les architectes monétaires des clés de création de monnaies, qui, quoi, comment, les étapes, les règles essentielles, toutes ces petites expériences qui nous éviteront de refaire les mêmes erreurs. C’est un projet très personnel mais qui me tient ô combien à coeur pour avancer sur la route de la rencontre des alternatives.

- Un outil en ligne de village virtuel: A la manière d’un jeu vidéo, je souhaite faire le cahier des charges et aller jusqu’à la réalisation d’un site web en open source qui permette à chaque communauté d’avoir un outil qui soit le reflet en ligne de son activité physique. Mairie, Banque, Marché, chaque partie doit donner le reflet  holoptique de la communauté, des richesses existantes, la possibilité d’interagir, de voir les flux, les règles, les membres, de proposer des changements, de soumettre des propositions etc.. Ce projet est probablement le plus difficile techniquement, il demande également un certain investissement, mais sa portée est très importante par sa réplicabilité à d’autres communautés. Faites signe si vous voulez que nous unissions nos forces..

- Du design de monnaies complémentaires: avancer avec des communautés dans la création de leurs outils, je pense notamment au Tiocan, éco-lieu près de Genève où je me suis déjà rendu pour un think-tank sur la monnaie, j’y retourne fin août pour continuer le processus. Je pense aussi à L’Attribut qui a le terreau et la maturité pour développer son système. Ca peut être du coup par coup sur mesure, mais ça peut aussi être le design d’une monnaie qui pourra être réplicable pour plusieurs communautés ayant des besoins et des valeurs similaires, je pense notamment aux sites web de l’information.

- Cercle intégral apprenant: Que ce soit avec les valeureux ou en dehors, c’est bien de prôner des choses, la meilleure façon de savoir si ça marche c’est de les vivre, des les appliquer sur soi. “Be the change you want to see in the world” nous disait Gandhi. Donc ici, découverte par la pratique, créer, apprendre, tester un peu tout ça.

Voilà pour la rubrique monnaies, comme vous voyez, c’est plutôt complet, varié et ambitieux, mais je pense que tous ces points sont complémentaires et cohérents.

Projets de l’âme, projets du corps

- Continuer d’animer des parties de jeu du Tao: à Paris et ailleurs, surtout à la sollicitation: si l’envie est là, que vous pouvez réunir une table (4 à 6 personnes), je serai ravi de me déplacer pour vous accompagner dans la réalisation de vos quêtes.

- A la rentrée je commencerai la formation de la Wutao – School pour devenir instructeur de Wutao, formation en 3 ans, c’est un passage essentiel pour moi pour revenir vers le corps, dans la sensation, dans le mouvement, dans l’ondulation et la respiration. Devenir instructeur c’est aussi le goût de la transmission, de l’accompagnement et du partage.

le wutao par Imanou

- A la rentrée je m’inscris également au Centre Génération-Tao pour pratiquer de manière régulière 3 disciplines effleurées pendant mon semestre à l’accueil du Centre: Art du Combat, Wutao et Souffle alchimique. De quoi se donner, se dépenser et faire circuler et harmoniser les énergies qui m’animent pour un mieux-être certain.

- La musique… aaaah la musique. J’ai récupéré récemment mon alto qui dormait depuis trop longtemps en Picardie. Il est temps de le refaire vibrer, je cherche d’autres personnes avec qui pratiquer, partager. Après une longue pratique du classique, je serai ravi de découvrir l’univers gipsy, tsigane, plus dynamique et vivant que mes premiers amours. Ce n’est pas une priorité pour moi, mais je sais et je sens que c’est un besoin profond, me reconnecter à la musique: Vibrer.

- Le chinois. Je sens le besoin de l’écrire ici, après avoir pris un seul et unique cours ce semestre, l’envie est toujours là, le temps difficile à trouver, mais cette langue m’attire profondément, et l’écrire me permet de constater que cette envie n’est pas morte. L’investissement ici est important, on verra avec le temps comment cela évolue.

Et puis aussi

En dehors de toutes ces activités, la recherche de la société d’abondance continue de m’animer, avec cette question profonde de la rareté et de l’abondance, comment ouvrir les yeux, la tête et le coeur? Ecrire sur la transition de l’ère industrielle à l’ère de l’information: la société de la connaissance. Comment prendre conscience de l’abondance? Comment partager, comment faire confiance et évoluer vers des modèles de répartition des richesses plus généreux. La veille quotidienne sur les sujets du numérique, des nouvelles organisations, des architectures d’animation de cercle ou d’événements, les business modèles en participation libre, le logiciel libre et les libertés en général.

Avec toujours cette ambition: servir en partageant les frais fixes et en participation de don libre pour la part variable.

Vaste programme… Voilà la direction, il n’y a plus qu’à parcourir le chemin… si vous souhaitez m’accompagner, ou partager un bout, soyez les bienvenus!

En avant!

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22/07/2010 at 00:52 Comments (4)

Storyus.fr & moi, le duo prend forme

Je vous l’avais dit, j’ai rencontré Dominique Nugues via ce blog, et puis tout est allé très vite. En 15 jours nous nous mettions d’accord sur ce que nous allions faire, comment  nous pouvions interagir et cocréer une émission qui parle des flux verticaux, historiques, religieux, de conscience et d’inconscient au travers des siècles, et puis les flux horizontaux, qui sont plus ma spécialité: énergie, environnement, économie etc..

Storyus de Dominique Nugues

Quelques mois après, storyus.fr naissait et nous avons réalisé deux enregistrements. Storyus est donc l’initiative de Dominique Nugues. Grâce à l’outil radio, il navigue à la recherche d’intervenants, d’informations pour partager et éclairer les problématiques modernes en liant la culture et l’esprit, le visible et l’invisible. Il est très actif au niveau local, en Normandie, acteur social et culturel, en lien avec les actions et les politiques qui s’agitent là-bas.

Nous avons fait un premier enregistrement sur la musique, l’histoire du support musical et la numérisation, comment tout ceci a évolué radicalement depuis la naissance du bit et du digital. Rareté et abondance, comment les deux mondes communiquent et ce que cela implique pour les business model qui s’effondrent aujourd’hui comme la presse, la musique etc.. Vous trouverez

Impact du numérique sur l’industrie de la musique

Vous verrez que Dominique travaille méticuleusement et sépare les parties, en enrichissant le contenu avec des introductions, et parfois des médias, de la vidéo, du texte, des liens pour approfondir la ballade.

De ces échanges est né un partenariat, qui nous lie dans un lien réciproque de confiance, nous nous aidons, moi à communiquer sur sa radio, son travail et à le mettre en lien avec les initiatives et les acteurs qui seraient susceptibles de l’intéresser, et lui diffuse mes travaux. Dominique diffuse sur radio bazarnaom, une web radio normande sympathique.

Les monnaies complémentaires

Récemment, Dominique me recontacte pour me faire parler des monnaies complémentaires. Il a l’intuition que c’est un sujet clé, mais il ne sait pas bien en parler ou ne se trouve pas légitime pour appuyer ses idées auprès du conseil régional avec qui il a rendez-vous. Il me demande si on peut enregistrer un échange, qu’il diffusera alors à ses intervenants. J’accepte avec grand plaisir, et c’est le début d’un échange de 45 minutes sur la monnaie, l’économie, les SELs, le SOL, les subprimes, l’optimisme qui m’habite et qui me donne confiance dans l’avenir. Nous balayons d’un sujet à l’autre en zoomant du global au très local, je me perds dans les chiffres exactes du ratio de Bale, les proportions de masse monétaire et autres chiffres que je connaissais autrefois par coeur, peu importe, l’esprit est là, la couleur est donnée. A écouter tête reposée! Vos commentaires et questions sont les bienvenus!!

Les monnaies complémentaires – Interview pour storyus.fr by zoupic

Storyus – zoupic, une histoire à suivre…

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14/05/2010 at 14:36 Comments (0)

Je n’ai pas voté.

C’est dimanche, jour de vote pour les régionales, je ne suis pas allé et je n’irai pas voter. Ce billet ne sert pas à me justifier, il me sert à essayer de comprendre pourquoi je n’y suis pas allé, et pourquoi je doute sur mes envies d’y aller les prochaines fois.

Voter c’est déléguer

En votant pour quelqu’un, j’ai l’impression de déléguer mes responsabilités à quelqu’un. De me dédouaner de quelque chose, d’une tâche ou d’un devoir, qui fait que je pourrai dire que c’est l’autre qui a merdé. Donner mes responsabilités, mon pouvoir, ma confiance à quelqu’un, surtout d’une classe politique, aujourd’hui, pour l’instant, je n’y crois plus. Comment puis-je avoir confiance en cette démocratie, pourtant synonyme de tant d’évolutions, de progrès, de développement, d’améliorations, quand je vois l’état du monde aujourd’hui? Comment puis-je croire que voter pour l’un ou pour l’autre des marchands de savon va améliorer de près ou de loin l’état des choses? J’ai l’impression que ces personnes n’ont qu’une préoccupation: être élu, et ensuite le rester. Comme si c’était une place dans un fauteuil qui masse les fesses tellement agréable qu’une fois que tu y es, tu fais tout pour y rester et que l’idée de ne plus avoir ce confort serait insoutenable surtout si c’est un autre qui la prend.

Comme si le fait de faire de la politique, d’avoir un programme, de dire, d’écrire, de proposer ce qu’il faut faire ou ce qu’ils feraient leur donne la puissance et la confiance nécessaire pour faire croire aux foules qu’ils sont bons. Je ne vote pas car je ne sais pas pour qui voter, je ne vote pas parce que je ne sais pas pour quoi voter, je ne vote pas car je n’ai plus confiance.

