zoupic – le propre de l'Om

Création du futur: il est temps de passer au prochain stade de l'Humanité

D’autres moyens d’échanger

Texte écrit pour la newsletter de Zhi Rou Jia, l’école du développement de la douceur, club de Taï chi de Bourgogne animé par Laurence Cortadellas et Jean-Michel Chomet.

La vraie richesse

Une vision d’évolution du monde considérerait la richesse comme la bonne organisation des humains, des objets et des animaux. Quand toute chose est à sa place, alors le monde est en paix. Ainsi la richesse découle de la bonne combinaison des éléments entre eux : quand la plante reçoit de l’eau, quand l’élève prend un cours avec le professeur qualifié, quand le livre trouve un lecteur, quand Roméo trouve sa Juliette, alors chaque élément se combine avec l’autre, et de cet échange nait un enrichissement mutuel. La plante sans eau meurt et la vie ne s’écoule plus en elle. Le professeur sans élève est malheureux et l’élève sans professeur ne peut progresser. Le livre sur l’étagère prend la poussière et le lecteur curieux n’étanche pas sa soif de culture. Roméo sans Juliette ne partagera pas son amour et la vie s’arrêtera s’il en va de même pour tous les humains.

Ainsi dans la plupart de ces cas, l’immobilisme et la stagnation sont synonymes de mort. C’est le mouvement et la liaison des éléments par complémentarité qui leur permettent de dégager leur richesse et de s’entraider mutuellement pour remplir leur mission. Lorsque les éléments s’unissent, leur nouvelle formule créée quelque chose qui dépasse chaque élément pris séparément. Ainsi la vie et le mouvement donnent la possibilité à chaque élément de s’exprimer à sa juste valeur.

De façon inverse, j’observe que l’accumulation génère une perte de richesse puisque certains éléments pourraient être mieux utilisés si leur allocation était optimisée. Le jeu économique correspond donc à mes yeux à l’organisation et la répartition de ces richesses dans le but de coupler besoins et biens pour satisfaire tous les êtres vivants.

Dans l’économie en crise qui nous entoure, beaucoup d’entre nous courent après la richesse, le rêve de devenir riche : accumuler une somme d’argent importante, ou des objets qui nous assureront un certain confort. Dans une logique de peur du manque ou de besoin d’en avoir toujours plus, nous courrons régulièrement après une quantité strictement croissante de biens et de quantité d’argent. Cette vision ne satisfait pas notre enrichissement collectif.

J’aime comparer l’économie et l’argent à l’organisme et au sang. Le sang permet d’apporter l’oxygène aux cellules des différents organes. Chaque organisme a ses règles, sa façon propre de fonctionner, ses spécificités, mais quelques règles restent invariables quel que soit le domaine choisi : le sang doit circuler, être en mouvement, tel un flux permanent. Sa stagnation, son accumulation, sa solidification sont synonymes de pathologies qui indiquent un déséquilibre nuisant à la santé de l’organisme.

À l’échelle de l’économie, l’argent a les mêmes propriétés : pour que le système soit en bonne santé, la circulation doit être fluide. Des facteurs aggravant tels que l’accès au crédit, l’accès aux intérêts, le retour sur investissement, et l’accumulation des richesses dans les mains de quelques uns qui n’a jamais été aussi forte jusqu’à maintenant sont les causes de la nette dégradation du système.

Bien des zones de notre corps planétaire n’ont aujourd’hui plus accès à l’oxygène nécessaire à leur survie. Alors que le coeur mutant de notre économie représenté par Wall Street et la City pompe à une vitesse qui donne le vertige le sang de notre corp ; l’Afrique et les pays en voie de développement en sont dépourvus.

L’argent était rare

L’argent était pendant longtemps considéré comme rare et limité. Avec la fin de l’ère de l’industrialisation et les changements liés à l’arrivée des moyens de communication moderne, la donne a changé : 95% des échanges ne sont plus liés à l’économie réelle, la masse monétaire en billets représente moins de 3% de la masse monétaire totale, et la monnaie n’est plus garantie en or, comme c’était le cas jusqu’en 1971. Cela signifie qu’aujourd’hui, l’argent n’est plus qu’une information : un accord collectif de donner une valeur mesurable à un bout de papier. Dit autrement, l’argent est un jeu auquel nous acceptons de jouer collectivement. En termes de technique, il n’est pas difficile de créer un système monétaire, pour cela il suffit d’une feuille et d’un crayon pour noter les mouvements de compte et les dépenses recettes de chacun. Internet et les technologies de l’information ayant rapidement évolué et s’étant démocratisés, comme les blogs ont rendu les médias participatifs et citoyens, de nouvelles formes d’économies sont en train d’apparaître à grande échelle et de proposer des alternatives nombreuses, diverses et adaptées localement aux besoins des populations.

A quel jeu voulons nous jouer?

Dans le Monopoly, la structure du jeu nous oblige malgré nous à jouer les uns contre les autres et après une vingtaine de tours, nous nous retrouverons avec un gagnant et 4 perdants sans un sou. Notre jeu économique international est constitué des mêmes architectures invisibles : pour rester dans le jeu, il faut lutter et être en compétition contre les autres. N’étant plus en accord avec ce postulat, de nombreuses personnes, déjà chassées du secteur économique ou en recherche d’innovation prennent la responsabilité de recréer la structure, l’espace, le jeu dans lequel ils ont envie de jouer. Ils créent les règles de leurs échanges, en fonction de leurs valeurs, de leur richesse et de ce qui compte pour eux. Certains jeux ont des architectures dites de “jeux finis”, on note un début, une fin et une possibilité de départager un gagnant d’un perdant : la ligue 1 de foot en est un très bon exemple. D’autres jeux ont des architectures dites de “jeux infinis”, où comme une partie de foot avec des copains, on joue sans fin, les règles peuvent changer, la taille des buts, le nombre de joueurs, le jeu se poursuit tant qu’il y a du plaisir. Le Monopoly présentant une architecture de jeu fini, à nous de trouver les astuces pour faire durer le jeu économique des échanges sur un rapport gagnant-gagnant-gagnant (un pour la planète), de façon illimitée dans le temps.

Fraternité économique

Dans de nombreux SELs (Systèmes d’Echanges Locaux), le solde de chacun peut varier entre -1000 et +1000. Les membres sont d’accord pour dire que la vraie richesse est dans l’échange, ainsi être à 800 ou -700 n’indique plus un état de richesse ou de pauvreté, mais simplement un indicateur pour donner notre position par rapport au flux collectif. Comme un groupe qui avancerait en cordée, peu importe si tu es devant ou derrière dans l’ascension, l’essentiel est que tu sois lié au tout, et que tu avances. Comme la respiration, peu importe que tu sois en inspiration ou expiration, tant que tu respires régulièrement, le groupe se porte bien. Ainsi collectivement, nous pouvons faire le choix d’aller aider à dépenser celui qui est à +1000 en lui proposant nos services, ou inversement, aller aider celui qui est à -1000 en l’aidant à formuler ses offres, ses richesses et ce qu’il a qu’il ne reconnaît peut-être pas encore qui a une grande valeur pour les autres. Nous sommes unis, et ensemble, nous nous enrichissons collectivement en utilisant des règles que nous choisissons et respectons. C’est une des multiples possibilités qu’offrent les monnaies complémentaires, les SELs, ou les monnaies libres. Il en existe aujourd’hui déjà 5 000 dans le monde, et plus la crise et l’impasse économique, spéculative et financière des états et des banques continuera, plus ces possibilités deviendront un outil logique et raisonné pour développer les collectivités locales, les régions, les groupes et créer un nouveau maillage d’irrigation en réseau.

Les monnaies complémentaires ne changeront pas le monde si nous ne nous changeons pas en même temps. Elles ne restent qu’un outil créé par l’homme, et dans le fond ce seront toujours notre cœur et nos intentions qui donneront au système sa couleur et son sens. Elles nous permettent en tout cas de sortir du système prédateur actuel et d’ouvrir notre conscience à la vraie richesse.

Merci à Delphine pour les relectures, critiques et commentaires.

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11/05/2010 at 00:33 Comments (2)

Si j’étais vous, je lirai l’alternative nomade

S’il y a quelqu’un à l’heure actuelle que j’aime lire et qui me nourrit vraiment par sa réflexion et avec qui un ping-pong est possible, c’est Thierry Crouzet. Il écrit sur son blog ses réflexions, son cheminement pour entrer dans l’ère du flux, de la fluidification de l’information et plus généralement de notre société. Militant, alter, provoc, il dit ce qu’il pense et il pense ce qu’il dit. Il a écrit 2 livres que je n’ai pas lu mais qui lui ont valu un certain succès sur le net: le cinquième pouvoir et le peuple des connecteurs qui traitent tous les deux de la place d’Internet dans notre société et de ce que cela implique.

Thierry cherche comme beaucoup d’autres comment vivre de son art, comment monétiser son blog, sans mettre forcément de barrières à l’entrée. Il cultive une passion pour le partage et l’échange, la décentralisation, l’enrichissement bilatéral, mais comme tout le monde, arrive un moment où la reconnaissance et l’amour ne suffise pas à se nourrir. Dans son dernier livre? oeuvre? je ne sais quel mot utiliser, il a publié en 5 parties au fur et à mesure de ses avancées la beta de son nouvel ouvrage: l’alternative nomade.

Aujourd’hui le livre complet est disponible pour la modique somme de 5,50€ et je ne peux que vous le recommander chaudement. D’abord parce que le livre vous apprendra bien des choses, et aussi parce que c’est une manière de soutenir un auteur qui essaye, qui teste, qui vit autre chose, le partage avec ses lecteurs, et prend des risques. Ah et puisque Thierry fait ce qu’il dit, en plus d’avoir peut-être déjà téléchargé ou lu les premières parties, vous avez encore 70 pages pour goûter et voir si ça peut correspondre à vos besoins!

La couverture

L’alternative nomade: à la croisée des chemins.