Après toutes les magouilles financières, politiques, européenne, les rapports de force, non seulement ça me dégoute, mais en plus, la politique a perdu de vue la finalité, le sens, le pourquoi profond de toute cette mascarade.

Je ne crois plus à la politique, j’y ai bien réfléchi, si c’était une voie intéressante pour moi, qui ouvrait des possibles, des champs pour faire bouger les choses? Le constat est négatif,  plutôt que de parler et de dire ce que je ferai si j’étais élu, j’ai choisi l’action, le terrain, le concret: bref, la réalité. On verra si un jour je change d’avis.

Voter pour la Star Ac

Cette expression utilisée par le très bon Francesco Casabaldi me fait toujours autant vibrer. L’impression que parmi toutes ces possibilités, tous ces programmes de télé, le choix est de toutes façons déjà scellé par le casting de TF1. Gauche, droite, milieu, quels qu’ils soient, ça ne change pas. Ils ne peuvent pas changer car ils sont pieds et poings liés. Ils ne peuvent pas changer car ils ne voient pas autre chose que les terrains habituels.

Dire que la politique c’est comme le vote de la star ac, c’est prendre du recul et se demander ce que finalement ces personnes ont comme influence sur moi, chaque jour, dans ma vie. Sarko ou Ségo, à quelques degrés près, c’est la même soupe. Pour la plupart des français, il y a 3 fossés, oui il y a des différences, oui, il y en a plein, mais quand on prend du recul, les deux fonctionnent sur la même logique, cette joyeuse croissance, l’emploi, le pouvoir d’achat, autant de mots qu’on ne lie même plus à leur sens. Pour changer de système, pour changer de mode de fonctionnement, on ne peut pas utiliser le même système qui a créé ceci, il faut une autre possibilité, et comme le vote blanc ne compte pour rien, je pourrai aller voter pour dire que je veux autre chose que la démocratie, mais je serai simplement ignoré, alors je fais ma part en écrivant ce billet. Que ce soit Sarko ou Ségo, au final dans ma vie, ça influence à peu près autant que le gagnant de la Star Ac: je m’en fou pas mal. Dans un sens ce sera pire, ce sera plus chiant, mais c’est tellement loin de là où je veux aller, que concentrer mon énergie pour eux, pour ce combat de 1° plus chaud ou 1° plus tiède, ça ne vaut pas la peine.

La finalité de la politique: se faire élire et avoir les fesses au chaud et ce le plus longtemps possible

Démocratie, le pouvoir de la pyramide

Prenez 10 programmes différents. Imaginez que chacun a un point fabuleux qui mériterait d’être mis en place. Le gagnant passe avec 2% de plus que les autres et on achète le programme avec le vendeur, fini les concessions, le gagnant prend tout. Oubliez les 9 propositions intelligentes des concurrents, oubliez les alternatives, la douceur, et le mix. Oubliez aussi la diversité, la convergence des idées, la spécialisation de chaque parti sur les points qu’il connait bien, non, on ne peut pas éclater, atomiser un vote, quand on vote, on prend un bonhomme, son équipe, et on avale son programme de A à Z. Il y a quelque chose de profondément obsolète là-dedans, il faudra que ça change.

Le fait qu’une fois au pouvoir, le parti politique dépendent des lobbys, des forces industrielles en puissance, de ceux qui ont financé sa campagne, il ne se bat plus pour des libertés, il se bat pour les intérêts de ses partenaires et honorer comme il le peut ce qu’il a fait comme promesse et engagement à toute personne qui finirait par voter pour lui. J’ai beaucoup d’amour pour Obama, mais une fois que l’on connaît les arcanes de l’oligarchie américaine, on comprend que même Bouddha ne pourrait pas faire grand chose en poste de président. Une marionnette, un pantin, un héros de série, un mec qui divertit, qui fait sourire, qui fait vibrer, mais qui de toutes façons est coincé dans une machine qui le dépasse. Une case remplie, bien remplie, mais une case avec ses limites et des sornes. La politique n’est pas le problème en soi, mais politique et lobbys, les intérêts locaux, régionaux et nationaux des acteurs en place font qu’ils défendront de toute leur force leur siège chauffant pour ne pas perdre la place. C’est normal, c’est bien naturel, ça s’appelle la nature, la résistance, et l’envie de ne pas se faire dégager. Comme les parasites, on aimerait qu’ils partent, mais ils sont tellement bien dans ce système qu’ils sucent qu’ils ne voient pas vraiment de bonnes raisons de le laisser.

Je préfère leur laisser ce siège massant chauffant si confortable pour les fesses.

Je préfère construire autre chose, ailleurs, avec d’autres personnes, d’une autre façon.

Démocratie, combat symétrique du 20ème siècle

Entrer en politique aujourd’hui, c’est jouer contre des mastodontes, des pyramides bien ancrées dans le paysage. De puissants médias, des flyers par millions, des campagnes prints à faire palir les mecs de greenpeace. Je ne peux pas aller sur ce terrain avec mes outils. C’est stupide, lent, inutile et inefficace dans grand nombre de situations. Ca me demanderait une énergie et des alliances nombreuses avec des puissants qui ensuite me tiendrait par les couilles. Ca me mènerait dans ce même siège chauffant qui, je suis sûr, me régalerait vraiment les fesses, mais avec la même pression des mêmes touristes à côté qui viennent tous demander leur part, et les électeurs-consommateurs qui veulent tout avoir sans rien faire. Ce qui motive ceux qui y sont ou ceux qui s’y lancent: la soif de l’illusion? la soif de pouvoir? faire un tour de chaise musical? ou juste envie d’avoir les fesses au chaud? Je ne sais pas, pour moi, c’est vu, c’est une perte de temps et d’efficacité.

Conclusion

Si je résume, la démocratie, c’est pour moi un système obsolète, car le gagnant emporte tout et on perd la richesse de la diversité politique dans la réalisation du programme. C’est futile car une fois en haut tu es bloqué par tous ceux à qui tu as promis la lune et dont les vrais changements nécessaires ne correspondent pas aux intérêts financiers qu’ils défendent. C’est déséquilibré car il faut jouer en rapport de force symétrique pour y entrer. C’est une illusion car les choses ne se changent pas d’en haut, avec des grands speechs et des carnets de promesses à faire pâlir les écoles de commerce. Enfin, rêver qu’en votant pour un bonhomme ou pour un autre tout va s’arranger, c’est entretenir ma situation de consommateur électeur qui attend le messie du 21ème siècle.

Confier ma voix à un système qui rassemble tout ça, c’est faire preuve de beaucoup trop d’espoir et de reconnaissance à mon goût.

Je n’ai pas voté, mais je continue de chercher comment changer. Je cherche et je teste. Comme la vaisselle, un peu tous les jours.

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14/03/2010 at 20:52 Comments (17)

Informations sur le contenu du séminaire de la conscience d’abondance

DE LA CONSCIENCE DE RARETE A LA CONSCIENCE D’ABONDANCE

Mais au fait, qu’est-ce que l’Abondance ? « Avoir tout ce qu’il faut » pour être heureux ? Ou développer une sensation de complétude indifféremment de ce que l’on a?

Au fond de nous, règne la croyance héritée du passé « qu’il n’y a pas assez pour tous ». Cela nous pousse malgré nous à adopter des comportements de survie, surtout lorsque nous sommes confrontés à une difficulté.. Alors la « peur » prend les commandes et nous conduit à obtenir l’inverse de ce que nous voulons profondément.

Aujourd’hui que l’homme a développé les connaissances et les techniques qui lui permettent de s’affranchir des contraintes de la survie, la vie nous invite à ouvrir les portes de nos prisons mentales et à apprendre à « dissoudre » nos peurs dans la confiance et l’amour. Cet atelier propose de découvrir quelques clés pour ouvrir ces portes et exprimer notre Abondance.

Atelier de deux jours les 24 & 25 avril 2010

Génération Tao (Centre d’art et d’écologie corporelle)

144 boulevard de la Villette 75019 Paris (Métro Colonel Fabien)

    • Prendre conscience de l’attitude intérieure qui génère rareté et Abondance dans notre vie

    • 4 clés qui permettent d’utiliser « l’ordinaire » de la vie au quotidien pour développer un sentiment de complétude en nous.

Horaires : de 9h à 17h30 environ. – Apporter un snack ou un déjeuner pour les midis.

Prix :

- salle & organisation 40 euros par personne à régler à l’inscription

- stage : participation financière libre payable en fin de stage, selon les disponibilités de chacun et la richesse qu’il estime avoir reçue

Avec Philippe DERUDDER

C’est son expérience de chef d’entreprise qui l’a conduit à s’interroger sur les contradictions du système. Il démissionne et partage depuis ce qu’il a découvert « dans le désert » qu’il a traversé à la suite de ce choix.

Auteur de plusieurs ouvrages et animateur de AISES – Association Internationale pour le Soutien aux Economies Sociétales. www.aises-fr.org

INFORMATIONS ET INSCRIPTIONS:

Formulaire en ligne: http://bit.ly/djCPiG

Etienne Hayem 06 58 22 14 25 email

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10/03/2010 at 14:32 Comment (1)

Vers les monnaies libres: une alternative décentralisée au système monétaire capitaliste

Article initialement publié chez Paul Jorion.

Depuis août 2007, je suis la crise du subprime au jour le jour. J’ai cherché de blog en blog des possibilités, des solutions concrètes pour sortir de ce système. Après avoir longtemps cherché, être parti du plus bas: l’individu, et être monté jusque dans les sphères de la spéculation financière et du casino de haut vol, j’ai trouvé une possibilité d’évolution dans laquelle j’ai choisi d’investir mon énergie et mon temps: les monnaies libres.