Ce livre me fait aussi bien penser à “La voie du chevalier” de Fabrice Midal, “Now or never, l’urgence d’agir” d’Edel Gött qu’à des manuels de transition à l’ère numérique, recoupés avec des sources culturelles variées et inattendues. L’alternative nomade navigue entre les genres, entre les univers, remonte dans l’histoire, file au fond de notre être, nous redonne le décor et l’environnement du 21ème siècle pour pouvoir découvrir le monde d’une autre façon et y trouver notre nouveau style de vie nomade dans le Flux. D’ailleurs la couleur est donnée dès la 7ème page avec l’avertissement:

Ce livre n’est ni un essai, ni un traité d’expert, ni un document, ni un récit initiatique, ni un travail scientifique ou philosophique, ni une œuvre littéraire. Il se situe quelque part dans le flux mouvant qui interconnecte ces domaines, floutant les frontières qui jadis les séparaient. Vous ne le trouverez ni au rayon psychologie, ni au rayon sociologie, ni au rayon poli- tique, encore moins au rayon technologie, mais pour- tant il parle de tout cela.

Roman initiatique, pense bête et rassemblement de notes pour s’individuer, trouver son centre, se libérer tout en se reliant, devenir soi, pour mieux revenir vers les autres et construire ensemble, tous ces thèmes se croisent au fur et à mesure des chapitres. Je suis épaté par la capacité de Thierry à naviguer, tout en expliquant techniquement en quoi le Flux, ou le nomadisme n’a pas grand chose de nouveau. J’aime cette culture et cette richesse, le côté technique et moderne très pointu, mais qui n’hésite pas à retourner jusqu’à Siddharta ou aux aborigènes d’Australie. J’aime aussi le côté inachevé, en beta permanente, on avance, on échange, on forme, on remodèle et on teste en avançant. Par tout ça Thierry innove et ouvre des chemins peu pratiqués pour l’instant.

Recherche: Abondance et Rareté

Les chapitres 59 sur la rareté et 60 sur le partage recoupent beaucoup de ce que je dis ici, dans mes recherches et condensés sur comment lier abondance et rareté, comment se positionner alternativement sur un terrain puis sur l’autre pour profiter au maximum des propriétés techniques des terrains. Ca fait aussi très plaisir de lire quelqu’un d’autre et de voir la même chose exprimée d’une autre façon, un autre point de vue, c’est toujours rafraichissant.

L’alternative nomade, c’est aussi une description de comment sortir du cycle de croissance illimitée, comment être heureux sans être matérialiste, comment se détacher doucement des biens matériels pour se remplir de liens immatériels, s’alléger, pour redevenir mobiles.

En terme de réflexion et de business model, on en arrive à peu près au même point: puisque techniquement nous ne voulons pas nous couper du public qui nous lit, la solution reste encore et toujours dans la confiance en la bonne volonté du public de remercier ce qu’il aime en fonction de ses moyens. Offrir ce que l’on fait au plus grand nombre sans barrières à l’entrée de prix.

Dans ce sens, payer cette modique somme, pour acheter ce précieux livre, est un acte militant, qui vous apportera beaucoup de savoir, de richesse, d’ouverture et de réflexion et puis de conscience de participer à autre chose.

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14/03/2010 at 16:54 Comments (2)

Quelques conseils pour la vie du groupe

Voici un texte qui était l’un de mes derniers mails au Bureau Des Associations (BDA) de l’istec, en quittant mes responsabilités dans la vie associative après 5 ans d’activité. J’ai retouché un peu l’original pour qu’il soit plus grand public et moins privé. Ce n’est pas seulement le résumé de mon expérience dans les cercles associatifs, cela représente la somme de mes expériences et ressentis d’étudiant. Ce sont aussi des règles de vie qui sont valables dans un contexte quotidien.

1) Restez soudés quoi qu’il arrive
Parce que la pression extérieure sera forte, le courant sera fort, pendant votre périple, au fur et à mesure des événements, c’est en restant soudés et en communiquant bien entre vous que vous aurez la légitimité et la crédibilité dans toutes vos actions. N’oubliez pas que vous faites ça pour le plaisir et que vous êtes ensemble dans le même bateau. Mais le premier cercle, c’est le votre et nombreuses seront les pressions extérieures qui essayeront de trouver des failles et d’y entrer. L’unité doit être votre force première.

2) Anticipez et facilitez vous la vie
Parce qu’une belle montagne de taff fait peur quand on s’y prend au dernier moment, profitez des outils de management collaboratif à votre disposition: Google docs – Google agenda pour relayer toutes les tâches simples à l’informatique avec les rappels, et aussi pour garantir une accessibilité H24 à vos documents pour vous et pour les autres. Jouez avec le terrain, faites vous un mail commun que chacun reçoit, organisez bien le partage de vos informations afin de mettre toutes les chances de votre côté. Organisez vous, répartissez les tâches, les responsabilités, les modes de gouvernance et de décision. Définissez les bases et les codes, activez les réflexes.

3) Gardez du recul et un pied en dehors
Même si vous êtes investis corps et âme dans votre projet, de temps en temps n’hésitez pas à prendre du recul et à vous rappeler ce que vous faites, les autres projets similaires qui existent, la situation environnante, les voisins, le contexte, le moment, la direction. C’est important parfois de lever la tête un peu au-dessus pour voir venir. Pouvoir alterner terrain et anticipation, coupler une vue long terme avec les projets à court terme.
Un pied en dehors c’est l’équilibre, c’est le monde extérieur. Vous êtes à fond dans ce que vous faites, et c’est génial, n’oubliez pas que la vie continue ailleurs et que votre projet n’est pas grand chose par rapport aux forces en présence à l’échelle d’une nation. Parfois ça vous permettra de relativiser et de souffler un coup de vous dire que finalement, on est bien peu de choses.

4) Prenez du plaisir à faire ce que vous faites
N’oubliez pas que vous êtes dans les meilleures années de votre vie (chaque année qui passe est la meilleure année de votre vie). Vous êtes jeunes, beaux, frais, drôles et engagés. Toutes les difficultés que vous rencontrerez vous paraîtront embûches et pièges mais pensez à la suite de votre vie, une armure qui fera que dans vos expériences, ça ne vous fera pas peur parce que vous aurez déjà vécu cette épreuve à l’époque. Donc dites vous que tout ceci n’est qu’un exercice, un bac à sable, un laboratoire à erreurs, un centre d’entraînement, et que même si ça merde, bah on a le droit aussi et c’est en faisant des erreurs qu’on apprend. Pensez le pour vous et pour les autres. Même si je préfère le côté pro et sérieux  au côté fun et Youhou, instaurez un climat de confiance et une ambiance sympa pour vous faire plaisir et ne pas vous dire que ce que vous faites, volontairement, vous fait chier d’avance. Vous serez bien meilleurs si vous vous amusez et vous transmettrez de bien meilleures énergies.

5) Faites ce que vous dites et dites ce que vous faites (c) Jean-Luc Brett
La communication est la clé de tout. Dites ce que vous faites pour informer les autres, c’est facile à mettre en place avec les mails partagés, mais aussi les actions terrains, laissez une trace de vos actions pour les autres. Et faites ce que vous dites, une image vaut mille mots, un exemple vaut mille images. Si au lieu de dire aux autres ce qu’il faut faire, vous montrez l’exemple, ça porte beaucoup plus de valeur que de dire quelque chose et de ne pas le faire. Ca rejoint un peu le “ne faites pas aux autres ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse”. Car vous serez à la fois profs et élèves, maître et étudiant, modèle et camarade, responsable et ami, chef et pote, si vous voulez pouvoir garder une bonne crédibilité par rapport à ceux à qui vous donnez des ordres ou des consignes, essayez de vous l’appliquer. C’est une des règles connes à dire, mais tellement importante.

6) Soyez fiers, soyez humbles
Sachez vanter votre projet, votre aventure, votre investissement et partager votre passion. Votre fierté guidera votre volonté à vouloir faire mieux, votre ambition à vous dépasser et à aller de l’avant.
Sachez écouter et vous faire petit quand c’est le moment. Nous ne sommes dans le fond qu’une poussière dans le grand jeu de la Vie.

7) Installez votre leadership par la légitimité : soyez justes et équitables
Ça renvoie un peu au film de 12 hommes en colère : le bon manager. Pour pouvoir assoir vos décisions, votre légitimité, vos responsabilités, expliquez votre décision  finale par rapport à votre réflexion. Chaque problème entraîne une analyse, qui entraîne une conclusion, donnant sur une décision. La décision fait partie d’une stratégie, qui peut être bonne ou mauvaise, judicieuse ou préjudiciable, on ne le sait pas au moment où on la prend, en tout cas il y a souvent de bonnes raisons guidant cette stratégie. A vous d’expliquer votre démarche, votre réflexion, votre stratégie, et de demander pardon si au final la stratégie n’était pas la bonne, tout le monde peut se planter. Demandez de l’aide si vous ne savez pas.

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26/02/2010 at 18:28 Comments (0)

Et si plutôt que de dire monnaie, on disait Flux ou courant?

Et si plutôt que de dire monnaie (de monnaie libre) on disait flux ou courant. Et si plutôt que d’accumuler, on faisait circuler?

Il y a eu les monnaies, il y a les monnaies complémentaires, mais il y a aussi, dans un tout autre registre, la vision du Flux collectif de solidarité. Voyons en détail ce que cela peut vouloir dire.

Dans les métaphores que j’aime utiliser pour ce qui complète l’argent rare tel que nous le connaissons, il y a celle du foot: la monnaie est comme le ballon, pour gagner il faut trouver une stratégie qui encourage les échanges et permette de faire circuler la balle. Dans l’équipe de foot comme dans une communauté, nous nous regroupons sur un socle commun de valeurs et une envie collective de créer et de faire des échanges ensemble. Au foot le but est de mettre plus de buts que l’adversaire, dans le courant, il n’est d’autre adversaire que nous-même, nos peurs et nos envies individualistes, le but devient alors simplement de créer et de s’enrichir collectivement.

Dans le courant, le but est de s’enrichir collectivement: d’alimenter le flux et qu’il nous alimente. Alors que dans le monde des monnaies rares, s’enrichir voulait souvent dire prendre à quelqu’un d’autre car nous étions en compétition, inégaux face à l’accès à la monnaie, la donne change lorsqu’on parle du courant.

J’alimente le courant, et le courant me nourrit, ma coopération avec le collectif profite à tous

Dans une communauté de valeur et de coopération, comme au foot, nous allons tous dans une direction commune. Nous faisons tous partie de la même équipe et personne n’a intérêt à ce que l’un des joueurs ne touche jamais la balle, car ce serait empêcher à son talent de s’exprimer, le but est de s’entraîner et de progresser collectivement sans oublier personne pour tirer l’équipe vers le haut. Nous voulons donner la possibilité à chaque joueur de se faire entendre pour permettre à l’équipe de jouir de sa diversité.

Au foot comme dans le courant, faire circuler la balle permet d’utiliser au mieux la richesse et la diversité d’une équipe

Dans ce cas là, s’enrichir veut dire permettre à chacun d’offrir aux autres ce qu’il sait le mieux faire, et de recevoir ce dont il a besoin. La vraie richesse c’est quand le livre et le lecteur sont réunis, quand la plante et l’arrosoir sont en phase, quand la fleur et l’oeil du randonneur se rencontrent. La richesse n’existe que quand elle est observée par l’autre, c’est le miroir qui permet de reconnaître la richesse, elle n’existe que si elle est partagée. Seul, je peux avoir tout l’or du monde, il ne me sera d’aucune utilité. La vie pour l’homme n’est garantie que si elle se partage à deux. Ainsi richesse et amour sont vains s’ils ne trouvent pas l’autre partie de la paire.

La richesse naît de l’échange, elle n’existe que si elle est partagée

Dans notre communauté comme une équipe d’alpinistes en cordée, il n’est pas question d’isoler celui qui reste derrière et de couper la corde, de même que celui qui part seul devant divise le groupe. Nous sommes liés et nous irons ensemble ou nous n’irons pas. On vit ensemble, on meurt ensemble. On se fait confiance. C’est ici que réapparaît le lien de l’Intelligence Collective qui fait que cette communauté  n’est pas une somme d’individualité, mais bien un tout, différent et supérieur à cette somme d’individualité. C’est cette solidarité qui fait la force du lien. Si tu es en positif, on t’aidera à dépenser pour te remettre en mouvement et revenir au cœur du groupe, si tu es en négatif, on t’aidera à offrir tes services pour revenir dans le positif, mais dans tous les cas, cela n’a que bien peu d’importance à nos yeux. Ce qui importe, c’est que tu fasses partie du groupe, et que tu sois en mouvement, toujours ouvert à recevoir, à offrir et à réaliser des échanges nous permettant de nous enrichir mutuellement. Dans la cordée, peu importe que tu sois devant, derrière, au milieu, l’essentiel est que tu avances avec le groupe.

Nous allons redécouvrir ce que collectif veut dire

Si tu acceptes de rejoindre cette communauté, nous partageons alors cet objectif commun, nous nous y engageons, servir la richesse collective, offrir nos services au groupe, déclarer nos besoins pour permettre la rencontre des offres et des demandes et la réalisation des actions qui nous permettent de créer de la richesse et d’alimenter le Courant.

En haut, j'échange avec une autre personne, en bas, j'échange avec la communauté

La monnaie nous sépare.

Le courant nous alimente.

La monnaie nous individualise.

Le courant nous englobe et nous lie.

La monnaie  nous oppose.

Le courant nous rassemble.

Dans la monnaie classique, la richesse se trouve en bout de ligne: chez les utilisateurs. Dans le courant, elle est dans le lien entre les joueurs. Voici une forme d’intelligence collective appliquée au flux financier, cela ne signifie pas que la gestion financière est centralisée, ça veut dire que les joueurs déplace leur confiance en leurs capacités individuelles vers la confiance dans le groupe. Inutile de rappeler que le groupe a des propriétés que la somme des individualités n’aura jamais, il s’agit donc de transformer nos peurs de manque et notre conscience de rareté en conscience d’abondance et de réinstaller la confiance dans l’autre et dans le groupe.

Dans le courant, peu importe la position (créditaire ou déficitaire) de chaque membre, l’essentiel est d’être actif dans les échanges.

Dans une partie de foot, il importe peu d’avoir le ballon, l’essentiel est de faire des échanges pour se rapprocher du but.

Considérer le lien qui unit les hommes comme un courant, c’est choisir de les réunir et de les lier collectivement vers une cause commune plutôt que de les opposer. C’est leur donner le pouvoir de se lier, d’émuler et de créer le lien qui les rassemble, plutôt que de les isoler et de les séparer de cette possibilité de faire corps.

Quelques règles sont préalables pour se mettre d’accord sur le cadre. Chaque cadre et règles seront à affiner selon les communautés, leurs contextes et leurs envies.

1) L’amplitude

2) Les limites supérieures et inférieures

3) la thésaurisation

Tout cela vise simplement à définir à quel rythme nous allons respirer, ensemble, collectivement, alternant inspiration et respiration. Retour à la vie, reprenons notre souffle.

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06/02/2010 at 03:51 Comments (2)

Les monnaies complémentaires

Les monnaies complémentaires vous attendent. Plus de liens, moins de biens.


28/01/2010 at 02:05 Comments (0)

Des combats qui valent la peine

Des combats qui valent la peine, ça rend heureux. Un combat contre la maladie. Un combat Pour la vie. Un combat vers la vie.

Notre planète est malade. Notre humanité est malade. Nous sommes malades. La terre, notre humanité, est arrivée au bout d’un cycle, un cycle de destruction, de non sens et de violence. La violence de la guerre bien sûr, mais la violence que nous nous infligeons. La violence que je m’inflige quand je ne regarde pas dans les yeux cette personne dans la rue qui me demande juste un euro, la violence que j’envoie sur mon cher président, la violence que je fais dévier sur mes voisins quand ils font la fête trop tard. Une violence inouïe, une violence qui s’exprime parfois à coup de canon chaque nuit comme on le voit depuis 50 ans à Gaza, une violence manipulée, mais à laquelle nous succombons toujours. La violence de ne pas être heureux et de reprocher aux autres quand ils sont dans la joie. La violence de voir le monde comme il est, de découvrir la réalité économique, le système financier, ses rouages, et de me sentir impuissant, seul.

Nous nous sommes égarés. L’homme a perdu la voie. Nous sommes des êtres créateurs, doués de compassion et d’amour, d’écoute et d’empathie, de partage et de joie. Nous nous sommes perdus, déconcentrés, nous avons succombé aux tentations que nos yeux et nos sens pouvaient détecter autour de nous. Vous connaissez la suite. L’argent, le pouvoir c’est comme l’eau de mer, plus on en boit, plus on a soif.

Pour s’arrêter, il faut raisonner, se rendre compte que la situation actuelle n’est pas satisfaisante, au niveau mondial comme au niveau personnel. Comment puis-je être heureux dans un monde où 1 milliard d’humain meurt de faim quand les autres gaspillent? Comment puis-je fermer les yeux et baisser les bras sur mes frères et soeurs qui meurent chaque jour? Je sais à quel point la vie est magnifique, je sais également reconnaître à quel point nous la gâchons. Nous pouvons faire mieux.

Des combats qui valent la peine, il y en a sur tous les fronts. Le plus grand est celui qui se déroule en moi à chaque instant. Celui du bien contre le mal. Celui de l’amour et de la générosité contre l’ignorance et l’égoïsme.

Si j’imagine le Titanic qui fonce sur son iceberg et que je réalise que je suis à bord, que faire?

Le colibri répondrait faire sa part, chacun avec ses moyens. J’ai trouvé ma part.

Etant donné ma passion pour les chiffres et plus récemment les flux, après avoir fait le tour des problèmes qui nous menacent, en montant au niveau le plus profond, c’est dans le système monétaire que j’ai trouvé le dysfonctionnement le plus important à mes yeux sur lequel concentrer mon énergie. Le système  n’étant que le reflet de notre imagination collective, c’est à dire des symboles, des papiers et des accords que nous avons créé, si le système est pourri, c’est que nous sommes aussi pourris. Nous nous sommes laissé piéger collectivement entre l’abondance matérielle, l’organisation et la stimulation économique contre la relation à l’autre. Aujourd’hui, nous nous découvrons pourris de l’intérieur par un conditionnement prolongé dans un système qui nous a pourri et que nous avons accepté collectivement. Au lieu de se serrer les coudes et de se lever ensemble pour refuser ce système nous avons fondu dans l’individualisme et le matérialisme. Nous avons coupé les liens et la solidarité par égoïsme et peur du lendemain. Le système est une machine bien huilée, ses verrous sont puissants, mais la machine est devenue fragile. L’heure approche.

Comment en sortir?

Le système n’est que notre reflet. Changer le système ne suffit pas, il nous faut changer pour permettre un autre système. Il faut sortir de notre conditionnement et de notre confort. Cela a un prix: aimer son voisin, aimer son prochain, ouvrir les yeux et partager les richesses. Tout changement demande un sacrifice, une offrande: on a rien sans rien.

Brûler les banquiers ne fera que reporter et transférer notre violence sur l’autre. Notre système = nos problèmes. Les banquiers l’ont fait, nous l’avons accepté sans désobéir. Même chose avec le président. Solidairement responsables.

Avons-nous déjà touché l’iceberg?

Question difficile. L’iceberg financier: définitivement. Pour le climat, j’ai la conviction que c’est encore devant, mais qu’on fonce à grande vitesse. Mon professeur de finance internationale disait qu’en économie quand le bateau prend l’eau, il vaut mieux quitter le navire et en créer un autre plutôt que de tenter d’écoper. C’est une question d’économie d’énergie. S’il est possible de penser pour le système financier de repenser le tout, pour le climat nous n’avons pas de deuxième chance, ce qui nous oblige à trouver une solution pour le système financier à venir qui prenne en compte les ressources limitées, le CO2, l’environnement et les hommes. Et il faut faire vite. Le temps nous est compté, il l’a toujours été. L’insurrection des consciences doit s’accélérer comme la propagation d’un buzz.