Le yin et le yang

Les systèmes monétaires mondiaux sont tous interconnectés, l’argent comme un fluide se répand et se déplace pour aller dans les niches où il sera le plus rentable, perdant à la fois la notion de sens et d’éthique. Comme le dit Bernard Lietaer, membre du club de Rome, fondateur de l’euro, ancien haut fonctionnaire de la banque centrale de Belgique, c’est le système qui est défaillant. Avec plus d’une centaine de crises dans les 25 dernières années, le problème est systémique. Comment à partir de ce constat, construire un autre système, ou un système plus résilient?

Si la mondialisation et l’unification des monnaies avait un but de performance et de simplification, il est nécessaire aujourd’hui de reconnaître et d’accepter que ce système ne fonctionne pas convenablement. Comme un monopoly, il se joue avec un début et une fin, et la structure du jeu nous mène inexorablement vers l’enrichissement d’une partie des joueurs face à l’endettement de l’autre partie. Notre système capitaliste qui a pour base simple la rentabilité et la multiplication des capitaux par son interconnexion croissante grâce à la modernisation des technologies de l’information accélère le rythme de la partie, et avec elle la fréquence des crises. D’après des recherches dans la durabilité des systèmes complexes, il faut trouver un équilibre entre performance et résilience. Jusqu’à aujourd’hui, nous avons réduit continuellement la résilience et la diversité des systèmes pour s’orienter uniquement vers la performance, au prix de nombreuses crises ravageuses. Comme le panda, ne mangeant que du bambou se retrouve très fragile lorsque son unique aliment est décimé, si on lui apprend à diversifier son alimentation, il résistera mieux aux aléas de la nature.

Si le système en place représente le yang par sa force dominante, sa puissance et son développement, les monnaies libres ou monnaies complémentaires peuvent représenter le yin qui donnera à notre système une deuxième jambe quand la première casse, un plan B. Le WIR né en Suisse en 1933 en est le plus vieil exemple: suite à la grande dépression, les entreprises se solidarisent et créent une monnaie d’échange basée sur la solidarité: Wir signifiant nous en allemand, ou WIR comme Wirstchaft signifiant économie. Par le manque d’alternatives à l’époque, ce processus permet aux entreprises de continuer à échanger malgré la pénurie de monnaie traditionnelle. Depuis presque 80 ans, ce système a servi de plan B dès que le franc suisse a connu des faiblesses, les échanges se déroulant dans la monnaie la plus stable.

Les monnaies libres, outil de démocratisation de la monnaie

Comme les blogs ont permis aux particuliers de devenir médias, les monnaies libres sont l’opportunité pour les collectivités locales, communautés et pour l’économie sociale et solidaire de se doter d’un système monétaire complémentaire, défini selon leurs besoins. Depuis 1971 et le décrochage du dollar de l’étalon or par Nixon, on sait que l’argent n’est plus rattaché à aucun métal précieux. Sa valeur est donc uniquement dans la confiance que nous avons dans le système, et de trouver un interlocuteur qui accepte le billet contre une marchandise bien réelle. Techniquement, un système monétaire peut être fait à partir d’une feuille de papier et d’un crayon, d’une feuille de tableur partagée, ou pour les plus modernes, d’un système d’information bien organisé. En Afrique, la plupart des habitants n’ayant pas de comptes bancaires, c’est le téléphone et les crédits mobiles qui servent de moyen de paiement. De ce fait, il devient relativement accessible techniquement pour tout groupe de personne de se doter de la tuyauterie pour pouvoir mesurer, échanger et comptabiliser les échanges.

De la même façon que de nombreux blogs ont permis d’apporter de la fraicheur dans l’horizon des médias, les monnaies complémentaires sont en train d’éclore comme autant d’alternatives locales décentralisées pour permettre les échanges au fur et à mesure que la panne sèche s’annonce. Déjà 4000 monnaies complémentaires fonctionnent dans le monde et sont autant d’expériences d’autres systèmes d’échanges et de mesure des richesses. De nombreuses monnaies locales permettent de stimuler les échanges régionaux et de protéger la fuite des capitaux vers les vortex captateurs que représentent les pompes capitalistes sous toutes leurs formes. En France le sujet connaît de plus en plus de succès avec des initiatives comme en Ardèche ou à Villeneuve sur lot avec les abeilles, le SOL ou encore le RES en belgique.

Comme GNU-Linux, c’est pour moi une évolution inévitable: une grande philosophie directrice et de nombreuses applications variant selon les territoires, les valeurs et les priorités locales.

La monnaie, accord multilatéral d’une communauté de jouer à un jeu

La monnaie n’est que le média de l’échange, la confiance est celle que nous avons dans le système, dans ses garde-fous, dans ses utilisateurs. Il semble que cette confiance ait tendance à dégringoler à vitesse toujours croissante au fur et à mesure que le rideau de fumée qui nous séparait des hautes sphères de la finance se lève et révèle au plus grand nombre la réalité des pratiques qui font tourner les bourses de ce monde.

Si vous ne leur faites plus confiantes, faites vous confiance! D’un accord commun d’essayer autre chose, les joueurs peuvent s’organiser pour créer les règles du jeu auquel ils souhaitent participer. Et si on arrêtait le monopoly pour découvrir autre chose? Et si le but n’était pas d’être le plus riche? L’intelligence collective que nous pouvons mettre en place est ici sérieusement à l’épreuve, la monnaie n’étant qu’un outil, ce sont bien nos intentions profondes que nous remettons en lumière quand nous nous interrogeons collectivement sur l’intention que  nous plaçons dans notre monnaie: quelles sont nos valeurs, quelles sont nos richesses, que souhaitons nous promouvoir, quel est le but de ce système complémentaire? Comment faire? Quelle sont les règles d’émission de la monnaie, et son circuit? Qui émet? Quelles sont les limites de richesses possible? L’argent travaille-t-il? Touche-t-on des intérêts si on immobilise une somme? Les sommes qui transitent sont-elles transparentes? La monnaie est-elle fondante?

C’est là la vraie racine du problème: les règles, le code de la monnaie, ses degrés de libertés, son intention, son éthique. Quel code pour quel fonction? Nous connaissons désormais les paramètres de l’équation que le capitalisme a oublié, à chaque communauté de composer un savant mélange pour représenter au plus proche de la réalité ses richesses, en respectant la terre, les ressources limitées, l’environnement et en favorisant ce qui n’était pas pris en compte dans le système qui agonise sous nos yeux.

Entrez dans le flux, faites tourner

Repenser la monnaie, c’est comme repenser le sang qui nourrit les différents organes du corps en oxygène. Il s’agit de penser à des propriétés et des circuits qui approvisionnent tous les organes et qui promeuvent le mouvement, la circulation et empêchent la stagnation et l’accumulation. En médecine, toute accumulation est synonyme de maladie, comparez la sous-monétisation de nombreux pays par rapport aux concentrations dévastatrices du coeur du système permet de comprendre ce qu’il faut éviter. Si la monnaie telle que nous la connaissons, définie par les règles capitalistes entraînent un effet de vortex ou d’aimant, avec la loi de Paretto en démonstration, il s’agit ici d’encourager la circulation des richesses, leurs fluidité et de remettre l’argent et la monnaie à la place de média, représentant les richesses réelles et non comme richesse en tant que telle.

Dans le fond, tenter les monnaies libres, ce n’est pas utiliser un outil miracle, ce n’est pas changer de système, c’est penser une autre manière d’être et de vivre ensemble, de reconsidérer la richesse et l’échange afin qu’ils servent l’humain et la planète dans toutes leurs dimensions. C’est aussi une manière d’arrêter de critiquer vainement le haut de l’oligarchie de Simon Johnson et de se retrousser les manches pour mettre en application concrète d’autres systèmes d’échanges.

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08/03/2010 at 17:49 Comments (0)

Quelques conseils pour la vie du groupe

Voici un texte qui était l’un de mes derniers mails au Bureau Des Associations (BDA) de l’istec, en quittant mes responsabilités dans la vie associative après 5 ans d’activité. J’ai retouché un peu l’original pour qu’il soit plus grand public et moins privé. Ce n’est pas seulement le résumé de mon expérience dans les cercles associatifs, cela représente la somme de mes expériences et ressentis d’étudiant. Ce sont aussi des règles de vie qui sont valables dans un contexte quotidien.

1) Restez soudés quoi qu’il arrive
Parce que la pression extérieure sera forte, le courant sera fort, pendant votre périple, au fur et à mesure des événements, c’est en restant soudés et en communiquant bien entre vous que vous aurez la légitimité et la crédibilité dans toutes vos actions. N’oubliez pas que vous faites ça pour le plaisir et que vous êtes ensemble dans le même bateau. Mais le premier cercle, c’est le votre et nombreuses seront les pressions extérieures qui essayeront de trouver des failles et d’y entrer. L’unité doit être votre force première.

2) Anticipez et facilitez vous la vie
Parce qu’une belle montagne de taff fait peur quand on s’y prend au dernier moment, profitez des outils de management collaboratif à votre disposition: Google docs – Google agenda pour relayer toutes les tâches simples à l’informatique avec les rappels, et aussi pour garantir une accessibilité H24 à vos documents pour vous et pour les autres. Jouez avec le terrain, faites vous un mail commun que chacun reçoit, organisez bien le partage de vos informations afin de mettre toutes les chances de votre côté. Organisez vous, répartissez les tâches, les responsabilités, les modes de gouvernance et de décision. Définissez les bases et les codes, activez les réflexes.