Alors contre quoi je me bats?

Je me bats contre moi. Je me bats contre nous. Je me bats contre un système que l’on nous a offert comme unique possibilité et qui détruit l’homme, son humanité et sa planète.

  • Je souhaite communiquer, expliquer, appuyer et dévoiler comment le système monétaire international s’est éloigné de son but premier et à quel point il nous éloigne de la réalité. J’aimerai rencontrer des artistes pour réfléchir comment combiner nos talents pour exprimer des idées qui contribuent à la prise de conscience. L’explication rationnelle aide le mental, mais nous savons au fond de nous qu’il y a quelque chose de louche avec tout ça. L’art permet d’ouvrir ces canaux et de réveiller ce qui est enfoui en nous.
  • Je souhaite réunir des gens intéressés, conscients de ces problèmes pour construire un autre système. Tester, essayer, créer. Je souhaite créer des événements pour décider et s’engager ensemble à nous reconnecter, à faire des échanges, à créer des monnaies qui répondent à nos besoins et respectent les limites de la Terre. Seul je ne peux rien faire, j‘en appelle à vous pour créer ensemble et regrouper nos efforts.
  • Je souhaite créer des interviews sur le Flux. Interroger différentes personnes dans des métiers variés avec le parallèle du Flux, de la circulation pour démystifier la complexité de l’économie. Ce ne sont que des tuyaux et des courants. Le plombier, le blogueur, l’électricien, le chirurgien, le physicien, la kiné, le géographe, la chanteuse, la caissière, celui qui travaille sur les écluses ont tous des expériences autour du flux. Quel sont ses propriétés? Comment le modifier? Nous avons tous des richesses et une compréhension du flux différente. Transposons cette richesse d’un domaine à l’autre et nous nous enrichirons tous. La monnaie locale est une création, définition, gestion du flux définie par ses utilisateurs selon son contenu et ses richesses. Si vous travailler sur un flux, que vous voulez m’en expliquer le fonctionnement, n’hésitez pas à me contacter, rencontrons nous!

Libérer l'énergie

Nous sommes prisonniers du système financier et de nos euros. Pour s’en libérer, il faut reprendre la confiance que nous avons donné au système et le placer dans nos voisins, dans les autres et dans nous.

Je n’ai pas dit que ça serait un combat facile… Mais redessiner la carte et les règles des échanges monétaires libèreront l’énergie et la confiance que nous avions placé dans un système froid et cancéreux plutôt.. Ce faisant, c’est nous que nous libérons..

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12/01/2010 at 18:26 Comments (8)

Qu’est ce que le Mouvement?

Voici un extrait de dialogues avec l’ange qui me touche beaucoup. Dialogues avec l’ange est le récit de 4 jeunes hongrois pendant la seconde guerre mondiale qui chaque vendredi vont communiquer avec leur ange, ou maître intérieur. Un enseignement, une transmission spirituelle, une référence, ce livre est précieux. En voici un passage, c’est un dialogue entre Lili qui questionne son ange sur ce qu’est le mouvement.

Qu’est ce que le mouvement?
- Ce qu’il y a de plus grand.
La croissance n’est pas encore mouvement.
Le vent n’est pas encore mouvement.
Le courant des eaux n’est pas encore mouvement.
L’érosion n’est pas encore mouvement.
Le cheminement des étoiles n’est pas encore mouvement.
Tout cela n’est que conséquence, tout cela n’est qu’inertie.
Tout mouvement sous l’empire de la faim, du froid, du désir – n’est que contrainte.
Mais toi – tu sais déjà te mouvoir…

L’ACTE LIBREMENT ACCEPTE – C’EST LE MOUVEMENT.

La main qui aide – c’est le mouvement.
Les yeux qui rayonnent – c’est le mouvement.
L’élévation de la matière en nouvelles demeures – c’est le mouvement
Nouvelle Création: non plus captivité, mais délivrance.
Il n’y a pas d’autre liberté.

Ce mouvement-là, suscite-le chez tes élèves,
ainsi chaque mouvement sera – MOUVEMENT
et non captivité languissante.

Il y a les muscles – et c’est en vain.
Il y a les tendons – et c’est en vain.
Il y a les os – et c’est en vain.
Que deviennent les tendons? – Ils deviennent corde, les os? – des bâtons,
les nerfs – des fouets?
la jeunesse? – de la perversion.

Seul le vrai mouvement délivre.

Enseigne cela, mon serviteur, et sous ta main les corps renaîtront, ils ressusciteront, car tous sont morts…
tous sont morts.

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J’aime dans ce passage la différence entre le mouvement que nous voyons, conséquence des contraintes, des inerties, mouvements subis et le Mouvement initial, le Mouvement qui lance, qui débute et transforme une intention en action.
L’acte librement accepté comme le dit le texte. Le Mouvement commence par le choix: la décision consciente d’agir et ce Mouvement ne se manifeste que lorsque l’action prend place.

De quel Mouvement(s) suis-je l’initiateur? l’acteur? dans ma vie?

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05/01/2010 at 15:26 Comment (1)

Création, destruction, mesure, changement de la valeur

Suite au billet et aux commentaires des billets de Thierry Crouzet sur la question du statut du blogueur dans le Flux, par rapport aux aides offertes aux médias pure players Rue89, Slate & MediaPart, voici un éclaircissement personnel sur ce qui me saute aux yeux de la situation actuelle.

Destruction de valeur

Nous avons d’un côté un monde qui s’écroule, un modèle dépassé en bout de course, une machinerie monumentale qui comme un titanesque projet révèle au grand jour ses plus belles imperfections.

Depuis le déclenchement de la crise du subprime, j’ai pris conscience que nous avons trop joué avec la machine économique et que pour la dernière fois aujourd’hui, le décalage est tellement important entre la masse monétaire, l’argent que nous utilisons et la valeur réelle créée, que notre système ne pourra cette fois plus s’en relever.

Le titanic qui s’effrite, ce n’est pas seulement la crise financière, bancaire, c’est également celle des médias, des politiques, de l’économie, de l’éducation, de l’environnement, de la culture. Notre monde surconsommateur et matérialiste vient avec Internet de découvrir plus fort que lui: immatériel, reproductible à l’infini, presque gratuit, sans possibilité de contrôle et instantané. what else?

A l’heure du bilan, l’évolution nettoie ce qui n’a plus de sens, la destruction créatrice de Schumpeter si on veut.

Dans l’augmentation du chômage, on perçoit l’augmentation de la destruction de valeur. La valeur est pour nous la plupart du temps ce qui est monétisé, en réalité la valeur est bien plus large que sa simple représentation monétaire. La valeur est l’ensemble de ce que nous reconnaissons et déclarons comme tel. Ce qui nous rend heureux, ce qui provoque de la joie, ce qui est utile, ce qui subvient à nos besoins, ce qui nous importe. Alors forcément, si on comprend ça, on se rend compte que la valeur qui n’est plus reconnue ne répond pas forcément à la valeur que nous reconnaissons mais à la valeur monétaire de la rentabilité de ces structures.

Ce n’est pas la valeur qui change, c’est notre perception de la valeur. C’est en changeant ce qui nous est utile, agréable et indispensable que nous changeons ce qui a de la valeur.

Si le chômage augmente, cela veut dire que des emplois qui servait à créer de la valeur sont aujourd’hui dépassés, inutiles. Ce n’est pas tant une destruction de la valeur, c’est plutôt une régulation de cette valeur. Étant donné le contexte actuel environnemental et énergétique, bon nombre de produits et d’emplois n’ont plus leur place, la valeur a migré ailleurs.

Création de valeur

Alors que je vois s’effondrer un monde, une économie et la valeur que je lui avais attribué, je vois un autre monde apparaître sous mes yeux. Fasciné par sa rapidité et ses propriétés, celui-ci remet tout en cause. Il nous permet à moindre coût d’être plus performant, plus rapides, moins contrôlés. Je le décris comme l’abondance numérique, c’est le Flux.

Le Flux, c'est le bordel, mais on le cache pas.

Jamais au grand jamais il n’a été donné à quelque être humain que ce soit d’avoir accès à tout le savoir, la connaissance, l’information, la culture, la science à laquelle nous avons accès avec Internet. Donner un ordinateur et Internet à quelqu’un et il a accès à la plus grande bibliothèque jamais imaginée, il a accès au cerveau global de l’Humanité. Là est la richesse que nous avons créé ensemble.

Ainsi, dans notre vie quotidienne s’installent de nombreuses applications, services, sites webs et autres vaisseaux surfant sur la vague dématérialisée et répondant à nos besoins à moindre coût. Nombre d’entre eux se cassent les dents à la recherche du business model magique qui permettra de vivre, interdépendant et libre. Certains offrent déjà un service plus rapide, performant, qualitatif et sans les défauts intrinsèques au monde qui s’écroule. D’autres cherchent, testent et allient créativité et performance sur le nouveau support avec rentabilité financière sur le monde qui se meurt.

La question est toujours la même, comment perdurer et recevoir suffisamment d’énergie, de valeur, d’argent en retour pour le travail fourni? C’est la problématique principale de survie et de vie. Si un écosystème se meurt, la vie doit se réorganiser pour pouvoir continuer d’être et de se développer.

Changement de valeur?

S’il est clair que le monde industriel basé sur la rareté matérielle souffre, que sa valeur s’effrite, à nos yeux comme financièrement, le transfert de valeur monétaire ne s’est pas encore opéré vers le Flux.

Nous nous retrouvons donc à organiser les transpositions de la valeur de l’ancien monde vers les services du Flux. Relier les connexions sanguines du monde qui se meurt sur le nouvel outil de production, transposer, recoder et donner et rétribuer la création à la hauteur de la valeur qu’elle représente.

La monétisation est le fait de transformer une richesse reconnue en richesse mesurable et échangeable. Cela signifie qu’il faut qu’elle soit reconnue et mesurée par l’autre également, et qu’il ait confiance en sa valeur.

Le monde qui s’écroule n’étant pas entièrement remplacé par le Flux, il s’agit de les faire coopérer, et de gérer la complémentarité, la complexité et la diversité que ces deux écosystèmes représentent. D’un côté la supposée rareté matérielle, liée aux ressources rares toujours inférieures aux besoins de tous, qu’il nous faut optimiser pour assurer la meilleure allocation possible, de l’autre l’abondance numérique, qu’il nous faut gérer pour donner à chacun l’information, le produit, le service qui correspond exactement à ses besoins, où qu’il soit, instantanément.

Comment monétiser une richesse abondante, dont les propriétés sont l’immatérialité, la reproductibilité à l’infini, la quasi-gratuité, l’instantanéité et l’impossibilité de contrôle?

En gros, comment monétiser l’air? :-)

En temps normal, sur nos bases habituelles de contrôle permanent, on aurait deux solutions: le rendre rare et en vendre une petite part différenciée, ou alors, créer une bulle: faire diverger la valeur réelle du bien et sa valeur financière.

Aujourd’hui, comme Internet et le bit nous l’ont appris, il est question de lâcher notre habitude de contrôle, pour préférer la liberté et la fluidité. Le mouvement c’est la vie, la stagnation c’est la mort.

Changement d’outil de mesure de la valeur!

Si la monnaie a pu contenter plus ou moins l’expansion du capitalisme, ses propriétés rares et de contrôle appartiennent bien à l’ancien monde. Pour mesurer et permettre la circulation du Flux financier, il est nécessaire d’utiliser un outil adapté.

Si nous ne désirons plus arrêter, contrôler, séparer, alors ouvrons, partageons et faisons circuler. Pour lâcher prise il faut avoir confiance, en l’Homme, en l’autre, en soi.

Le partage

La monnaie, puisqu’elle est un média, une représentation de la valeur que nous créons doit refléter au plus proche la réalité, sans quoi nous vivrons dans l’illusion. La sagesse reposera alors sur le savant équilibre de la gestion de la masse monétaire en rapport avec la création de richesse et de l’implication de tous dans la responsabilité de ce flux sanguin. Enfin, les règles du flux, sa composition, sa définition et avant tout: son rôle détermineront son succès.

L’open money, les monnaies libres trouvent alors leur place comme outil de mesure répondant à la problématique de l’abondance. Si nous utilisons les monnaies libres comme une décentralisation du pouvoir monétaire classique alors nous en aurons compris un aspect réducteur, reproduisant la rareté artificielle. Si nous les voyons comme l’outil d’organisation de la mesure et de la circulation des richesses entre les hommes, alors nous pourrons en accueillir tous les bienfaits.

Changer ses valeurs

Si le monde de la rareté nous a habitué à évaluer notre richesse matérielle et notre bonheur par rapport aux autres, il est indispensable de nous réunir, et de dépasser cette compétition et cette peur du manque pour aller vers la confiance. Nous avons créé le système, nous pouvons le changer, mais nous devons d’abord nous changer, sans quoi nous allons recréer les mêmes problèmes.

Ce changement de valeur, c’est ce à quoi servent les crises, prendre conscience, faire le bilan, réaliser et acter. Le monde change, nous changeons, nos modèles ne sont plus adéquats, que puis-je changer en moi pour accompagner ce changement?

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03/01/2010 at 18:53 Comments (15)

Retour sur la naissance de l’abondance matérielle

Dans le billet précédent j’évoquais comment apprendre à gérer l’abondance par rapport à la gestion de la rareté pour laquelle nous avons été plus aidés et entraînés. Une de mes conclusions, était, pour les créateurs de se relier directement avec leurs publics, les canaux de copie, multiplication, distribution très peu coûteux, faisant sauter un bon nombre d’intermédiaires par rapport à l’économie physique.

Si à l’époque de l’industrialisation, le rapport de force était en faveur de celui qui a l’argent pour acheter la machine, puis en faveur de celui qui a le réseau et le matériel pour produire et distribuer les disques dans les 50 dernières années, aujourd’hui ce rapport de force vient de s’inverser en faveur des créateurs.

Création  —  Transformation — Mise en adéquation avec le marché: retouches et modifications — Transport / Distribution — Réception

Voici en gros la chaîne de développement d’une idée dans le monde physique. Avant toute chose, il faut qu’elle passe l’épreuve du feu de la rentabilité. Si ce n’est pas rentable ou s’il n’y a pas de marché elle n’a que peu de chance de voir le jour. Dans ce monde, ce sont les intermédiaires qui font le plus gros du travail en faisant les allers retours entre le créateur et le marché, pour aligner l’offre et la demande: créer une offre qui stimule ou réponde aux besoins du marché et créer un marché qui réponde aux besoins de l’offre et absorbe et rentabilise l’investissement.

L’offre crée la demande, la demande crée l’offre

Le produit n’a plus beaucoup d’importance tant que vous arrivez à joindre les deux bouts: créer une demande, créer l’offre qui va avec, faites le lien et hop, encaissez. Le marketeur peut alors avoir des idées géniales sur comment implanter, développer un produit à un endroit où le public en aura besoin. Inversement il peut créer le besoin d’un public à un endroit pour y introduire un produit. Pour lui, ce qui importe n’est pas l’ordre ni la façon de procéder mais bien le lien entre offre et demande et la rentabilité de ce lien: récupérer plus d’énergie que ce qui a été investi. C’est une des rares conditions qui permettent aux idées de traverser l’épreuve du feu et de devenir réalité: la rentabilité financière.


Offres (idées / produits) —————- Intermédiaire (marketeur) —————- Demandes (consommateur / marché)

La naissance de l’abondance matérielle

La valeur, l’unicité, l’originalité, le savoir-faire des produits ont fortement diminué lorsque l’industrialisation a remplacé nos artisans. Lorsque des machines ont remplacé l’humain, une part de l’amour et de l’attention consacrée par les humains a disparu. A la place cette énergie et attention ont été déplacées à d’autres niveaux: le designer qui fait le plan de l’objet, l’architecte qui fait le plan de la machine, et l’ouvrier qui va prendre soin de la machine. D’autre part, c’est dans la production en masse qu’on a perdu en diversité et en originalité en acceptant d’avoir tous le même produit d’usine.

Quand on se rappelle Les temps modernes, on découvre où a disparu cet amour et cette attention que chaque produit soit parfait, on l’a remplacé par la vitesse et le gain de temps. D’un qualitatif, on est passé sur du quantitatif, la qualité des produits baisse mais on en fait plus.

Les temps modernes – Augmentation de la productivité

Ensuite une fois nos marchés saturés, ou plutôt, une fois l’abondance matérielle ayant inondé nos marchés, il a fallu se différencier et repasser sur du qualitatif. Comment faire la différence entre deux produits qui sont tous les deux issus de machines et produits à la chaîne sans rentrer dans les détails techniques peu intéressants pour l’utilisateur final?

Le retour du créatif, de l’artiste.

Après avoir rendu triste et froide la chaîne de production machine, peu attirante et une fois la vague d’abondance matérielle absorbée, il a fallu remettre des couleurs pour que ça brille et surtout pour continuer de vendre. Pour cela, il faut des idées, du talent, de la réflexion et du temps. On réinjecte de l’amour et de l’énergie dans la machine pour continuer d’alimenter le lien entre l’offre et la demande. Puisque nos machines peuvent produire beaucoup, et des produits sophistiqués expliquons les bienfaits de nos produits pour permettre à une nouvelle frange de la population d’en bénéficier.

C’est lorsque nous avons eu l’abondance matérielle que nous avons commencé à nous différencier les uns les autres. Comment? ceux qui suivent auront deviné la naissance de la publicité. Vous n’achetez plus seulement un produit, mais vous adhérez  à des valeurs, vous achetez un rêve, une histoire qui fait de ce produit un produit meilleur. Vous achetez le produit mais vous acceptez également d’en devenir le représentant, vous portez ses valeurs, son histoire et cela fait de vous quelqu’un de spécial. Cette histoire peut-être vraie, mais elle peut aussi être inventée et marketée pour correspondre à vos goûts et couleurs. Entre l’offre et la demande, parfois on ne sait plus trop lequel a engendré l’autre.

L’offre abondante matérielle a généré une demande matérielle importante. Nous nous sommes habitués au confort matériel. Au détriment de notre harmonie avec la nature, de notre proximité avec elle et de sa santé.

Pire, avec leurs chaînes de télévision et canaux de communication multiples les occidentaux ont diffusé notre modèle sur toutes les ondes, créant ce que le sociologue américain Veblen appelle la classe des loisirs en 1889, l’occident est considéré comme modèle et fait la démonstration d’un modèle de démarcation ostentatoire. Veblen explique que la consommation passé un certain stade ne sert qu’à se démarquer des autres soit par le gachi du temps ou celui des biens.

Donc aujourd’hui, que ce soit alimentaire, matériel, au niveau du confort, des technologies, des industries, des procédés, on a tout ce qu’il faut pour potentiellement apporter le bien être à tous les humains de cette planète.

Qu’est-ce qui nous empêche de le faire?

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02/01/2010 at 16:40 Comment (1)

Apprendre à gérer l’abondance

En école de commerce, j’ai appris à gérer la rareté:

Trouver une idée géniale, la breveter, mettre des barrières à l’entrée, consolider un projet. Comme on vit dans un monde qui tourne avec l’argent rare, pour le rendre beau et avant d’investir trop dans un projet, il faut savoir s’il intéressera quelqu’un à l’achat, ce que l’on apprend avec une étude de marché, des sondages, une prise de température du marché. Une fois qu’on a préparé notre produit pour pouvoir descendre dans l’arène, on choisit la stratégie: à qui on le vend, combien, comment, pourquoi, dans quel contexte et puis la question éternelle: comment créer le besoin et susciter le désir?

Le but est donc avec une idée, un investissement minimum de trouver un marché maximum avec un prix et une rentabilité maximisée.

Ce qui est rare dans ce contexte, c’est peut-être l’idée, sûrement le produit, sa recette, ses secrets de conceptions, son accès et son mode de construction.