3) Gardez du recul et un pied en dehors
Même si vous êtes investis corps et âme dans votre projet, de temps en temps n’hésitez pas à prendre du recul et à vous rappeler ce que vous faites, les autres projets similaires qui existent, la situation environnante, les voisins, le contexte, le moment, la direction. C’est important parfois de lever la tête un peu au-dessus pour voir venir. Pouvoir alterner terrain et anticipation, coupler une vue long terme avec les projets à court terme.
Un pied en dehors c’est l’équilibre, c’est le monde extérieur. Vous êtes à fond dans ce que vous faites, et c’est génial, n’oubliez pas que la vie continue ailleurs et que votre projet n’est pas grand chose par rapport aux forces en présence à l’échelle d’une nation. Parfois ça vous permettra de relativiser et de souffler un coup de vous dire que finalement, on est bien peu de choses.

4) Prenez du plaisir à faire ce que vous faites
N’oubliez pas que vous êtes dans les meilleures années de votre vie (chaque année qui passe est la meilleure année de votre vie). Vous êtes jeunes, beaux, frais, drôles et engagés. Toutes les difficultés que vous rencontrerez vous paraîtront embûches et pièges mais pensez à la suite de votre vie, une armure qui fera que dans vos expériences, ça ne vous fera pas peur parce que vous aurez déjà vécu cette épreuve à l’époque. Donc dites vous que tout ceci n’est qu’un exercice, un bac à sable, un laboratoire à erreurs, un centre d’entraînement, et que même si ça merde, bah on a le droit aussi et c’est en faisant des erreurs qu’on apprend. Pensez le pour vous et pour les autres. Même si je préfère le côté pro et sérieux  au côté fun et Youhou, instaurez un climat de confiance et une ambiance sympa pour vous faire plaisir et ne pas vous dire que ce que vous faites, volontairement, vous fait chier d’avance. Vous serez bien meilleurs si vous vous amusez et vous transmettrez de bien meilleures énergies.

5) Faites ce que vous dites et dites ce que vous faites (c) Jean-Luc Brett
La communication est la clé de tout. Dites ce que vous faites pour informer les autres, c’est facile à mettre en place avec les mails partagés, mais aussi les actions terrains, laissez une trace de vos actions pour les autres. Et faites ce que vous dites, une image vaut mille mots, un exemple vaut mille images. Si au lieu de dire aux autres ce qu’il faut faire, vous montrez l’exemple, ça porte beaucoup plus de valeur que de dire quelque chose et de ne pas le faire. Ca rejoint un peu le “ne faites pas aux autres ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse”. Car vous serez à la fois profs et élèves, maître et étudiant, modèle et camarade, responsable et ami, chef et pote, si vous voulez pouvoir garder une bonne crédibilité par rapport à ceux à qui vous donnez des ordres ou des consignes, essayez de vous l’appliquer. C’est une des règles connes à dire, mais tellement importante.

6) Soyez fiers, soyez humbles
Sachez vanter votre projet, votre aventure, votre investissement et partager votre passion. Votre fierté guidera votre volonté à vouloir faire mieux, votre ambition à vous dépasser et à aller de l’avant.
Sachez écouter et vous faire petit quand c’est le moment. Nous ne sommes dans le fond qu’une poussière dans le grand jeu de la Vie.

7) Installez votre leadership par la légitimité : soyez justes et équitables
Ça renvoie un peu au film de 12 hommes en colère : le bon manager. Pour pouvoir assoir vos décisions, votre légitimité, vos responsabilités, expliquez votre décision  finale par rapport à votre réflexion. Chaque problème entraîne une analyse, qui entraîne une conclusion, donnant sur une décision. La décision fait partie d’une stratégie, qui peut être bonne ou mauvaise, judicieuse ou préjudiciable, on ne le sait pas au moment où on la prend, en tout cas il y a souvent de bonnes raisons guidant cette stratégie. A vous d’expliquer votre démarche, votre réflexion, votre stratégie, et de demander pardon si au final la stratégie n’était pas la bonne, tout le monde peut se planter. Demandez de l’aide si vous ne savez pas.

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26/02/2010 at 18:28 Comments (0)

Capitalism Died, what is next?

Il y a un an environ, l’école de commerce dans laquelle je finissais mes études organisait un concours de tag. Tiré au sort après qu’un de mes amis ait mis mon nom dans l’urne, je me retrouve à réfléchir ce que je vais bien pouvoir faire. C’était peu de temps après le billet de Paul Jorion sur la fin du capitalisme, le 18 mars 2009. Suivant le subprime depuis août 2007, les blogs alter mondialistes tels que lafinducapitalisme ou carnet de nuit, j’avais bien compris que ce système, comme le Titanic avait déjà touché l’iceberg. A l’époque, pour ouvrir le débat sur l’alternative géopolitique à la domination mondiale des US, je proposais la Chine en nouveau numéro Uno.

Capitalism died, what is next? -02-04-09

Aujourd’hui, je ne crois pas à une domination mondiale d’un côté ou de l’autre, il y aura bien sûr toujours des dominants et des dominés, mais je ne crois plus à des superpuissances délimitées par des frontières imaginaires, conventions entre les hommes pour mieux se taper dessus. Je place ma vision du futur dans l’homme, en tant qu’individu, dans l’homme en tant qu’animal social qui vit en groupe donc en communauté et dans l’homme en tant qu’artiste créateur doté de raison, qui dépassera de fait l’animal social que nous étions. Ce que nous sommes, ce que nous étions et ce que nous serons.

Internet nous relie comme jamais, nos voyages Erasmus tissent des liens avec nos voisins d’Europe, les semestres à l’étranger nous permettent de découvrir les cultures qui jadis étaient nos ennemis. Chaque jour, les connexions se font à différents niveaux et nous rapprochent un peu plus du super-organisme que nous sommes codés pour devenir. Nous ne deviendrons pas tous bisounours d’un coup, mais le contexte technique et global a changé et nous permet d’entrer dans une nouvelle phase d’évolution où il ne s’agit plus de se taper sur la gueule pour être heureux ou survivre, mais d’utiliser nos yeux pour contempler l’abondance présente, notre cerveau pour organiser sa répartition, et notre coeur pour la partager.

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24/02/2010 at 14:57 Comments (2)

Bienvenue dans le Tao Village

Après avoir rejoint Génération Tao courant janvier, me voici en train de compléter mes occupations quotidiennes en rejoignant cette fois l’aventure Tao Village.

Situé à la station de métro Ledru Rollin, Tao Village est un lieu qui m’a fait frissonner dès ma première visite début octobre. C’est l’endroit où est né le Jeu du Tao: jeu coopératif où chacun aide les autres participants à avancer dans leur quête. Utilisé à la frontière entre le développement personnel, la clarification d’intention dans la gestion de projet, l’aide à la décision, ce petit plateau et son cadre sont une méthode simple et sans failles pour faire avancer une situation dans un contexte convivial et gagnant-gagnant. Vous allez apprendre à aider les autres, et cela vous aidera à mieux comprendre votre quête. N’hésitez pas à vous y essayer et venir faire une partie les mercredi ou vendredi soir, en vous inscrivant sur le site ou par téléphone. Ce jeu ne ressemble à rien de ce que vous avez fait jusqu’à maintenant.

Le jeu du Tao

Depuis quelques années maintenant, Patrice Levallois travaille sur la problématique des richesses, et à la création d’autres formes d’échanges. C’est donc au sein de cette belle équipe que j’ai trouvé ma place en tant que chef de projet pour le développement du projet. A la frontière entre les différents parties: mobile banking, réseau social/place des marchés, animation et intelligence collective, j’essaye de façonner une solution qui mette en valeur au mieux chacun des acteurs, permettant à chaque communauté d’avoir un système qui corresponde à ses besoins et à ses valeurs.

Tao Village, c’est aussi l’aventure de la sociocratie ala Bernard Marie Chiquet, d’autres formes d’interaction, d’échanger et de décider. Nous y reviendrons très probablement quand j’aurai plus de temps et plus de visibilité sur les effets, c’est une forme d’intelligence collective pour communiquer et décider en groupe.

Tao Village en dehors du jeu du Tao intervient en entreprise pour proposer d’autres méthodes de management collaboratif, des techniques nouvelles et innovantes pour gérer les crises et remettre du lien dans l’entreprise.

J’avance pas à pas dans ce projet que l’on dirait fait sur mesure. Les possibles sont nombreux, l’avenir radieux et l’enjeu passionnant. Je profite de chaque instant, toujours époustouflé par la complexité du projet, mais ravi d’aider à construire, d’autres formes de liens entre les hommes, contribuant à développer le super organisme que nous formons.

Tao Village vient donc rejoindre Génération Tao comme famille pour continuer de construire un autre monde, et je suis heureux.

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23/02/2010 at 21:16 Comments (0)

Et si plutôt que de dire monnaie, on disait Flux ou courant?

Et si plutôt que de dire monnaie (de monnaie libre) on disait flux ou courant. Et si plutôt que d’accumuler, on faisait circuler?

Il y a eu les monnaies, il y a les monnaies complémentaires, mais il y a aussi, dans un tout autre registre, la vision du Flux collectif de solidarité. Voyons en détail ce que cela peut vouloir dire.

Dans les métaphores que j’aime utiliser pour ce qui complète l’argent rare tel que nous le connaissons, il y a celle du foot: la monnaie est comme le ballon, pour gagner il faut trouver une stratégie qui encourage les échanges et permette de faire circuler la balle. Dans l’équipe de foot comme dans une communauté, nous nous regroupons sur un socle commun de valeurs et une envie collective de créer et de faire des échanges ensemble. Au foot le but est de mettre plus de buts que l’adversaire, dans le courant, il n’est d’autre adversaire que nous-même, nos peurs et nos envies individualistes, le but devient alors simplement de créer et de s’enrichir collectivement.

Dans le courant, le but est de s’enrichir collectivement: d’alimenter le flux et qu’il nous alimente. Alors que dans le monde des monnaies rares, s’enrichir voulait souvent dire prendre à quelqu’un d’autre car nous étions en compétition, inégaux face à l’accès à la monnaie, la donne change lorsqu’on parle du courant.