C’est rare car je choisis de le rendre rare au début, en mettant des barrières à l’entrée, afin d’avoir un monopole, de garder le contrôle et d’être le seul à posséder le secret d’accès  à cette ressource. L’information c’est le pouvoir. C’est rare car si je le partage avec tous, je ne suis pas sûr d’obtenir encore suffisamment d’entrées d’argent, si je le partage, la pureté du processus peut être déformée, dénaturée, ne plus respecter mes critères ou ma façon de voir. Si je partage et donne l’autorisation aux autres de le modifier, de le retoucher et de faire des bénéfices avec, je prends un risque: je lâche un peu du contrôle et du pouvoir que j’avais pris. Souvent, ce qui m’empêche de partager, c’est la peur de manquer. Exprimer d’une autre façon c’est récolter les gains que j’ai engendré: j’ai réfléchi, j’ai pris des risques, j’ai convaincu des investisseurs, alors pourquoi ne pas en profiter?

Bien, la gestion de la rareté, on connaît, on sait bien faire, nous sommes nés dedans.

En fait, quand je dis gestion de la rareté, il faut d’abord reconnaître que nous avons appris à créer de la rareté. Ce faisant nous avons augmenté la valeur de nos produits artificiellement. Ce qui est rare est cher dit le proverbe, si je révèle le secret, je perds mon avantage, mon pouvoir sur l’autre. Donc je crée de la rareté pour me créer du pouvoir, car j’aime ça, ou plus simplement, j’en ai besoin.

Ce que j'ai que tu n'as pas me rend heureux

Je me rappelle mon enfance, si je prêtais mon nouveau jouet à un ami, alors c’est comme si le jouet ne m’avait pas été offert, et que je n’avais pas de raison d’être heureux par rapport à mon ami, puisque je partage le jouet avec lui. Nous créons et quantifions notre bonheur par rapport à l’autre, et non avec l’autre. Ainsi plus j’en ai par rapport à l’autre, moins je me sens mal, ou en tout cas, moins je me pose de questions sur pourquoi j’ai besoin d’en avoir plus.

Piste de réflexion pour plus tard: comment créer et quantifier mon bonheur AVEC l’autre?

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Plus emmerdant maintenant, comment gérer l’abondance?

Depuis quelques années, nous nous rendons compte avec Internet et la dématérialisation que la copie est une multiplication d’un produit. A chaque copie que je réalise, je crée une nouvelle pièce, proche de l’originale, utilisable, modifiable, et tout ça pour un coût proche de zéro, emmerdant non? Ceux qui avaient l’habitude de pas prêter leurs jouets se retrouvent sur le cul, d’un coup, leurs jouets sont potentiellement à la disposition de tous. Que faire? Ce qui se passe grâce à l’internet et à la dématérialisation est crucial, car en nous rendant compte des règles que nous adopterons pour l’immatériel et l’abondant, ça remet également en cause les règles que nous avions établi pour le matériel supposé rare.

Dans la gestion de la rareté, je mettais des barrières à l’entrée, suscitais l’envie, et faisais payer pour l’accès, l’entretien, le service etc… Quid de l’abondance?

Si les barrières sont inutiles, puisqu’il est démultipliable, si l’accès est possible à tous car sa copie est facile, alors l’immatériel devient comme l’air ou comme l’eau. Il est difficile de le quantifier, de le mesurer, de dire ce qui appartient à qui. Pourtant il a bien un créateur.

Le produit immatériel (CD, MP3, DIVX, Livre numérique, PDF, Slides, Code source, Photo etc..) une fois créé et libéré ne peut plus être mis en cage. Les bits veulent être libres nous disait Chris Anderson dans Free. Ce que cela veut dire est que le rapport de force entre payer le prix d’entrée et faire sauter la barrière à l’entrée est perdu d’avance en défaveur du créateur. Quelque soit son choix, le bit voudra être libre, et le créateur devra lâcher le contrôle, partager son œuvre avec tous.

La différence principale des produits ou idées basées sur des économies de l’abondance par rapport à l’économie matérielle est que les coûts de propagation, de multiplication et distributions sont très faibles. Les coûts de création varient encore, pouvant aller du code très complexe et cher, du traité de recherche avec les frais du labo  à l’ordinateur et aux 3 logiciels libres qu’utilise un groupe de musique qui produit son album tranquilo.

Reprenons donc, les coûts de distribution sont relativement faibles et continuent de diminuer et les coûts de création varient très amplement d’un produit à l’autre. Si on essaye de mettre des barrières à l’entrée: code, label, copyright, sécurité, DRM, on suscite un désir plus fort. On suscite un désir, mais également une frustration, car ça ne coûte pas plus cher de partager le jouet avec d’autres. La différence dans l’immatériel est le marché qui, par le transport des données et des flux d’informations touche une cible plus large, plus internationale de façon immédiate. Sur la base des mécanismes de gestion de la rareté que nous avons: plus le créateur dépense et investit d’argent et de temps dans son produit, plus il va vouloir le chérir et le protéger pour en tirer un bénéfice maximum, ce faisant il va créer un énorme désir chez les consommateurs qui vont investir beaucoup de temps pour s’unir, s’allier et faire sauter le verrou. C’est ce qu’on observe avec le partage des œuvres protégées, et c’est bien normal. Puisque l’accès et la distribution peuvent être rendus possibles à tous moyennant un travail d’équipe (certes hors la loi), on voit émerger une force collective sans tête qui vise à un seul but: partager cette création, faire sauter les barrières. Pour le matériel, cela représentait du vol, car il fallait se déplacer et aller dans la boutique pour voler une version de l’œuvre ou du produit. Pour l’immatériel, la multiplication ou copie ne coûte pas plus cher, plus le produit est bon plus la tentation est grande, la barrière qui empêche s’amenuise, rien ne peut retenir l’envie de culture, la soif de connaissance, la curiosité, le besoin de partager. L’immatériel remet tout en cause: le bit est plus volatile que l’atome, il a beaucoup plus de liberté et ne supporte pas le contrôle.

Création     —  Distribution —  Réception


Seulement, dans cette économie de l’abondance, on ne fait pas la différence entre le dernier star wars, dont le budget est monstrueux et le groupe de musique du coin. Les énergies investies à l’entrée ne sont pas les mêmes. On peut essayer de faire la différence, en sensibilisant le consommateur final, mais pour le toucher, il faudrait d’abord qu’il reprenne confiance, pour cela, il faut lui donner, et ne pas lui prendre, il faut lui partager, sans publicité, sans intention autre que de lui faire un cadeau. C’est quand les comportements changent, que l’on en vient à se poser des questions, pourquoi cette inversion subitement, pourquoi le prochain film serait-il donné, avec prix libre, partage de la prise de risque sur son financement? Il faudra du temps que ça change, mais les premiers qui s’y essaieront s’allieront avec leurs publics. Les autres iront dans une lutte de contrôle et seront de plus en plus raide au lieu de s’ouvrir et de se remettre en question.

Les besoins et investissements de départ étant complètement différents à des mesures bien diverses, il serait temps que la transparence et la cohérence fassent leur apparition et nous donnent les chiffres qui nous permettront de savoir combien cela coûte réellement. Si je connais le besoin et l’investissement original d’un groupe que j’adore, je saurai à quelle hauteur les soutenir et j’arrêterai de pirater leur musique. Je ne veux pas qu’ils deviennent millionnaires, juste les remercier honnêtement pour leur apport et leur permettre de continuer à vivre et développer leurs créations.

Seulement, dans un monde où l’argent est rare, j’ai plus de temps, de passion et de curiosité à recevoir et écouter les créations des autres que d’argent pour les soutenir à la hauteur de leurs besoins réels. (oui, ça se complique, sinon ça serait trop simple) On note donc au passage qu’il nous faut nous libérer de la rareté artificielle de l’argent (média de mesure et d’échange des richesses), pour pouvoir trouver des systèmes libres, abondants et non centralisés de gestion de l’argent.

“Je désire pouvoir apporter mon soutien à ce créateur, de quelque façon que ce soit, autrement qu’en lui donnant des euros, ressource que j’ai en quantité limitée. Cependant j’ai du temps, de l’énergie et des qualités que je dois pouvoir lui offrir pour contribuer à la rétribution du bonheur reçu.”

De fait, le créateur qui est malin stimulera, sensibilisera, rassemblera, et investira l’énergie de la communauté qui l’écoute, l’aime et l’adore. Il créée ainsi un flux direct auto alimenté: son auditoire sont ses investisseurs, il prend en main la gestion de la distribution et fait sauter tant que possible les intermédiaires dans le but de réduire au maximum ses coûts.

Dans tous les cas, pour ce qui est de la certitude de récupérer l’énergie investie. Il n’y en a jamais eue. La seule solution est de transformer le risque que nous prenons en Amour de l’art, en volonté de partage et alors, ce ne sont pas des euros ou des revenus matériels que nous récolterons, mais une joie bien plus immense et profonde, d’avoir servi, partagé et créé pour l’humanité, ce que nous savons faire de mieux, avec Amour.

La co-création permet le partage

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22/12/2009 at 19:00 Comments (10)

Du sens dans la répartition des richesses

Je constate que le système actuel n’apporte pas la répartition des ressources égalitaires qui permettent à tous les hommes sur cette planète de vivre de façon décente. Je me questionne sur ce que serait une répartition des ressources qui soit intelligente et qui ait du sens. Je ne peux m’empêcher de questionner la nature, qui est un modèle plutôt fiable de durabilité. Ainsi c’est chez l’arbre que je vais tester l’intelligence et le sens de la répartition des richesses.

Dans la nature, s’il y a un être que je respecte profondément, c’est l’arbre. Je considère souvent les arbres comme les grand-parents que je n’ai presque pas connu, je les trouve sages, immobiles, pour eux le temps passe lentement, mais ils ont l’expérience. Ils savent. Ils résistent au temps beaucoup mieux que nous. Jamais ils ne se plaignent.

L’arbre apporte les ressources aux branches en ayant besoin. Si j’étais un arbre et que je souhaitais améliorer la répartition des richesses, j’aurais deux options, la première rationnelle ou intelligente, analyser, réfléchir, observer et détecter la ou les parties de l’arbre qui en auraient besoin. La seconde, plus propre à l’arbre, sentir et distribuer les richesses de façon naturelle, là où je sens le besoin.

En comparant les deux j’aurai tendance à dire que la sensation correspond à l’instant présent, au moment, au très court terme alors que la réflexion me permet de planifier et de m’installer dans un paradigme temporel beaucoup plus long et durable.

Répartition Intelligente: basée sur la transparence, l’honnêteté, l’analyse, l’observation et la réflexion.

Répartition Naturelle: basée sur la sensation, la vibration, le subjectif absolu.

L’arbre ne se pose pas trop de questions, il agit comme il le sent. La nature est, on peut dire qu’elle est belle ou moche, peu importe, elle est par nature.

Comment circule la sève dans l'abre?
Comment circule la sève dans l’arbre?

L’intelligence de l’arbre est écrite dans son code génétique, c’est sa forme prédéfinie à l’origine dans la graine. Ses sensations sont liées aux ressources qu’il puise dans la terre et reçoit du ciel. Utilisons donc notre intelligence et notre nature pour repenser de façon plus harmonieuse la répartition des ressources et des richesses à la surface de notre petite planète.

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11/12/2009 at 00:05 Comments (0)

Time for Abundance

Douglas Rushkoff nous présente lors de la conférence du web 2.0 la nécessité de redévelopper les échanges peer-to-peer de valeur.

Après un parallèle avec le développement des monnaies locales aux moyen âge il revient sur notre époque de l’abondance et de la possibilité que nous donne un ordinateur et Internet de créer et partager de façon horizontale la richesse. Je suis sur la même longueur d’onde, tout ce qu’il dit résonne dans mon corps.

En résumé: une nécessité de créer des monnaies complémentaires, libres, alternatives qui permettent d’échanger et de redistribuer la valeur là où est la création et non l’extraire.

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22/11/2009 at 16:56 Comments (0)

Un grand pas vers le nouveau monde

Pour savoir où nous allons, il faut savoir qui nous sommes, d’où nous venons. On sait que la ligne du temps n’est pas linéaire, mais comprendre ce qui bloque nous permet de trouver les solutions pour nous surpasser et accéder au niveau suivant. Voici donc en anglais une présentation complexe mais incroyablement riche qui nous fait un bon bilan de la situation, de ce qui cloche et de là où nous sommes. Elle a été réalisée par Artbrock sous prezi.

Réflexion, Action

Une fois que l’on comprend ceci, il est temps d’agir. La plus belle déclaration, celle d’entrer et d’embrasser ce prochain monde, de faire le premier pas vers ce monde de l’abondance et des richesses, a été faite par le fondateur de TheTransitioner.org : Jean-François Noubel, j’ai nommé le Vœu de richesse

En faisant vœu de richesse,


Je décide d’accueillir et embrasser toute la richesse qui nous est donnée, qu’elle soit matérielle ou immatérielle.

J’accueille la richesse comme ce qui nous rapproche de ce qui est Beau, Bon et Vrai.

J’accueille la richesse comme la  vie donnant la vie, la vie faisant évoluer la vie, pour la grande alliance entre la matière et la lumière.

Je m’engage à construire, avec mes frères et sœurs humains ainsi qu’avec tous les êtres vivants, des relations harmonieuses et joyeuses, fondées sur des engagements fertiles et emplis de sens.

Je m’engage à offrir aux autres ce dont ils ont besoin pour l’accomplissement de leur vie.

Je m’engage à accueillir ce que les autres m’offrent pour l’accomplissement de ma vie.

Je m’engage à être nu et vulnérable, à accueillir mes limitations, pour être ouvert à recevoir des autres.

Je m’engage à accueillir la nudité et la vulnérabilité des autres, à accueillir leurs limitations. J’y trouve la joie d’offrir mes présents.

Je ne cautionnerai pas ce qui sépare les êtres vivants de la richesse. Je ne cautionnerai pas les idéologies et les actes qui dégradent l’abondance en rareté artificielle, car cela attise l’avidité et la guerre.

Mais plutôt que de lutter contre les idéologies et les actes, je puiserai dans l’infinie créativité qui nous est donnée à la naissance. Je serai un artiste, je co-créerai avec mes frères et sœurs, et de nouveaux chemins nous seront révélés. Le futur ne naîtra pas de mes réactions, il naîtra de mes créations. Le futur est art pur, il jaillit de ma présence au présent.

J’inventerai et développerai la maîtrise de chaque outil, technologie et pratique qui permettra l’application stricte de ce vœu, dans le contexte de notre époque et culture.

Etant donné notre époque, compte tenu de la personne que je suis, voici quelques unes des actions pratiques que je vais engager pour honorer ce vœu :

  • Je quitte le système monétaire actuel. Je ne vais plus acquérir ni vendre quoi que ce soit avec la monnaie conventionnelle.
  • Je laisse tous les biens que j’ai acquis dans le passé au moyen de ce système. Je ne garderai que ce qui m’a été offert en cadeau.
  • Je m’engage à utiliser les monnaies libres qui partout libèrent et catalysent la richesse, dans chaque communauté, pour chaque être, de manière universelle.
  • Tout ce que j’ai besoin d’échanger avec mes frères et sœurs, le sera au moyen des monnaies libres.

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La porte de tous les possibles

La porte de tous les possibles

La porte est ouverte

La voie est ouverte entre l’ancien monde: notre société de la rareté mourante et le nouveau: la société de l’abondance, la civilisation de l’information. Instant de tous les possibles: nous sommes à la croisée des chemins et ceci est la porte qui mène vers le prochain monde. Se libérer, et entrer dans l’abondance, il n’y a plus qu’un pas à faire pour embrasser complètement les richesses. Ce grand pas pour l’Homme, ce grand pas pour l’Humanité.

Ce pas, je le ferai aussi quand le temps sera venu. En inaugurant ce blog avec l’article sur les flux, j’annonçais la couleur des changements à réaliser. Peu importe les autres flux, tant que le sang de mon organisme sera la monnaie conventionnelle et rare, mon corps ne sera pas complètement libre, mes flux ne seront pas propres.

Combien de temps encore avant la déclaration du vœu de richesse?

13/10/2009 at 22:52 Comments (3)

Tout va mal & tout va bien

Nous sommes le 11 octobre 2009, tout va mal et tout va bien et il y a de l’espoir.

Tout va mal:
1) Économie: Malgré son absence dans les médias, la crise continue, empire et aucune de ses causes originelles n’ont été résolues: chômage, faillites et pression sociale vont aller en augmentant
2) Le climat: le réchauffement climatique, les émissions CO2 continuent comme le tic-tac d’une bombe bien réglée, où chaque seconde compte
3) Démocratie: la crédibilité économique et politique de ceux que l’on appelait jadis nos élites est proche de zéro, ils se sont perdus dans le brouillard qu’ils ont créé
4) Énergie: Nos sources d’énergies s’épuisent à vitesse grand V, sans alternative concrète à grande échelle
5) Internet: Le combat fait rage sur Internet pour son contrôle et son filtrage, par tous les moyens

Tout va bien
1) Si l’argent conventionnel vient à manquer, la nécessité de liens réapparaît entre les hommes, les monnaies libres nous réunissent et valorisent la création et l’échange de richesses
2) Chaque jour la relocalisation des consommations, l’augmentation de la consommation bio, le nombre de végétariens, la solution du co-voiturage se développent
3) Les hommes se réorganisent d’en bas, le local et le lien direct reprennent du sens, on reconstruit entre nous, à notre échelle ce en quoi nous croyons: on ne peut compter que sur nous: le peuple, c’est nous
4) Des alternatives existent à l’échelle locale, à l’échelle individuelle qui permettent, en forme d’auto-gestion de se débarrasser des formes fossiles
5) Des organisations, des coalitions s’unissent, se créent, se forment pour défendre les libertés des citoyens

Yin & Yang

Yin & Yang

Comme le corps se régule, plus nous allons pousser notre système mourant à l’extrême et dans l’insoutenable, plus l’autre côté de la balance va se lever afin de rétablir l’équilibre. Plus ils essaieront de mettre des barrières, d’installer des zones de prohibitions, plus nous voudrons faire péter ces verrous mentaux qui créent la rareté. Comme un drogué se pousse jusqu’à l’extrême se réveillant juste avant le précipice, ils continuent d’avancer, inconditionnellement vers le bord, persuadés que demain sera mieux.

Un changement d’une ampleur jamais vue à l’échelle de l’humanité se produit sous nos yeux. Le nez dans le guidon, il nous est difficile de prendre assez de recul pour voir que tous les fronts sont en mouvements, les forces se rencontrent cherchant l’équilibre dans ce champ de bataille confus.

Tout est flux, tout est lié.

Le papillon vient après la chenille - CC by-nc-nd by Photon Q

Le papillon vient après la chenille - CC by-nc-nd by Photon Q

Après la pluie vient le beau temps

La chenille entre dans sa phase terminale, elle panique et absorbe tout ce qu’elle peut. Pendant ce temps là, les cellules imaginales du papillon qui n’en est pas encore un, se réunissent, se regroupent et font corps.

Le 21 décembre 2012 n’est pas la fin du monde, c’est la fin du monde tel que nous l’avons connu, cette date représente certes la fin du calendrier maya, mais pour les Aztecs c’est la naissance du 5ème soleil. Ce serait comme un 31 décembre pour nous où l’on célèbre un nouveau cycle qui commence. Ce nouveau départ pourrait être la date d’accouchement de notre papillon.

Comme toujours, la réponse se trouve dans le cœur des hommes.

Et vous dans tout ça, seriez vous plutôt chenille ou papillon?

11/10/2009 at 18:27 Comment (1)

De la rareté vers l’abondance

Pour libérer notre société de ses maux, de ses problèmes multiples, une de mes recommandations est de faire péter les uns après les autres les verrous de la rareté. Qu’est ce que ça veut dire? Comment s’y prendre? Pour remplacer par quoi?