J’alimente le courant, et le courant me nourrit, ma coopération avec le collectif profite à tous

Dans une communauté de valeur et de coopération, comme au foot, nous allons tous dans une direction commune. Nous faisons tous partie de la même équipe et personne n’a intérêt à ce que l’un des joueurs ne touche jamais la balle, car ce serait empêcher à son talent de s’exprimer, le but est de s’entraîner et de progresser collectivement sans oublier personne pour tirer l’équipe vers le haut. Nous voulons donner la possibilité à chaque joueur de se faire entendre pour permettre à l’équipe de jouir de sa diversité.

Au foot comme dans le courant, faire circuler la balle permet d’utiliser au mieux la richesse et la diversité d’une équipe

Dans ce cas là, s’enrichir veut dire permettre à chacun d’offrir aux autres ce qu’il sait le mieux faire, et de recevoir ce dont il a besoin. La vraie richesse c’est quand le livre et le lecteur sont réunis, quand la plante et l’arrosoir sont en phase, quand la fleur et l’oeil du randonneur se rencontrent. La richesse n’existe que quand elle est observée par l’autre, c’est le miroir qui permet de reconnaître la richesse, elle n’existe que si elle est partagée. Seul, je peux avoir tout l’or du monde, il ne me sera d’aucune utilité. La vie pour l’homme n’est garantie que si elle se partage à deux. Ainsi richesse et amour sont vains s’ils ne trouvent pas l’autre partie de la paire.

La richesse naît de l’échange, elle n’existe que si elle est partagée

Dans notre communauté comme une équipe d’alpinistes en cordée, il n’est pas question d’isoler celui qui reste derrière et de couper la corde, de même que celui qui part seul devant divise le groupe. Nous sommes liés et nous irons ensemble ou nous n’irons pas. On vit ensemble, on meurt ensemble. On se fait confiance. C’est ici que réapparaît le lien de l’Intelligence Collective qui fait que cette communauté  n’est pas une somme d’individualité, mais bien un tout, différent et supérieur à cette somme d’individualité. C’est cette solidarité qui fait la force du lien. Si tu es en positif, on t’aidera à dépenser pour te remettre en mouvement et revenir au cœur du groupe, si tu es en négatif, on t’aidera à offrir tes services pour revenir dans le positif, mais dans tous les cas, cela n’a que bien peu d’importance à nos yeux. Ce qui importe, c’est que tu fasses partie du groupe, et que tu sois en mouvement, toujours ouvert à recevoir, à offrir et à réaliser des échanges nous permettant de nous enrichir mutuellement. Dans la cordée, peu importe que tu sois devant, derrière, au milieu, l’essentiel est que tu avances avec le groupe.

Nous allons redécouvrir ce que collectif veut dire

Si tu acceptes de rejoindre cette communauté, nous partageons alors cet objectif commun, nous nous y engageons, servir la richesse collective, offrir nos services au groupe, déclarer nos besoins pour permettre la rencontre des offres et des demandes et la réalisation des actions qui nous permettent de créer de la richesse et d’alimenter le Courant.

En haut, j'échange avec une autre personne, en bas, j'échange avec la communauté

La monnaie nous sépare.

Le courant nous alimente.

La monnaie nous individualise.

Le courant nous englobe et nous lie.

La monnaie  nous oppose.

Le courant nous rassemble.

Dans la monnaie classique, la richesse se trouve en bout de ligne: chez les utilisateurs. Dans le courant, elle est dans le lien entre les joueurs. Voici une forme d’intelligence collective appliquée au flux financier, cela ne signifie pas que la gestion financière est centralisée, ça veut dire que les joueurs déplace leur confiance en leurs capacités individuelles vers la confiance dans le groupe. Inutile de rappeler que le groupe a des propriétés que la somme des individualités n’aura jamais, il s’agit donc de transformer nos peurs de manque et notre conscience de rareté en conscience d’abondance et de réinstaller la confiance dans l’autre et dans le groupe.

Dans le courant, peu importe la position (créditaire ou déficitaire) de chaque membre, l’essentiel est d’être actif dans les échanges.

Dans une partie de foot, il importe peu d’avoir le ballon, l’essentiel est de faire des échanges pour se rapprocher du but.

Considérer le lien qui unit les hommes comme un courant, c’est choisir de les réunir et de les lier collectivement vers une cause commune plutôt que de les opposer. C’est leur donner le pouvoir de se lier, d’émuler et de créer le lien qui les rassemble, plutôt que de les isoler et de les séparer de cette possibilité de faire corps.

Quelques règles sont préalables pour se mettre d’accord sur le cadre. Chaque cadre et règles seront à affiner selon les communautés, leurs contextes et leurs envies.

1) L’amplitude

2) Les limites supérieures et inférieures

3) la thésaurisation

Tout cela vise simplement à définir à quel rythme nous allons respirer, ensemble, collectivement, alternant inspiration et respiration. Retour à la vie, reprenons notre souffle.

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06/02/2010 at 03:51 Comments (2)

Duo sur les flux avec Dominique Nugues

Depuis mon billet qui lançait un appel j’ai trouvé une personne avec qui créer sur le sujet des flux. Il s’agit de Dominique Nugues, que j’ai rencontré sur la plateforme de journalisme digital owni.fr et avec qui nous avons très vite vibré pour la même vision: l’heure est grave, mais nous avons les moyens de jouer et faire notre part,  retroussons nos manches en souriant et agissons!

Un drôle de duo

Dominique à plus du double de mon âge, il a grandi à Caen en Normandie dans les ruines de la seconde guerre mondiale. Si j’aime à dire que je connais bien les flux horizontaux (économie, énergie, environnement), lui a beaucoup étudié et s’intéresse aux flux verticaux, dans un cadre plus historique, courants de pensée, religions, mouvements collectifs politiques conscients ou inconscients..

Dominique a fait de la radio et maîtrise complètement les outils de prise de son. Par contre, pour ce qui est d’installer un add-on pour skype, ça me rappelle tout de suite notre différence de génération et m’invite à l’humilité. Si j’excelle pour configurer quelques fichiers où il bloque, il m’éblouit par sa connaissance et sa culture dans les domaines musicaux des années 60. Nous apprenons l’un de l’autre et c’est un régal de servir et d’aider, comme d’apprendre et d’être nourri.

Si nous sommes d’accord au niveau du bilan de la situation, nos expériences et nos façons de comprendre les choses n’en sont pas moins complémentaires. C’est ce qui me remplit et me stimulee dans cette construction que nous faisons en ce moment: elle a lieu en 2 temps, le premier est un texte qui servira de base, un pdf sûrement, sur lequel nous posons un regard commun par rapport au monde qui nous entoure, sans jugement de “c’est bien” ou de “c’est mal”, mais comme état de la situation et point de départ de l’action. Le deuxième temps a en réalité déjà commencé puisqu’il s’agit ici de faire une émission de radio, podcast ou dialogues enregistrés et diffusés sur un site appropriés. Alternant histoire et actualité, numérique et imprimerie, l’an 2000 et l’an 1500, (pour schématiser) nous naviguons entre nos domaines de connaissances pour alerter et confirmer ce message que je répands déjà amplement dans ces pages: Internet a tout changé. Entrer dans l’ère de l’information avec les clés nécessaires pour ne pas se planter, aller dans le sens de l’évolution, apprendre de l’histoire, voilà des éléments cités au hasard qui me semblent bien représenter ce que nous défendons.

Notre duo a donc un aspect complémentaire fondamental qui légitime son aspect enrichissant. Au-delà de cela, c’est également une super expérience pour moi d’avoir quelqu’un d’une autre génération avec qui parler et échanger sans utiliser un langage de martien. Parler le madame Michu ou s’approcher d’une cible de grand public permet de redescendre du monde de la branlette intellectuelle qu’il est très facile d’atteindre. Des mots simples, des exemples simples, du concret, terre à terre, fini les billets en blocs sur des théories fumeuses, on parle ici de diffusion audio au plus grand nombre.

Avant c’était différent

15 jours ont suffi entre la diffusion de mon message, notre connexion, notre rencontre, la mise à plat de nos compétences, envies et valeurs. Après avoir brièvement discuté du temps disponible de chacun, nous avons trouvé notre socle commun, et voici l’aventure lancée. 15 petites journées ont fait de nous un duo, dans la simplicité et la complicité de cette aventure dont nous n’avons aucune idée où elle nous mènera. L’action, pour nous aujourd’hui, c’est simplement de parler et diffuser ce message, que tout est possible. Rien de nouveau sous le soleil me diront les habitués d’Internet. Ca fait toujours bien de le rappeler et de montrer à quel point ce ne sont plus des mots en l’air. It is real.

à suivre

Voilà, ainsi ce termine ce petit billet d’humeur comme j’en fais si rarement. Je vous tiens au jus dès que notre spécialiste ingénieur son aura coupé, retouché, retraité les bandes et qu’elles seront déposées délicatement sur un site qui vous ouvrira ses portes. Dans un futur proche il sera envisageable de broadcaster live également.. on en reaparlera.. Pour le pdf, c’est un texte plus profond, plus travaillé.. il trouvera sa force dans une certaine maturité, mais n’ayez craintes, ces cadeaux ne sont pas faits pour rester enfermés, il sera un jour libéré…

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04/02/2010 at 01:24 Comments (2)

Plus c’est rare, plus je le partage, rareté abondance and so WHAT?

D’abord, il faut toujours se rappeler que nous partons des richesses. Les richesses c’est ce qui vient de la Terre et que nous déclarons et reconnaissons comme richesse, rien de plus.

La matière, l’or, l’argent, le pétrole, le cuivre, les céréales, le maïs, l’herbe, la terre, les graînes, les plantes, les arbres, les animaux, les briques, le bois, l’eau, le soleil, le vent, le marbre, le plastique, les produits finis, le temps, les services, les hommes, le système, les qualités, la beauté, la santé, le coeur…

Une fois que nous avons compris que tout est richesse, et que ce qui est richesse pour moi ne l’est pas forcément pour mon voisin, nous pouvons attaquer les choses sérieuses. Une dernière pour la route: ce que je déclare comme richesse à un instant t peut devenir inutile l’instant d’après.

Abondance

Certaines richesses sont en abondance: elles abondent: leur disponibilité est supérieure à la somme des besoins des êtres humains.

L’abondance consiste donc à reconnaître que la disponibilité de la ressource ou de la richesse est supérieure à la somme des besoins (et non désir) des êtres humains. Il est important, comme en physique de définir un référentiel, de délimiter le terrain dont je parle dans lequel cette abondance est valable.

Exemple global simple: Immatériel: Il y a plus d’air que nos besoins cumulés. Il est là en quantité largement suffisante dans notre atmosphère, il y en a assez pour tous, nous le partageons inconsciemment à chaque instant. Le soleil également. Il n’abonde pas de façon égale, mais il faut reconnaître que nous n’avons que bien peu d’influence par rapport à sa présence ou son intensité en un point donné de la planète.

Exemple local simple: Matériel: Il y a 6 parts de gâteau, nous sommes 5. Admettons le besoin individuel en part de gâteau de 1, alors nous sommes dans une situation d’abondance et répartir les 6 parts par rapport aux besoins de chacun est un jeu d’enfant. N’est-ce pas d’ailleurs avec des bonbons que nous avons appris à diviser quand nous étions plus jeunes?

Exemple numérique: Immatériel: Un mp3 qui peut être copié à l’infini n’a comme limites techniques que la taille du disque dur et les tuyaux pour le distribuer. Etant donné que la taille des tuyaux, la taille des disques durs et la qualité augmente de façon exponentielle, l’immatériel numérisable est potentiellement abondant à partir du moment où nous le décidons. Et si nous ne le décidons pas, puisque techniquement c’est possible, la volonté de le partager est toujours supérieure à la volonté de le garder.

Pour savoir si nous sommes dans une situation d’abondance, il faut donc considérer à un endroit donné le recensement d’une ressource ainsi que les besoins des êtres à cet endroit.

Pour ce qui est de connaître les ressources, nous sommes devenus spécialistes en cartographie, mesure et étude de notre environnement extérieur. Pour ce qui est de nos besoins personnels, il va falloir découvrir et se pencher sérieusement sur notre environnement intérieur. Ainsi, je vous demande sincèrement, connaissez-vous vos besoins quotidiens? Pouvez vous les quantifier en matière et ressources?

Rareté

Certaines richesses sont en état que nous appelons de rareté: leur disponibilité à la surface du globe est inférieure à la somme des besoins des êtres humains.

La rareté consiste donc à détecter les situations dans lesquelles il n’y en a pas assez pour tous et d’organiser le partage et la répartition de ces ressources rares.

Exemple global simple: Matériel: l’eau potable. Alors que l’eau salée abonde dans les océans qui recouvrent les 2/3 de la surface de la planète, l’eau potable fait défaut à 1 milliard d’êtres humains.

Exemple local simple: Matériel: Il y a 6 parts de gâteau alors que nous sommes 10. 4 invités se sont incrustés, et ils ont sacrément faim. Il n’y a pas assez de gâteau pour satisfaire les besoins de chacun, la solution sera de recouper le gâteau pour faire 10 parts, plus petites.

Exemple numérique: Immatériel: un accès sur un site de qualité cherche à valoriser ses contenus. Prenez n’importe quel site avec un abonnement, on vous demande de payer pour avoir accès au contenu. Ici les choses sont rendues artificiellement rares car en réalité sur le terrain numérique la vraie rareté n’existe pas. C’est donc une rareté artificielle décidée pour capturer la valeur.

Pour savoir si nous sommes dans une situation de rareté, il faut considérer dans le référentiel choisi l’ensemble des ressources et les besoins (et non les désirs) des humains de ce même endroit.

Tant que nos besoins seront illimités nous serons emprisonnés dans cette rareté que nos esprits créent par nos propre désirs. Il est intéressant d’observer qu’au niveau simple et local, pour le gâteau nous sommes capable de partager les parts et de diminuer la quantité par personne facilement, mais dès que nous partons sur une plus grande échelle, nous perdons de vue l’image globale. C’est à ce niveau là que l’Intelligence Collective et l’holoptisme (vision du tout) peuvent nous aider à effectuer ce partage géant.

Quelques observations

- Plus c’est rare plus je partage: ma part diminue

- Si c’est abondant, la valeur se déplace vers le filtre pour classifier et organiser cette abondance et pouvoir qualifier le contenu

- Si l’accès est abondant, c’est le contenu de qualité qui devient rare

- Chaque abondance ouvre une nouvelle forme de rareté

- Mettre des barrières sur ce qui est techniquement abondant est contre nature

De la rareté à l'abondance, comment monétiser la nouvelle valeur?

And so what?

Aujourd’hui, nous avons d’un côté l’économie de la rareté, très monétisée, d’une grande valeur. Certains pans de cette économie s’écroulent comme les blocs de glace du Calafate en Argentine. Ca se démonétise, la valeur bouge, elle fuit ailleurs. De l’autre côté nous avons l’économie de l’abondance: grande valeur, aucun doute, mais peu monétisée par rapport à ce qu’elle représente. Que faire?

Monétiser l’abondance? On fait comme si on n’avait rien compris, et on gache ce cadeau qu’est l’Internet et l’accès pour tous.

Lier les deux et monétiser l’abondance sans capturer la valeur en utilisant le lien avec l’économie de la rareté?

Démonétiser la rareté et accepter que nous sommes dans une économie d’abondance dans le matériel également?

Oublier tout ça et se libérer une bonne fois pour toute de toute la réflexion du partage à l’heure de l’hyper production? Bénéficier tous des 5 besoins élémentaires pour vivre, avoir 10 jours de services pour entretenir et travailler pour le collectif, et le reste du temps, créer, utiliser nos cerveaux et nos corps pour créer et partager notre création avec tous les autres? Le temps des bisounours est venu. Il nous manque une catastrophe ou deux pour réaliser qu’il est temps. C’est possible aujourd’hui. Ce n’est pas juste possible, c’est ce qui nous attend. Ouvrons les yeux.

25/01/2010 at 13:33 Comments (7)

La relation entre la masse monétaire et les richesses

En écoutant le Mp3 sur le revenu de vie présenté par Thierry Crouzet et rassemblant Phyrezo, Stéphane Laborde, Olivier Auber, Florence Meichel et Philipe Scoffoni, je ne peux m’empêcher de faire un billet spécial sur ce que je perçois. On attaque ici le coeur du problème, et toute personne qui voudra se lancer dans la création d’une monnaie devra avoir conscience de ce rapport fondamental qu’il y a entre la masse monétaire et les richesses, et donc du pouvoir de la création de monnaie.

Gardez la comparaison en tête du rêve et de la réalité. La réalité ce sont les richesses: la terre et ses ressources, le rêve c’est la masse monétaire: les billets, les chiffres de vos comptes en banque. Il faut garder un lien entre la richesse et la mesure de cette richesse. Il faut qu’il y ait une confiance que le rêve représente bien la réalité. Quand nous parlons de crises financières et de bulles, c’est qu’on a perdu le sens de la réalité, que nous sommes repartis dans le rêve, on bulle. Et puis un jour la réalité resurgit. La bulle est de la taille de notre rêve: la différence entre ce qu’est la réalité et ce que nous avons voulu voir. En général tout le monde se plaît bien dans le rêve, mais le retour à la réalité est souvent beaucoup moins drôle. Donc il est important de garder une corrélation entre le rêve et la réalité, avoir confiance.

La monnaie, outil de mesure

La monnaie est un outil de mesure, comme le mètre, comme le kilo, comme la brouette. Elle permet à 2 individus qui ont des richesses diverses d’étalonner et de mesurer des tomates et des carottes. On estime la valeur des tomates avec l’outil de mesure. D’un autre côté on estime la valeur des carottes avec l’outil de mesure. L’outil de mesure permet de faire la passerelle entre les deux. On convertit. C’est un étalon.

Dans le troc: j’échange 1 kilo de tomate contre 1 kilo de carotte. Avec la naissance de la monnaie, j’ai confiance dans l’étalon de mesure et dans le fait que je pourrai l’utiliser plus tard pour l’échanger contre autre chose, c’est une sorte de “bon pour”. Donc un client arrive au premier magasin et échange 1 euro contre 1 kilo de tomate. Le soir, le marchand de tomate utilise l’euro reçu pour aller acheter 1 kilo de carotte. On nous répétait en physique et en math de bien mettre les unités car on ne mélangeait pas les tomates et les carottes, il se trouve que c’est justement ce que permet la monnaie: mélanger tout, mesurer tout sur un étalon commun, une unité universelle. Pour les unités de mesure de masse ou de taille on a déjà du mal à se mettre tous d’accord, pour l’énergie on doit bien avoir 10 unités différentes (joules, calories, newton, degrés, etc..) alors comment vous voulez que pour la valeur, chose absolument subjective, on arrive à trouver un accord universel? Il s’agit ici d’accepter que nous ayons des outils de mesures différents. Par contre lorsque nous voulons échanger, nous nous accordons à l’unisson pour trouver un système qui convienne aux deux parties. Comme si vous mettez en relation un grec et un russe, ils utiliseront sûrement l’anglais pour échanger, euh.. dialoguer pardon. Un outil de mesure que l’on puisse convertir selon les pays, les normes, les usages et les endroits. Universellement convertible.