D’abord, il me semble important de définir la rareté (cf wiktionnaire) :

  1. Choses qui sont en petit nombre, en petite quantité ; il est opposé à Abondance.
    Il y eut grande rareté de vin cette année-là.
    Ces objets coûtent cher à cause de leur rareté.
    La rareté en augmente le prix.
  2. Choses qui se trouvent difficilement.
    La rareté des diamants contribue beaucoup à leur prix.
    Il y a dans sa collection des pièces d’une rareté singulière.
  3. Il se dit au figuré de Ce qui est peu fréquent, peu commun.
    C’est une rareté que de vous voir.
  4. (Par extension) (Familier)
    Vous êtes, vous devenez d’une grande rareté.
    Pour la rareté du fait, Pour la singularité de la chose.
    Je voudrais bien voir cela, pour la rareté du fait.

La rareté peut être  naturelle ou contrôlée.

- Rareté naturelle : les rubis se trouvent en quantité limitée sur terre, les trèfles à quatre feuilles sont difficiles à trouver.

- Rareté contrôlée : ressources, services ou produits peuvent être contrôlés et maintenus en quantité limitée, par exemple le nombre de Prix Nobel distribués ou les diamants.

Pour vous expliquer une rareté contrôlée, @phyrezo vous présente en deux mots le contrôle des diamants : l’approvisionnement du marché est controlé par un oligopole de la production, un quasi monopole de la part de De Bears. Ce qui fait que les diamants, en particulier les belles pièces, sont retenus pour maintenir les prix. Pour les pieces plus communes (en dessous d’un carat), c’est surtout le marketing qui fait le prix – “un diamant est eternel” “Le prix de votre amour”


Bien.

Explosion du barrage

Explosion du barrage

La rareté contre l’abondance

Faire sauter les verrous de la rareté, ça ne donne pas toutes les solutions à nos problèmes, mais ça permet de reprendre les libertés, les responsabilités et la possibilité de se réapproprier ce qui nous appartenait. Comme nous le dit Richard Stallman, le libre c’est égalité, liberté, fraternité. Mais chacun redevient libre du processus de décision, ce n’est plus une entité, organisation privée et propriétaire qui choisit pour nous.

C’est donc bien un changement de paradigme: d’un côté, en quantité limitée et contrôlée derrière une barrière propriétaire, de l’autre côté :  libre et autogéré. En libérant chaque domaine il faut donc bien s’assurer que la responsabilité et la conscience des utilisateurs soient prêtes pour ne pas répéter les modèles basés sur la rareté et surtout, pour savoir gérer l’abondance avec succès!

Se servir une part du gâteau

Se servir une part de gâteau

Gérer l’abondance, c’est comme se servir à un buffet, prendre du fromage sur un plateau gratuit mais limité en quantité : il faut savoir penser aux autres, accepter de diminuer ses droits au fur et à mesure que le nombre d’usagers augmente (si matériel). On le fait tout naturellement à l’échelle locale, via l’éducation, le bon sens, la logique et le partage. A plus grande échelle il s’agit là encore de réaliser, prendre conscience et accepter le super organisme qui nous dépasse et que nous constituons pour d’autres ressources. Il faut revenir à l’échelle de chaque flux.

Si pour un gâteau il est très simple de voir le nombre de part et le nombre de personnes autour de la table, il nous faut revenir à cette logique et apprendre à répartir les richesses de façon plus juste pour les niveaux supérieurs. Une fois encore, il faut être capable d’avoir l’oeil micro et l’oeil macro, d’avoir la barre de zoom dans la cornée et d’être capable de passer de l’unité à l’holoptisme, la vue d’ensemble.

Une super machine qui calcule tout?

Dans la vidéo de Zeitgeist, le projet Venus propose une machine qui calculerait pour chaque ressource et produit les réserves restantes et la quantité autorisée. Sans aller dans un cas aussi global, il est très jouable de définir via des systèmes de gestions locaux, les besoins, les demandes, les ressources disponibles qui peuvent être partagées ou allouées.

Règles générales et règles locales

D’un autre côté, chaque système local doit être régi à un niveau plus global vis-à-vis des problèmes généraux que nous avons. Il n’est plus possible de laisser une communauté gérer certaines ressources comme elle l’entend puisque, étant tous interconnectés, les émissions de CO2 des uns jouent sur le climat global. D’où la nécessité de règles générales, de limites à ne plus dépasser au niveau planétaire.

Parallèlement, il nous faut des systèmes avec des règles qui ne sont pas définies globalement car les enjeux, contraintes, populations, ressources et cultures sont complètement différentes à chaque endroit.

C’est ce qu’on appelle le glocal, contration de Global et Local.

Matériel et Immatériel

Abondance et rareté fonctionnent de façon inverse selon s’ils sont dans un monde matériel et immatériel.

Monde matériel: Tout est en quantités limitées. Les limites peuvent être grandes, mais dans un paradigme holoptiste, c’est limité.

Monde immatériel: Tout est multipliable à l’infini pour une abondance infinie au niveau technique.

dans le matériel quand je partage je divise, dans l’immatériel quand je partage je multiplie“.

Donc on a des problèmatiques inverses: le but est évidemment d’avoir des systèmes gérés en abondance dans les deux cas.

Alors que l’immatériel se créée et multiplie à la demande suivant l’offre de création et diffusion, le matériel a la vie dure: toutes les ressources basiques sont fournies par la Terre en quantité limitée et il est impossible, pour l’instant, de créer de la matière. Elles se transforment, changent, se mêlent et se démêlent en un gigantesque cycle. Ainsi leur allocation doit s’affiner au fur et à mesure que l’occupation du territoire et la population de la Terre augmentent afin de permettre à chacun de garder une part égale.

Le combat de la rareté contre l’abondance dans le monde  immatériel?

On a vu qu’au niveau technique, l’immatériel permet l’abondance aisément. Cela a permis très vite aux humains de se retrouver sur Internet pour partager, échanger, diffuser leurs oeuvres, leurs savoirs et connaissances. Au niveau juridique et mentalité, il y en a encore qui n’ont rien compris et veulent garder le contrôle. La quantité d’eau augmente et le barrage commence à grincer, il ne retient plus aussi bien l’eau.

Il s’agit donc de convaincre ces dynosaures d’orienter et de guider le courant de façon plus fluide, plutôt que de s’y opposer en barrage. Les convaincre pour les aider, ou les laisser y rester.

On ne peut arrêter l’eau, on ne peut arrêter l’information, on ne peut arrêter Internet.

Nous ne pourrons reculer devant ces libertés auxquelles nous avons goûté: il s’agit ici d’abolir le copyright. Respecter l’auteur oui, en le mentionnant. Je le remercie par mon attention, pas par mon argent.

Comment les artistes vivraient alors s’ils donnent gratuitement leurs chansons?

Pour Gerd Leonhard et Chris Anderson, l’abondance et le gratuit se sont déplacés, mais il continue d’y avoir des moyens de se financer à côté du gratuit. On avance doucement en libérant le contenu.

Gerd Leonhard les décompose en 3 parties : Access, Embodiment, Experience, ce qu’on peut traduire en l’accès, la forme de représentation et l’expérience.

Exemple: Pour aller sur Internet, je ne paye pas une quantité de contenu, je paye l’accès via mon FAI. Pour radiohead je ne paye pas pour le mp3, je paye pour le CD avec la pochette collector. Pour le Dalaï Lama, je ne paye pas pour ses prières ou sa parole, je paye pour le voir lors d’un événement.

Chris Anderson lui nous dit qu’il faut faire du gratuit et déplacer l’offre rare et payante vers autre chose. Si vous distribuez votre livre gratuitement, les lecteurs achèteront des produits dérivés. Vous me direz c’est l’inverse de ce que font les marques qui distribuent des produits dérivés pour sympatiser avec le client et lui faire aimer la marque et au final acheter ses produits.

L’immatériel sera abondant, le matériel restera précieux

Par leurs exemples Chris Anderson et Gerd Leonhard appliquent toujours une semi-rareté en libérant la partie immatérielle mais en transférant la valeur de rareté sur le matériel. Ainsi Radiohead distribue de façon infinie ses chansons, c’est l’abondance, mais il faut payer pour les voir en concert. Eh oui, on a beau faire son possible, l’expérience est unique, l’événement provoque la rareté. Ce n’est pas un hasard si assister à un opéra a tant de valeur.

L’idéal dans une société d’abondance est quand l’offre dépasse la demande. Ainsi les choix sont multiples et toutes les options disponibles. La vitesse à laquelle les heures de vidéos s’accumulent dans les bases de données de Youtube est à se demander si quelqu’un sera capable de regarder tout ça un jour?

Compétition ou coopération?

Pour ce qui est de maintenir la compétition, puisqu’on aime quand même se challenger et il faut toujours un mix entre compétition et coopération, c’est évidemment la coopétition. Comme les groupes de codeurs de linux s’aident et se concurrencent, l’objectif commun est le même, la victoire n’est pas matérielle mais symbolique et émotionnelle. Elle s’exprime en échelle de réputation et de remerciement pour l’apport à l’intelligence collective globale.

On est tout à fait dans la société de connaissance de Marc-André Ghyxx. Chaque être humain apportant son cerveau et ses contibutions à l’ensemble de la société. On peut imaginer une compétition rude pour les projets les plus pointus, et une coopération complète sur les partages des ressources de bases et sur les recherches pour l’Humanité. Il faut toujours jouer sur les deux tableaux et adapter en fonction du terrain et de la ressource avec laquelle on joue.

Si on résume le tout, ça pourrait donner quelque chose comme ça. Amusez-vous en famille ou avec des amis à réfléchir à une ressource ou un bien immatériel que vous pourriez libérer, et comment. Je n’ai par exemple pas fait l’Internet.. à vous! Je mettrai à jour si la récolte est abondante.

Matériel Immatériel
Eau Pétrole Information Créations Argent
Rareté Sources Propriété privée Copyrights Copyrights Création monétaire
Vente Qualité Qualité Qualité Accès, Accès, Crédit
Traitement Traitement Traitement Forme, Expérience Services
Don Contenu Contenu
Abondance Accès libre Profusion Presse libre Licence GPL & CC Monnaies libres

Oui bah alors

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11/09/2009 at 01:32 Comments (8)