La monnaie, outil de mesure

La monnaie, réserve de valeur

Quand nous commençons à utiliser la monnaie comme outil de mesure, et que nous pouvons l’échanger contre des biens réels, alors la monnaie devient une réserve de valeur temporelle. Entre le moment où je vends les carottes et je reçois le billet, ce billet a une équivalence de valeur des carottes ou des tomates ou autre chose. Ce n’est pas les carottes, mais ça équivaut aux carottes. Ça vaut les carottes, mais ça n ‘est pas les carottes. Cette monnaie ne marche que dans un système où tout le monde l’accepte et la reconnait comme valeur. C’est donc un accord collectif de reconnaître et de donner à la monnaie une valeur équivalente aux biens. Si un soir tous les magasins sont fermés et que vous mourrez de faim, vous serez bien emmerdés d’avoir 10€ mais aucun marchand de carottes à portée de main. Comme une énergie potentielle attend pour être transformée: le rocher en haut de la montagne n’attend qu’une pichenette pour être transformé en énergie cinétique, le billet sans marchand de carotte est une énergie latente, qui attend la pichenette pour être transformée dans le mouvement de l’échange.

Dans le troc l’échange est simultané, pas de piège de temporalité. Dans le crédit mutuel ou le SEL, il y a un décalage entre le moment où j’échange et je reçois quelque chose, la confiance repose dans l’autre. Dans la monnaie, la valeur repose dans l’accord collectif de ce système comme béquille. La monnaie est donc l’outil le plus performant, mais aussi le plus complexe.

Quelque soit le choix pour symboliser l’échange, de la complexité pour la décaler dans le temps apparaissent obligatoirement la confiance et le risque.

“je t’achète tes carottes pour un euro”

Comment avoir confiance?

La création monétaire permet d’anticiper sur la création de richesse et de rassembler les énergies pour les redistribuer du collectif vers le collectif.

Investir, c’est mobiliser les forces pour construire quelque chose qui augmentera la richesse demain.

C’est un pari sur l’avenir. Quand l’Etat créait de la monnaie pour soutenir un projet d’autoroute, ou une bibliothèque, il augmentait la masse monétaire, pour créer une somme qu’il investissait. Cette somme était utilisée pour acheter le terrain, payer les travaux, la construction, les salaires des hommes qui construisaient ces nouveaux murs, le mobilier qui occupait le bâtiment, les installations électriques et techniques pour qu’il fusse opérationnel. A l’ouverture de la bibliothèque, la richesse globale était augmentée pour tous. Un service en plus.

L’investissement a permis à l’économie du bâtiment, de l’installation de faire fonctionner leur savoir faire et de rémunérer des salariés, de payer pour des ressources. Les salariés dépenseront leurs salaires dans l’économie ce qui augmentera les activités collectives autour des salariés ou des entreprises choisies.

C’est donc un double effet: 1) collectif, un nouveau bien commun, pour tous, en service. 2) un boost pour stimuler et faire fonctionner l’économie

Super alors, quel est le risque?

Comme d’habitude, tout est rapport entre besoin et demande. Si la bibliothèque n’est pas utilisée, alors cette richesse collective n’est pas avérée. Si je créée 10 bibliothèques alors que les besoins n’existent pas, la richesse perd sa valeur.

Concentrer l’énergie en un point qui bénéficie à tous

Quand on créée de la monnaie, on utilise le pouvoir pour concentrer l’énergie à une zone précise. Les alentours irrigués de cette zone en bénéficieront, les parties qui en sont séparées non. Créer de l’argent augmente la masse monétaire donc baisse le pouvoir monétaire de chaque individu. Créer de l’argent, c’est diluer la valeur du billet.

Il est donc capital, j’adore utiliser ce mot, que les choix d’investissements collectifs se fassent au niveau le plus local possible, en fonction des besoins locaux. Exemple: avec une communauté d’un village, nous décidons collectivement de rassembler nos énergies (ou diluer notre argent, ça revient au même) pour construire une école pour nos enfants. Nous villageois diminuons notre pouvoir d’achat (augmentation de la masse monétaire) pour concentrer notre énergie à un point précis (terrain de l’école) pour y investir: bâtiment, travaux, équipement, mobilier: du travail rémunéré, que nous redépensons dans nos commerces locaux. Une fois l’école finie: la somme des richesse a augmenté: il y a une école en plus, la masse monétaire a augmenté: nous avons produit et échangé des biens et services.

Rien ne se créée, rien ne se perd: tout se transforme. Chacun a donc consenti une part de son pouvoir monétaire, concentré en un point, pour construire un édifice qui bénéficierait à tous = en se privant tous un peu de façon très discrète, on peut libérer une somme d’argent qui peut être investie en un point précis = l’inflation est une forme d’impôt pour celui qui a le pouvoir de création monétaire.

Aujourd’hui, rien ne se créée, rien ne se perd: tout se transforme: question pour une poignée de carambar, retracez le parcours des milliards d’euros de dette créés par nos pays, et donnez moi leur position finale.

Donc le pouvoir de création monétaire permet de concentrer l’énergie du collectif en conscience pour servir le bien commun. C’est un outil fantastique s’il est manipulé par la communauté pour la communauté.

La machine économique n'est qu'un circuit de flux

A lire sur le site savoir-sans- frontières de Jean-Pierre Petit, l’économicon dont ce screenshot est tiré.

Le bien et le mal

Tout outil peut être utilisé pour faire le bien ou pour faire le mal. Prenez un marteau, tapez dans le clou et c’est génial, tapez ailleurs et c’est le drame. Prenez l’argent. Dites vous qu’il représente la richesse matérielle réelle. Prenez conscience que nous avons délégué ce pouvoir de créer de l’argent à quelques uns. Demandez vous ce que vous feriez si vous aviez reçu ce pouvoir. Bien.

L’histoire est faite pour apprendre. Nous avons collectivement commis des erreurs, apprenons de ces erreurs pour pouvoir grandir et nous développer. La tentation resurgit toujours dès que l’on a entre les mains un tel pouvoir. Que faire contre la tentation? diviser le pouvoir, le répartir, en responsabilité collective. Que chacun s’implique dans la réflexion, sa réflexion, sa vision, et la vision collective.

Devenir maîtres de notre destin collectif.

Assumons.

Osons.

Co-créons!

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22/01/2010 at 15:22 Comments (3)

3 événements sur la monnaie en 3 semaines!

2010, l’année des monnaies libres. Il est temps d’en parler, d’y réfléchir, de comprendre l’enjeu, ce qu’elle présente et ce que cette opportunité représente.
Demandez le programme!

1. D’autres formes de monnaies sont-elles possibles?

Ce soir: jeudi 21 janvier, à la MIE dans le 3ème arrondissement

Projection La double face de la monnaie réalisé par Jérôme Polidor & Vincent Gaillard (54 min) + débat avec Marc Tirel et Didier Bodin

2. Et si nous repensions la monnaie?

Vendredi 29 janvier dans le cadre de la semaine du Forum Social: au Studio des Ursulines, soirée projection-débat The money fix d’Alan Rosenblith à laquelle je participerai avec Phyrezo du Mouvement pour la Transition Monétaire et Olivier2.0 de Danone Communities. A partir de 19h30.

Le trailer, sans les sous-titres. Le film sera sous-titré vendredi soir. Venez nombreux:

Event facebook

Event sur le site Mouvement pour la Transition Monétaire

3. Des monnaies complémentaires pour un monde meilleur

Vendredi 5 février à 18 heures au Conseil régional d’Ile-de-France – Salle Paul Delouvrier, 35 bd des Invalides 75007 Paris, Projection du long métrage de fiction Nature contre nature, suivi d’un débat.

3 dates en 3 semaines. VENEZ!

Toutes les informations se trouvent sur chacun des sites respectifs.

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21/01/2010 at 15:56 Comments (2)

Partager n’est pas voler

Partager n’est pas voler from La Quadrature du Net on Vimeo.

Très bon. Merci la quadrature. Bon donc, maintenant, comment on rétribue la valeur de celui qui a trouvé la première allumette?

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19/01/2010 at 01:44 Comments (0)

Créer de la richesse, la mesurer, l’échanger, la faire circuler

Dans mon billet sur gérer l’abondance, gérer la rareté qui compare les deux modes de partage et de gestion des richesses, je me frottais aux différences que l’on trouvait dans chacun des mondes et comment jouer sur ces différences. Comme le foot en salle ou en extérieur sont deux disciplines dont le but reste le même, toute la pratique consiste à développer la technique adaptée au terrain.

Pour ma part, dans la rareté ou l’abondance, je cherche à partager des richesses avec un maximum de personnes, de façon durable. Je cherche à partager ce que je créée tout en recevant quelque chose en retour qui me permette de vivre sur le long terme. Comment jouer sur chaque terrain en fonction de ses contraintes? Comment utiliser le terrain à mon avantage pour démultiplier les effets de ce partage dans l’abondance?

Dans une de mes analyses, je disais que l’artiste qui se reconnecterait avec sa communauté de fans se débarrasserait des intermédiaires et serait en prise directe avec son public de fan qui le soutient. En effet, je ne fais ici que reprendre les analyses de certains experts disant que nous passons d’une économie de la distribution à une économie de l’attention.

Le capital de départ - L’outil de production

Donc dans l’abondance, offrir et partager avec le plus grand nombre ne me coûte presque rien car le coût marginal est quasiment nul: le coût marginal est le prix pour fabriquer une unité supplémentaire. Dans le cadre du numérique, on sait comme cela est facile de faire un copier coller. Ce qui va donc me coûter c’est mon investissement initial avec mes coûts fixes.

Prenons un groupe de musique, il lui faut bien les instruments, le studio, tout le matériel pour enregistrer dans de bonnes conditions. Prenons un bloggueur, il lui faut un pc et éventuellement une caméra ou un bon appareil photo. Pour les codeurs il leur faut un pc. Pour ceux qui font de la vidéo, des clips, du bon matériel photo/vidéo ainsi que de bons ordinateurs.

En terme d’outil de production, d’investissement de départ, il faut une certaine somme. Si on prend un studio de télé collaborative comme techtoctv, on est là dans une autre gamme de prix, avec tout le matériel, l’investissement de base est conséquent, mais le coût marginal reste faible. Si on prend owni, le site, son design, la construction, le serveur l’hébergement, l’entretien, là encore on a un capital de départ plus un coût d’entretien.

Fait intéressant: dans l’économie de l’abondance, les outils de production appartiennent au monde matériel, gérés par l’économie de la rareté. Les deux mondes sont bien liés et l’un dépend de l’autre. On ne peut les considérer séparément. De même, les circuits de distribution dans l’abondance dépendent bien des règles des tuyaux qui permettent aux contenus de naviguer. Comme l’opérateur téléphonique peut écouter ou couper une conversation, le FAI peut lire tout ce qui passe sur votre ligne.

Une fois acceptée les règles du capital de départ, nous entrons dans l’économie et la gestion de l’abondance, les portes s’ouvrent…

Le partage et la barrière à l’entrée

On  n’a rien sans rien. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

Quoi que l’on fasse, que ce soit gratuit ou non, quand on donne quelque chose, on en retire forcément quelque chose en retour, si ce n’est pas monétaire ou quantifié en argent, on peut le mesurer en attention, en temps, en nombre de pages vues, en audience, en réputation, en plaisir, en bonheur etc..

Prenez ce blog. Vous ne payez rien à l’entrée. Pourtant vous payez. Vous payez avec votre temps, avec votre attention, avec votre envie de lire la suite, avec vos clics vous me donnez des informations sur ce qui vous intéresse, avec un commentaire vous m’aidez à construire mon raisonnement, à tester mes hypothèses, à encourager mon travail. Vous n’avez rien payé en euros, mais vous m’avez donné quelque chose en retour. Nous procédons à un échange. Mon temps contre le votre, mes questionnements contre votre intérêt, ma réflexion contre la votre. Nous échangeons, débattons éventuellement sur ce qui peut constituer les modèles d’échanges de demain, et ce faisant nous sommes déjà dans une forme d’échange spécial.

Mettre une barrière à l’entrée serait fermer cet espace qui porte mes idées et ma parole à l’écrit. Cela ne m’intéresse pas, je cherche à les diffuser, à les partager et à les faire voyager aussi loin que possible. C’est un aspect colonisateur de l’homme que je suis. Les laisser voguer à travers les twitts, les retweets et les autres trackback pour aller s’éclater contre les idées des autres. Chercher, rechercher ensemble ce qui pourrait fonctionner demain pour permettre à l’énergie investie de revenir, aux échanges de se faire d’une autre manière.

Je cherche donc à répandre mes idées sur le net et à les faire s’entrechoquer avec d’autres courants. Comment obtenir un retour qui me permettent de vivre?

Tendre la main

Je donne avec une main, je reçois avec l’autre

Paul Jorion a innové dans ce domaine en créant une licence: presslib qui accompagne chacun de ses textes. Un petit paragraphe accompagne chacun de ses textes:

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Chaque article est partagé, libre d’accès, mais doit être accompagné de cette mention qui fait le lien avec la case départ: la boîte à donation basée sur le site de monsieur Jorion. Principe de viralité assurée, il démultiplie la force de son message.

C’est à dire que si en plus de donner et partager mes analyses et billets, j’ajoute un paragraphe qui permette de tendre la main et passer la casquette pour ramasser quelques pièces, j’ai mon flux de feedback qui me permet de voir ce que vaut mon travail. Comme le guitariste dans le parc, comme le musicien dans le métro, comme la messe, comme le clown dans la rue, j’offre d’abord mon service, ce que je sais faire, je le partage avec tous sans barrière à l’entrée et je propose qu’on me rémunère ensuite, librement, en fonction de ce que ça vous a apporté.

En plus de donner son texte et de partager sa connaissance, Monsieur Jorion y ajoute un brin de conscience, il éduque son public et lui explique sa philosophie. Comme la licence GPL (General Public Licence) entraîne une viralité pour tous ceux qui utilisent des logiciels libres développés, sa licence se diffuse et peut se répandre à travers Internet de façon simple et gratuite tant que le paragraphe presslib y est accolé, et c’est ce que paye le lecteur: la conscience du travail fourni, et la possibilité de le rétribuer en fonction de ses besoins.

Ayant rencontré Paul la semaine dernière, il m’a confié que c’était souvent les mêmes qui participaient.: la communauté, les riverains comme les appellerait Rue89. Ceux qui habitent et travaillent sur le blog presqu’autant que lui, ceux qui vivent dans les commentaires, ceux qui en bénéficient et en profitent au maximum. D’une certaine façon ce sont devenus des actionnaires, sauf que les deux parties sont libres. Paul Jorion est libre d’écrire ce qu’il veut, n’ayant pas de patron, une personne face à qui se tourner pour connaître la ligne directrice du blog, et les membres donateurs sont libres de le faire quand bon leur semble. La transparence les lie avec un rapport semi-mensuel environ de l’état des donations. On retrouve là une grande similitude avec Wikipédia. Libre et interdépendants. La boucle de circulation de la valeur est bouclée. Pérennité assurée jusqu’à ce que l’une des parties n’y trouve plus son intérêt.

Comment stimuler sans capturer? Comment créer de la richesse de façon vertueuse?

Profiter des lecteurs, de leur temps et de leur attention pour les faire participer à la tâche: construire ensemble, co-créer.

Plutôt que de les tracer silencieusement, de les observer depuis le back office, de les statistiquer, si je leur donnais la possibilité de s’exprimer? De qualifier ce qu’ils trouvent, de classifier, de tagguer, de ranger? N’est-ce pas déjà la stratégie de google, flickr, youtube, diigo qui délivrent un service gratuit et utilisent leurs utilisateurs et la longue queue pour améliorer, trier, ranger les données pour améliorer l’utilisation de tous: un véritable travail de fourmi. A l’aide d’un flux de rémunération parallèle, ils récupèrent de quoi vivre.

Démultiplier: Je donne la ressource, vous la diffusez.

Mesurer: Je produis des idées, vous testez leur cohérence.

Trier: Je publie des contenus, vous les classifiez.

Échanger: J’investis de l’énergie pour construire une structure, vous investissez de l’énergie pour la maintenir en vie, l’améliorer.

Tester la pérennité: Je partage mes contenus de façon ouverte, je demande aussi une rémunération en échange, vous me donnez la réponse.

Partager les revenus: Je reçois une rémunération, je la réinvestis dans le blog et dans mon travail, vous en profitez à nouveau.

Eclairer: Je déclare mes intentions, vous connaissez mes revenus et mes besoins.

La suite on la connaît: winner takes all. Le premier qui fournit un service gratuit et performant attire toute l’attention et on ne parle plus que de lui, car la communauté est là-bas. Les nouveaux arrivants filent vers ce service sans se soucier de la concurrence. Le premier qui ouvre et partage gagne l’attention et les projecteurs. Ensuite s’installe  une lutte pour vivre dans la durée.

Pour ne pas capturer, ils doivent jouer la carte de l’open: pas de barrière à l’entrée, pas de barrière à la sortie. Chaque membre doit pouvoir prendre ses affaires et s’exporter vers un autre service librement s’il n’est plus satisfait. Alors pour stimuler le client, je dois l’encourager à participer, à construire avec moi cette plateforme, à la partager avec lui, l’aider à s’impliquer, lui donner une voix, compter et valoriser son travail comme je lui demande de valoriser le mien. Il partira parce qu’il y a mieux ailleurs, il reviendra car il est ici chez lui. Il aura construit une part de ces fondations. Une partie de lui est ici. Nous sommes liés, libres et liés.

La communauté améliore la fluidité des échanges

La communauté gagne toujours, l’union fait la force

Dans les mouvements du logiciel libre, de la musique, de la peinture, des arts, des écrivains, des blogs on retrouve cette même base: la communauté. Un éco-système, le premier cercle qui protège, alimente et nourrit une idée, une philosophie. Seul vous n’avez aucune chance. Entourez vous d’une communauté que vous nourissez et qui vous nourrit, bâtissez un échange viable qui enrichisse chacune des parties et alors vous développerez plus que des idées. Comme nous l’avons vu chez Paul Jorion ou chez Rue89, ce sont les membres les plus proches qui participent et assurent la viabilité. Il reste probablement des participations marginales de personnes qui passent et découvrent le site, mais c’est réellement le premier cercle qui fournit l’apport vital au noyau. C’est également ce premier cercle qui contribue à la diffusion vers les autres cercles, qui deviendront peut-être un jour contributeurs.

1) Qu’est-ce que j’apporte à ma communauté?

2) De quoi ai-je besoin?

3) Qu’est-ce que m’apporte ma communauté?

4) De quoi a-t-elle besoin?

5) comment fluidifier nos échanges, pérenniser notre relation, avancer ensemble de façon libre et interdépendante?

Pour le prochain billet, je répondrai à ces questions, alors vous pouvez dores et déjà réfléchir à ce que je vous apporte, et à ce que vous pouvez m’apporter qui ne me viendrait pas à l’esprit (monétaire et non monétaire..)

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19/01/2010 at 01:19 Comments (0)

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